La Cour d’appel de Bucarest a décidé de placer en détention provisoire l’ancien candidat à la présidence Călin Georgescu, annulant ainsi la décision rendue en première instance. Jusqu’à présent, Georgescu était placé sous contrôle judiciaire.


La même décision concerne l’homme d’affaires Ionel Rusen, considéré comme le complice présumé de Georgescu. Les juges ont ordonné son placement en détention provisoire pour une période de 30 jours.
La décision de la Cour d’appel est définitive. Elle a été rendue par une formation de trois magistrats réunie après un désaccord entre les deux juges initialement saisis du dossier.
Călin Georgescu avait été interpellé mardi soir à son domicile de Mogoșoaia. Il se trouve désormais au centre de détention de la police de Bucarest.
Ionel Rusen avait lui aussi été arrêté dans le cadre de la même enquête et placé en détention.
Le dossier était initialement examiné par Violeta-Elena Georgescu-Ashemimry, présidente de la première section pénale de la Cour d’appel de Bucarest, et Cristina Grecu. Les deux magistrates étant parvenues à des conclusions différentes, un troisième juge a été désigné pour départager les positions et permettre à la cour de statuer.
Cette procédure intervient lorsque les magistrats d’une formation ne parviennent pas à dégager une décision commune. Le troisième juge prend alors connaissance des arguments présentés par la défense et le parquet avant de participer au délibéré.
Avant son arrestation, Georgescu devait respecter plusieurs obligations dans le cadre de son contrôle judiciaire. Il lui était notamment interdit de quitter la Roumanie et de prendre contact avec d’autres personnes visées par l’enquête. Il devait également se présenter chaque semaine aux autorités policières.
L’ancien candidat est poursuivi dans cette affaire pour constitution d’un groupe criminel organisé et escroquerie ayant entraîné des conséquences particulièrement graves.
Le Tribunal de Bucarest avait pourtant refusé, la semaine dernière, la demande de détention provisoire présentée par la DIICOT. Les juges avaient alors opté pour un contrôle judiciaire de 60 jours. Le parquet avait contesté cette décision et fait immédiatement appel.
Le préjudice retenu dans le dossier est estimé à environ 1,1 million d’euros.
La défense de Călin Georgescu entend désormais contester les conséquences de la décision de la Cour d’appel. Mircea Sinescu, l’un de ses avocats, a qualifié le placement en détention provisoire d’« hallucinant » et indiqué que plusieurs démarches étaient envisagées pour obtenir sa remise en liberté.
Les avocats pourraient notamment demander que la détention soit remplacée par une mesure moins contraignante, comme l’assignation à résidence ou un nouveau contrôle judiciaire.
L’avocat a également mis en cause les éléments avancés par la DIICOT, estimant qu’ils ne suffisaient pas à justifier le placement de son client derrière les barreaux.
La décision a provoqué un rassemblement de partisans de Călin Georgescu devant le centre de détention de la police de Bucarest.
« Monsieur le Président, tenez bon », ont lancé des sympathisants rassemblés devant le centre, avant de huer lorsque Georgescu a été conduit vers le véhicule de police.
Le nombre de manifestants a ensuite dépassé la centaine. Plusieurs scandaient « Călin est innocent ! », « Nous avons voté pour lui, vous l’avez arrêté ! » ou encore « Arrêtez-nous tous ! ».
Des participants diffusaient également des images en direct sur TikTok et appelaient leurs abonnés à rejoindre la mobilisation.
Les slogans se sont progressivement durcis. « À bas la dictature ! », « La seule solution qui reste, c’est une nouvelle révolution ! » ou « Dehors les traîtres à la patrie ! » ont notamment été entendus devant le centre de détention.
Les journalistes présents sur place ont également été pris à partie, certains manifestants criant « Presse menteuse » et « Presse satanique ». Des voitures de police ont par ailleurs été huées à leur passage.
Plusieurs participants brandissaient des drapeaux roumains et récitaient le « Notre Père ».
Un enregistrement d’un discours de Călin Georgescu consacré à « l’unité » a finalement été diffusé par haut-parleur. « Le moment est venu pour nous de nous unir », pouvait-on entendre dans l’enregistrement, avant que les manifestants ne reprennent le slogan : « Călin Georgescu président. »







