Vendredi 22 octobre 2021
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L’Inde, contributrice majeure oubliée de la deuxième guerre mondiale

Par Isabelle Bonsignour | Publié le 02/09/2021 à 01:01 | Mis à jour le 14/09/2021 à 12:14
Inde seconde guerre mondiale

La capitulation du Japon le 2 septembre 1945 marque la fin de la deuxième guerre mondiale. À l'époque, l’Inde était encore une colonie et un nombre conséquent de soldats indiens a été enrôlé dans l'armée britannique pour prendre part aux diverses campagnes en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient. Plusieurs faits importants rappellent que le sous-continent a aussi subi l’effort de guerre sur son territoire : la campagne militaire des Britanniques au départ de l’Assam pour stopper l'avancée des Japonais en Asie, la grande famine au Bengale de 1943 et l’explosion d’un navire marchand transportant des armes dans le port de Bombay en 1944.

(For English, scroll down)

 

L'armée indienne britannique

En 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, l'armée indienne britannique comptait un peu moins de 200 000 hommes. À la fin de la guerre, elle était devenue la plus grande armée de volontaires de l'histoire, passant à plus de 2,5 millions d'hommes en août 1945 ! Servant dans des divisions d'infanterie, de blindés et une force aéroportée naissante, ils ont combattu sur trois continents en Afrique, en Europe et en Asie. 

L'armée indienne britannique a affronté l'armée italienne en Éthiopie, les armées italienne et allemande en Égypte, en Libye, en Tunisie et en Algérie et, après la reddition italienne, l'armée allemande en Italie. 

En France, quatre compagnies muletières du Indian Army Service Corps rejoignirent le Corps expéditionnaire britannique (BEF). Ils ont été évacués de Dunkerque avec le reste du BEF en mai 1940 et étaient toujours stationnés en Angleterre en juillet 1942.
 

Des militaires indiens pendant la seconde guerre mondiale
Muletiers indiens et un mulet avec des masques à gaz en France - Wikipedia

 

Cependant, la majeure partie de l'armée indienne britannique fut engagée contre l'armée japonaise en Asie du sud-est. 

 

Ces campagnes ont coûté la vie à plus de 87 000 militaires indiens, tandis que 34 354 autres ont été blessés et 67 340 ont été faits prisonniers de guerre. Le maréchal Claude Auchinleck, Commandant en chef de l'armée indienne britannique à partir de 1942, a affirmé que les Britanniques "n'auraient pas pu traverser les deux guerres mondiales s'ils n'avaient pas eu l'armée indienne britannique."

 

Le Premier ministre britannique, Winston Churchill, a également rendu hommage à “la bravoure inégalée des soldats et officiers indiens”.

 

La seconde guerre mondiale a Singapour

 

Cependant, même si l’essentiel des recrues indiennes a afflué vers l’armée coloniale britannique, des dizaines de milliers d'autres se sont enrôlés dans une légion nationaliste indienne soutenue par les Japonais, dans l'espoir d'expulser les Britanniques d'Inde et d'obtenir ainsi leur indépendance.

 

La guerre entre la Grande-Bretagne et le Japon en Asie 

Cette partie de la guerre forme un chapitre brutal mais relativement obscur dans les chroniques de la Seconde Guerre mondiale.

 

La seconde guerre mondiale en Birmanie

 

Entre 1942 et 1945, plus d'1,5 million d'hommes se sont affrontés dans les jungles infestées par les sangsues, les rivières sauvages et les montagnes arrosées par la mousson du nord-est de l'Inde et du Myanmar actuel. En Inde, près de 75 000 soldats et un nombre incalculable de civils ont perdu la vie durant cette période. Outre les forces britanniques et japonaises, des troupes de soutien en provenance des Etats-Unis, du Canada, de la Thaïlande, de la Birmanie, de la Chine, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et de plusieurs pays africains ont été impliquées.


