C'était une première "absolue"du spectacle documentaire Les derniers jours de Ceausescu, qui s'est joué jeudi et vendredi soir, sur les planches de l'Odéon de Bucarest. Cette pièce, qui se veut une reconstitution au plus proche de la réalité du procès des Ceausescu, a eu de l'effet. Les journalistes présents parlent "d'atmosphère froide, d'une reconstitution et non d'un spectacle de théâtre". Le général Stanculescu, l'un des personnages principaux de la révolution de 1989, présent lors du vrai procès de l'ancien dictateur et de sa femme, a été invité jeudi soir lors de la première représentation. Condamné en octobre 2008 à 15 ans de prison pour son rôle dans les répressions sanglantes de la révolution de Timisoara, il purge actuellement sa peine dans le pénitencier de Jilava. En milieu de spectacle, il a quitté la salle quelques minutes. Lors de la table ronde organisée à la fin de la représentation, il a expliqué son geste en disant que c'était pour "s'en remettre"... "Nicolae et Elena Ceausescu ont été des personnages tragiques, parce qu'ils sont allés à leur exécution avec dignité, mais ils n'ont pas compris le moment historique", a-t-il expliqué devant les journalistes présents. "Je me demande encore aujourd'hui si j'ai été condamné pour Timisoara ou pour ce procès", a-t-il ajouté.
Après Bucarest, les scènes de l'Ouest
Troublé par le réalisme du spectacle, le général Stanculescu a livré ses états d'âmes d'il y a vingt ans. "On me prenait pour un traître. J'ai senti que j'étais entre deux pelotons d'exécution : celui de la force du pouvoir et celui de la révolution", a-t-il soutenu. "J'étais partagé en deux et il a fallu que je prenne une décision." Deux décennies après la révolution roumaine et l'exécution des époux Ceausescu, c'est l'Institut international pour les crimes politiques (IIPM), dont le siège se trouve à Berlin et à Zurich, qui a eu l'initiative de ce spectacle. Le scénario et les décors sont basés sur des documents audio et vidéo authentiques et une documentation minutieuse de la part des auteurs. Aucun financement n'a été accordé par une institution roumaine, publique ou privée, selon Jens Dietrich, le producteur, cité par Hotnews.ro. Seuls les acteurs sont Roumains. Deux représentations ont été présentées à Bucarest, jeudi et vendredi dernier. Le spectacle se produira entre le 15 et le 22 décembre à Berlin, avant d'être joué en Suisse, à Zurich en janvier prochain, puis en Pologne et en France. Jonas Mercier (www.lepetitjournal.com / Bucarest) lundi 14 décembre 2009{mxc}







