Trois romans bengalis sur les femmes

Par Catherine Simonnet | Publié le 21/10/2021 à 01:01 | Mis à jour le 21/10/2021 à 11:41
3 romans bengalis sur les femmes

La littérature bengalie est très riche de romans dont les femmes sont les personnages centraux.

Nous vous proposons trois livres dont les auteurs font référence en Inde : Le rêve de Sultana écrit par une musulmane féministe au début du XX° siècle, Indiennes de la plus grande écrivaine bengalie contemporaine et La tante qui ne voulait pas mourir par l’écrivain actuel le plus populaire dont c’est le premier roman traduit en français.

 

 

Le rêve de Sultana couverture

 

LE RÊVE DE SULTANA 

Begum Rokheya Sakhawat HOSSAIN

Sultanar Sapna 1922

Caractères 2020

 

Rokeya Sakahawat HOSSAIN (1880-1932) était une écrivaine bengalie, considérée comme une pionnière dans l’émancipation des femmes indiennes, musulmanes en particulier, sous l’ère des Indes britanniques. Elle écrivit de nombreux romans et essais dont Le rêve de Sultana, le seul traduit en français, est une référence de la littérature bengalie. 

Ce livre d’une quarantaine de pages très bien traduit, est un roman utopiste féministe vraiment réussi. Les rôles sont inversés, les hommes restant à l’intérieur des maisons (le purdah étant alors la règle) alors que les femmes vivent dans la sphère publique. Et bien sûr, les femmes sont mises en valeur dans tous les domaines, notamment scientifique. A ne pas manquer.


 

couverture de l'album Sultana's dream illustré par Durgabai

 

SULTANA’S DREAM

Illustré par Durga Baï 

TaraBooks 2005

Pour les anglophones, ce livre est la version écrite en 1905 qui, un siècle après sa première parution, a été illustrée par l’artiste Gond contemporaine Durga BaÏ et publiée par la maison d'édition Tara Books .

 


 

Couverture de Indiennes de Mahasweta Devi

 

INDIENNES 

Mahasweta DEVI

Nouvelles traduites du bengali 

Actes Sud 2004 Babel 2012

 

Mahasweta DEVI (1926-2016) est une des grandes auteures bengalies contemporaines, multi-primée au Bengale et en Inde. Elle s’est intéressée à la condition des femmes et tout particulièrement des femmes dalits et celles des communautés tribales du Bengale. 

 

Ces six nouvelles sont extraites de différents recueils parus en bengali en 1978-79. Chaque nouvelle est située dans un village, avec pour personnage principal une femme qui fait face à son destin :

  • Sanichari doit trouver de nouveaux moyens pour survivre,
  • Dhauli espère que son amoureux de caste supérieure va subvenir aux besoins de leur enfant,
  • Mary de souche tribale Oaron par sa mère veut une autre destinée,
  • Draupadi est traquée par la police pour ses actions politiques,
  • Yashoda devient mère de vingt enfants,
  • Brajadulali vit une histoire d’amour tragique.

Ce livre est un hommage magnifique aux femmes indiennes.

 

 

 

couverture de la tante qui ne voulait pas mourir

 

LA TANTE QUI NE VOULAIT PAS MOURIR

Shirshendu MUKHOPADHAY

Goynar Baksho (Le coffret à bijoux) Calcutta 1993

My Aunt Who Would’t Die India 2017

Traduction française Calman Levy 2021

 

Shirshendu Mukhopadhay (1935-) est un auteur bengali prolifique d'œuvres pour adultes et pour enfants. Très populaire au Bengale indien et au Bangladesh, beaucoup de ses romans ont été portés à l’écran, dont Goynar Baksho en 2013 par la réalisatrice Aparna Sen.

 

L’histoire met en scène trois générations de femmes bengalies dans une famille de zamindar, propriétaires terriens désormais sur le déclin. Dans cette famille élargie (joint family) hindoue traditionnelle, la belle et jeune mariée Somlata va vouer à son mari un peu plus âgé, un total respect. Pishima, la tante paternelle, appartient à une époque révolue de veuve-enfant menant une vie de recluse et Boshon est de la plus jeune génération et la plus indépendante.

Ce roman au ton vif et souvent drôle, brosse des portraits de femmes fortes qui évoluent au rythme de la société indienne. 


 

  Bonne lecture !

 

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