La route Stilwell pour approvisionner la Chine depuis l’Inde

L’Etat de l’Assam a servi de base aérienne pour l’approvisionnement par les Américains des troupes nationalistes de Chiang Kai Shek dans le Yunnan en Chine. L’objectif était de contrer l'avancée des Japonais en Asie du sud-est. 

 

La route Stilwell entre l'Inde et la Birmanie
Wikipedia - Jfm5440

 

Afin de pouvoir accéder à la Chine par la terre, les Américains décidèrent de construire une route au départ de Ledo, une ville de l’Assam vers la Birmanie puis le Yunnan. Cette route, terminée en 1944 était considérée comme une bouée de sauvetage pour la Chine. Nommée route Stilwell du nom du Général américain qui a supervisé sa construction, elle a été réalisée par 15 000 soldats américains (dont 60% étaient des Afro-Américains) et 35 000 ouvriers chinois et travailleurs indiens. Longue de 1 726 km, son coût fut malheureusement très élevé en vies humaines ce qui lui a valu le surnom : “un homme, un mile”.

 

Camions sur la route stillwell

 

La route n’a finalement jamais été utilisée à pleine capacité et elle est aujourd’hui à l’abandon. Les tentatives de transformation en voie commerciale terrestre entre l'Inde et la Chine se sont toutes heurtées à la peur des gouvernements indiens d'être envahi par les biens chinois.

 

Le siège d’Imphal

Dans l'Etat du Manipur, en première ligne durant la guerre et dans lequel les armées opposées se sont affrontées au corps à corps dans des tranchées boueuses, sur des sentiers de jungle et même à travers le court de tennis bien entretenu d'un fonctionnaire colonial, il reste peu de preuves visibles de la campagne de Birmanie.

 

 

Un musée de la paix financé par le Japon commémore le siège d'Imphal, la capitale du Manipur, où 50 000 soldats japonais sont morts. Quelques passerelles rouillées datant de l’époque britannique s’affaissent encore sur les ruisseaux et les rivières de montagnes de la région. Et dans les villages, seuls les habitants les plus âgés peuvent évoquer des souvenirs vacillants d'une vaste guerre qui a frappé à la fois les combattants et les civils.

 

Bose, l'indépendantiste indien qui s'est allié aux Japonais

Subhas Chandra Bose, contemporain de Gandhi et Nehru dans la lutte pour l'indépendance de l'Inde, fut longtemps passé sous silence du fait de son alliance avec les Allemands et les Japonais durant la seconde guerre mondiale

En 1941, Subash Chandra Bose s'évade d'une prison britannique en Inde où il était détenu pour désobéissance civile et parvient à rejoindre l'Allemagne via la Russie. Il y rencontre Hitler, mais ne réussit pas à le convaincre de l’aider à expulser les Anglais de l’Inde. Finalement, il s’allie avec les Japonais et recrute pour son armée de libération de l'Inde les soldats indiens de l'armée britannique fait prisonniers par les Japonais. Après la prise de Singapour par les Japonais, il fonde Azad Hind Fauj (l'armée nationale indienne) et un gouvernement indien en exil. En 1944, des troupes de cette armée combattent en France aux côtés des Allemands.

 

netaji bose independance inde
Les soldats de l'armée nationale indienne après leur capitulation

 

Mais, ses ambitions d’entrer en Inde par le nord-est sont stoppées par la défaite de l'armée japonaise et de son armée lors de la bataille d’Imphal dans le Manipur. 

 

 

Outre l’engagement militaire de l’Inde dans la seconde guerre mondiale, trois événements générés par les affrontements en Europe et en Asie ont marqué l’Inde sur son territoire :

  • l'occupation de l'archipel des iles Andaman et Nicobar par les Japonais entre 1942 et 1945
  • la famine au Bengale en 1943, et 
  • l’explosion d’un navire dans le port de Bombay en 1944.

 

L'occupation des iles Andaman et Nicobar par l'armée japonaise

L'armée japonaise a débarqué à Port Blair, sur l'ile principale de l'archipel en mars 1942. Les iles n'étaient protégées que par une garnison de 300 Sikhs et ont été occupées jusqu'en 1945.

