

A seulement 23 ans, Bradley Manning est devenu la bête noire de la diplomatie américaine. Ce soldat de l'US Army est suspecté d'avoir transmis à WikiLeaks les 250.000 documents confidentiels révélés dimanche. Arrêté en mai dernier, il encourt 52 ans de prison
Bradley Manning sur son profil Facebook (AFP)
Natif de l'Oklahoma, Bradley Manning a passé son enfance à subir les railleries de ses camarades, en raison de son côté intello et de son homosexualité. Il rejoint les rangs de l'armée en 2007, et est affecté dans une unité de renseignement de l'armée américaine, basée en Irak. Il a donc accès aux réseaux informatiques sécurisés, sur lesquels militaires et diplomates échangent des informations.
En Irak aussi, Bradley connaît des difficultés d'intégration. Il se tourne donc vers Internet, ses réseaux sociaux et ses forums. C'est ainsi qu'il échange avec Adrian Lamo, un ancien hacker, célèbre pour avoir réussi à pirater réseaux de Microsoft et de Yahoo!.
Sur un air de Lady Gaga
La teneur de leurs conversations sur internet a été révélée par le magazine Wired. Manning affirme avoir "transféré des données de réseaux classifiés" à "un Australien aux cheveux blancs", qui n'est autre que Julian Assange, le cofondateur de Wikileaks. Il avoue aussi lui avoir envoyé la vidéo accablante qui montre un hélicoptère américain ouvrant le feu sur des civils et des journalistes à Bagdad. Apparemment, le jeune homme peut copier ces données avec une facilité déconcertante : "J'entrais dans la salle informatique avec un CD-RW à la main (...) puis j'effaçais la musique et je créais un dossier compressé. J'écoutais Lady Gaga et je chantonnais sur la musique, tout en exfiltrant ce qui peut être la plus grande fuite de l'histoire des Etats-Unis".
"Hillary Clinton et des dizaines de milliers de diplomates dans le monde vont avoir une crise cardiaque un matin quand ils se réveilleront"
Idéaliste, Bradley Manning a expliqué ses motivations dans sa correspondance : "J'ai vu des arrangements politiques quasiment criminels (?) Des choses incroyables, horribles, qui doivent tomber dans le domaine public, et ne pas rester dans un serveur rangé dans une cave à Washington (...) Hillary Clinton, et des milliers de diplomates dans le monde, vont avoir une crise cardiaque quand ils se réveilleront un matin et découvriront qu'un répertoire complet de documents confidentiels sur la politique étrangère est accessible au grand public, avec un moteur de recherche".
De crainte d'être accusé de complicité, son confident Adian Lamo l'a dénoncé aux autorités. Manning a été arrêté le 26 mai dernier. Inculpé pour avoir "communiqué, transmis et livré à une source non-autorisée des informations sur la défense nationale", il risque jusqu'à 52 ans de prison. Il est en train de devenir une icône pour les mouvements pacifistes. Des comités de soutien se multiplient sur la toile, et beaucoup de spécialistes sont persuadés qu'il n'a pu agir seul.
MPP (www.lepetitjournal.com) mardi 30 novembre 2010
En savoir plus :
Notre article, Wikileaks, dans les petits papiers des diplomates
La Dépêche.fr : Bradley Manning, soldat en rupture de ban et taupe supposée de Wikileaks




































