Mercredi 1 décembre 2021
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La pollution atmosphérique de plus en plus élevée à Mumbai

Par lepetitjournal.com Bombay | Publié le 25/02/2020 à 01:05 | Mis à jour le 25/02/2020 à 01:05
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Alors que la qualité de l’air se dégrade d'année en année à Mumbai, la municipalité et les habitants de la ville ne semblent pas s’en inquiéter. L'idée que la brise marine nettoie l'atmosphère reste encore bien ancrée dans les esprits. Or, ce n’est plus le cas.

 

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Mesure de la qualité de l’air le 24 février à l'aéroport de Mumbai

 

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Mesure de la qualité de l’air le 24 février dans le quartier résidentiel de Bandra

 

Selon une étude publiée en décembre 2019 par le centre pour la science et l’environnement (Centre for Science and Environment - CSE), Mumbai a la plus forte concentration en particules fines PM10 parmi 24 villes indiennes analysées. Samedi 22 février 2020, l’organisme de surveillance SAFAR (System of Air Quality and Weather Forecasting And Research) a enregistré une concentration en PM10 de 143 microgrammes par mètre cubique alors que le seuil est de 80 dans les conditions climatiques de Mumbai. Une autre étude a révélé que la concentration en PM10 a augmenté de 80% entre 2007 et 2018, faisant de Mumbai la mégapole côtière la plus polluée par rapport à Calcutta et Chennai.


 

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L'installation “Le panneau qui respire”

 

En janvier 2020, deux ONG, Jhatkaa.org et Waatavaran, oeuvrant pour la mise en place de mesures pour limiter la pollution atmosphérique ont mis en place à Bandra une installation intitulée “Le panneau qui respire” (The Billboard that breathes) afin de montrer aux résidants du quartier l’impact d’une mauvaise qualité de l’air sur la santé. Installé du 14 au 31 janvier devant le RD National College sur Linking road, le panneau comprenait une représentation de poumons humains créés avec des filtres Hepa et un ventilateur.  L’objectif était de visualiser les dégâts causés en respirant l’air de la ville. En deux semaines, les faux poumons, initialement blancs, sont devenus noirs.

 

L’installation est actuellement en place à Nagpur dans le Maharashtra.

 

Roshni Udyavar Yehuda, présidente de l’institut pour l’architecture et la recherche environnementale (Institute of Environmental Architecture and Research) a indiqué au Mumbai Mirror que son organisation avait identifié les chantiers et la circulation automobile comme deux des facteurs importants de détérioration de la qualité de l’air. Elle affirme que la ville a un besoin urgent d’un système de transport public efficace et d’un ralentissement des chantiers. “Actuellement, la plupart des rues de Mumbai sont en travaux. Cela génère non seulement de la poussière, mais aussi des embouteillages qui contribuent à l’augmentation des émissions de particules dans l'atmosphère.” dit-elle.

Selon la municipalité, 150 rues de la ville sont actuellement creusées pour installer de nouveaux systèmes d'écoulement des eaux de pluie et des égouts ou pour mettre en place des trottoirs. Sans compter les six nouvelles lignes de métro qui couvrent 139 km et environ 1000 immeubles de bureaux et résidentiels. De plus, le chantier de la nouvelle route côtière à l’ouest a démarré début janvier et les camions déversent 24h/24 des pierres dans la mer pour remblayer.

 

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Le chantier de la ligne 3 du métro entièrement souterraine

 

Le brûlage à l’air libre, en particulier des déchets, largement pratiqué dans toute la ville est un autre facteur de pollution de l’air. Le centre pour la science et l’environnement (Centre for Science and Environment - CSE) estime que cela constitue 30% des émissions de PM10. Les recycleurs des quartiers de Dharavi, Mahim ou Kurla brûlent régulièrement les déchets pour en extraire les métaux, produisant ainsi des vapeurs toxiques dans l’air.


Alors que la ville dispose d’une réserve budgétaire pour l’entretien des jardins, rien n’est apparemment prévu pour la mise en place de mesures pour améliorer la qualité de l’air, ni pour limiter la poussière créée par les chantiers, ni pour contrôler les émissions des véhicules anciens et des deux-roues nombreux dans les rues. De plus, plusieurs organismes à différents niveaux de gouvernance enregistrent les données concernant la pollution atmosphérique et sont en charge de la gestion de la qualité de l’air dont notamment le Maharashtra Pollution Control Board (MPCB) et le Central Pollution Control Board (CPCB). Récemment, le MPCB a dû revoir ses propositions de réduction de la pollution atmosphérique suite au rejet par le CPCB. Finalement, après inclusion de mesures plus efficaces comme la création de zones vertes autour des quartiers industriels et commerciaux, le plan a été accepté.

 

Les experts affirment que les objectifs de réduction de la pollution atmosphériques fixés dans le programme national d’air propre (National Clean Air Program - NCAP) ne sont pas suffisants. Le NCAP a prévu une réduction des particules PM10 entre 20 et 30% d’ici 2024. Mais, pour atteindre un niveau acceptable de qualité de l’air pour la santé des ses habitants, Mumbai devrait réduire ses émissions de 60%.





 


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