 

Débarquement des japonais sur les iles Andaman
Les Japonais débarquant sur les îles Andaman en 1942

 

Les Japonais ont maltraité la population des îles, terrorisant les habitants, usant de la torture. Plusieurs massacres ont eut lieu vers la fin de l'occupation, en juillet et août 1945, en particulier sur l'île d'Havelock, ironiquement devenue depuis quelques années un paradis touristique. Selon N Iqbal Singh, auteur de The Andaman Story (1978), la population des Andamans est passée de 34 000 à 18 000 personnes durant les trois ans et demi de l'occupation japonaise. 

 

La grande famine au Bengale en 1943

On estime que 2,1 à 3 millions de personnes, sur une population de 60,3 millions, sont mortes de faim, de paludisme et d'autres maladies aggravées par la malnutrition, les déplacements de population, les conditions insalubres et le manque de soins de santé lors de l'année 1943 dans le Bengale britannique de l'époque (qui comprenait l’Etat indien du Bengale occidental et le Bangladesh). 

Selon une étude récente, la famine de 1943 au Bengale n’a pas été la conséquence d'une grave sécheresse. “C'était une famine unique, causée par un échec politique plutôt que par un échec de la mousson”, a déclaré Vimal Mishra, le chercheur principal et professeur associé à l'Institut indien de technologie de Gandhinagar. 
 

Caricature de la grande famine au Bengale en 1943
Image d'une victime de la famine au Bengale par l’artiste Chittaprosad Bhattacharya. 


Dans un de ses ouvrages de référence, Amartya Sen, Prix Nobel d'économie pour ses travaux sur la famine, soutient qu'il n'y avait pas eu de pénurie globale de riz au Bengale en 1943 : les stocks disponibles étaient même légèrement supérieurs à ceux de 1941, année pendant laquelle aucune famine ne s'est déclarée.

Selon Sen, les rumeurs de pénurie ont causé une thésaurisation et une rapide montée des prix favorisée par la situation de guerre qui faisaient des denrées alimentaires, et du riz en particulier, un excellent investissement (les prix avaient déjà doublé durant l'année précédente). Bien que le Bengale eût assez de riz et d’autres céréales pour pourvoir aux besoins de sa population, des millions de personnes sont en l'espace de quelques années devenues trop pauvres pour pouvoir se procurer les denrées alimentaires vitales.

Cette thèse de Sen a été critiquée par l'auteure bengali Madhushree Mukerjee. Selon elle, la famine du Bengale a été provoquée principalement par les réquisitions de l'armée britannique et a fait plus de 4 millions de victimes. Elle développe ses idées dans un ouvrage intitulé le Crime du Bengale (version originale : Churchill's Secret War paru en 2015). 

Joy Banerjee, journaliste reporter d'images pour France Télévisions, a réalisé un documentaire construit autour de l’interview de Madhusree Mukerjee auquel s'ajoute les témoignages de Bengalis qui avaient vécu à cette époque. Le film, “Les Ombres du Bengale” est disponible en ligne en trois versions, français, anglais et bengali. 



L’explosion du navire SS Fort Stikine dans le port de Bombay en 1944

Le 12 avril 1944, un navire marchand britannique amarré dans le port de Bombay explosa lors de son déchargement. La déflagration fut ressentie dans toute la ville et laissa plus de 88 000 personnes sans abri. 800 personnes perdirent la vie et les dégâts matériels furent considérables. Treize autres navires amarrés dans le port furent aussi détruits.

 

Explosion du navire fort stikine dans le port de Bombay

 

Le Fort Stikine était arrivé en provenance de Karachi deux jours plus tôt. Sa cargaison était une combinaison mortelle de munitions de guerre et de marchandises : 1 395 tonnes d'explosifs, de torpilles, de mines et d'obus partageaient la cale avec des balles de coton, des barils de pétrole et de bois. Le Stikine transportait également 890 000 livres d'or en lingots dans 31 caisses.

La tragédie restera dans la mémoire des habitants pendant des décennies, et le 14 avril est toujours considéré comme le jour des pompiers dans la ville. De temps en temps, on retrouve encore des lingots d'or lors des opérations de dragage dans le port de Mumbai.

 



Une certaine indifférence de l’Inde face à son implication dans la seconde guerre mondiale et au prix payé

Les historiens militaires notent que le succès de la campagne de Birmanie reste éclipsé par les événements du jour J en France qui furent concomitants. De plus, la victoire des alliés sur le Japon reste entachée par la perception qu’elle a soutenu le colonialisme : un empire européen a pu récupérer ses colonies asiatiques.

 

Ces émotions mitigées perdurent aujourd'hui chez les Indiens.

"Il n'y a peut-être aucun autre pays au monde qui soit aussi ambivalent, au mieux, et indifférent, au pire, à son propre rôle dans la Seconde Guerre mondiale", écrit Hemant Singh Katoch, auteur de The Battlefields of Imphal, à propos du peu d’importance que l'Inde accorde à son histoire de guerre. “C'est remarquable, surtout si l'on considère le nombre très élevé de soldats impliqués”.

 

 


English

The surrender of Japan on 2 September 1945 marked the end of the Second World War. At the time, India was still a colony and a significant number of Indian soldiers were conscripted into the British army to take part in the various campaigns in Europe, Africa and the Middle East. There are several important reminders that the subcontinent was also affected by the war effort on its territory: the British military campaign from Assam to stop the Japanese advance into Asia, the great Bengal famine of 1943 and the explosion of a merchant ship carrying arms in the port of Bombay in 1944.

 

The British Indian Army

In 1939, at the outbreak of the Second World War, the British Indian Army counted just under 200,000 men. By the end of the war, it had grown to be the largest volunteer army in history, increasing to over 2.5 million men by August 1945! Serving in infantry, armoured divisions and a fledgling airborne force, they fought on three continents in Africa, Europe and Asia. 

The British Indian Army fought the Italian army in Ethiopia, the Italian and German armies in Egypt, Libya, Tunisia and Algeria and, after the Italian surrender, the German army in Italy. 

In France, four mule companies of the Indian Army Service Corps joined the British Expeditionary Force (BEF). They were evacuated from Dunkirk with the rest of the BEF in May 1940 and were still stationed in England in July 1942.

 

Des militaires indiens pendant la seconde guerre mondiale
Indian mule company in France - Wikipedia

 

However, most of the British Indian Army was engaged against the Japanese Army in South East Asia. 

These campaigns cost the lives of over 87,000 Indian servicemen, while a further 34,354 were wounded and 67,340 were taken as prisoners of war. Field Marshal Claude Auchinleck, Commander-in-Chief of the British Indian Army from 1942 onwards, claimed that the British "could not have got through the two world wars if they had not had the British Indian Army."

 

 British Prime Minister Winston Churchill also paid tribute to the "unsurpassed bravery of the Indian soldiers and officers".

However, although the bulk of Indian recruits flocked to the British colonial army, tens of thousands more enlisted in a Japanese-backed Indian nationalist legion, hoping to expel the British from India and thereby gain independence.

 

Indian British army in Singapore
Indian British army in Singapore

 

 

The British-Japanese War in Asia 

This part of the war forms a brutal but relatively obscure chapter in the chronicles of the Second World War.

 

La seconde guerre mondiale en Birmanie

 

Between 1942 and 1945, more than 1.5 million men fought in the leech-infested jungles, wild rivers and monsoon-watered mountains of northeast India and present-day Myanmar. In India, nearly 75,000 soldiers and countless civilians lost their lives during this period. In addition to British and Japanese forces, support troops from the US, Canada, Thailand, Burma, China, Australia, New Zealand and several African countries were involved.

 

The Stilwell Road to supply China from India

The state of Assam was used as an air base for American supplies to Chiang Kai Shek's Nationalist troops in Yunnan, China. The aim was to counter the Japanese advance in South East Asia.

 

La route Stilwell entre l'Inde et la Birmanie
Wikipedia - Jfm5440

 

In order to gain access to China by land, the Americans decided to build a road from Ledo, a town in Assam, to Burma and then to Yunnan. This road, completed in 1944, was seen as a lifeline for China. Named the Stilwell Road after the American general who oversaw its construction, it was built by 15,000 American soldiers (60% of whom were African Americans) and 35,000 Chinese and Indian labourers. At 1,726 km long, the cost in human lives was unfortunately very high, earning it the nickname "one man, one mile".

 

Camions sur la route stillwell

 

The road was never fully used and is now abandoned. Attempts to transform it into an overland trade route between India and China have all been met with fears by Indian governments of being invaded by Chinese goods.

 

The siege of Imphal

In the state of Manipur, on the front line during the war and in which opposing armies fought hand-to-hand in muddy trenches, on jungle paths and even across the well-tended tennis court of a colonial official, little visible evidence of the Burma campaign remains.

 

 

A Japanese-funded peace museum commemorates the siege of Imphal, the capital of Manipur, where 50,000 Japanese soldiers died. A few rusty footbridges from the British era still sag over the mountain streams and rivers of the region. And in the villages, only the oldest residents can conjure up flickering memories of a vast war that struck both combatants and civilians.

 

Bose, the Indian independence fighter who allied with the Japanese

Subhas Chandra Bose, a contemporary of Gandhi and Nehru in the struggle for Indian independence, was long overlooked because of his alliance with the Germans and Japanese during World War II. 

In 1941, Subash Chandra Bose escaped from a British prison in India where he was detained for civil disobedience and managed to reach Germany via Russia. There he met Hitler, but was unable to convince him to help him expel the British from India. He allied himself with the Japanese and recruited for his army of liberation of India the Indian soldiers of the British army made prisoners by the Japanese. After the capture of Singapore by the Japanese, he founded Azad Hind Fauj (the Indian National Army) and an Indian government in exile.
 

netaji bose independance inde
The men of the Indian National Army after the defeat at Imphal

 

But his ambitions to enter India from the northeast were halted by the defeat of the Japanese army and his army at the battle of Imphal in Manipur.

 

 

 Apart from India's military involvement in the Second World War, three events generated by the confrontations in Europe and Asia left their mark on India at home:

  • the occupation of the Andaman and Nicobar Islands by the Japanese between 1942 and 1945
  • the famine in Bengal in 1943, and 
  • the explosion of a ship in the port of Bombay in 1944.

 

The occupation of the Andaman and Nicobar Islands by the Japanese army

The Japanese army landed at Port Blair, on the main island of the archipelago in March 1942. The islands were protected only by a garrison of 300 Sikhs and were occupied until 1945.

 

Débarquement des japonais sur les iles Andaman
Japanese soldiers landing on Andaman islands in 1942

 

The Japanese mistreated the population of the islands, terrorising the inhabitants, using torture. Several massacres took place towards the end of the occupation, in July and August 1945, particularly on Havelock Island, which ironically has become a tourist paradise in recent years. According to N Iqbal Singh, author of The Andaman Story (1978), the population of the Andamans fell from 34,000 to 18,000 during the three and a half years of Japanese occupation. 

 

The Great Famine in Bengal in 1943

An estimated 2.1 to 3 million people, out of a population of 60.3 million, died of starvation, malaria and other diseases aggravated by malnutrition, displacement, unsanitary conditions and lack of health care during 1943 in the then British Bengal (which included the Indian state of West Bengal and Bangladesh). 

According to a recent study, the 1943 famine in Bengal was not the result of a severe drought. "It was a unique famine, caused by a policy failure rather than a monsoon failure," said Vimal Mishra, the lead researcher and associate professor at the Indian Institute of Technology in Gandhinagar.

 

Caricature de la grande famine au Bengale en 1943
A victim of the great famine in Bengal by the artist Chittaprosad Bhattacharya. 

 

In one of his seminal works, Amartya Sen, winner of the Nobel Prize in Economics for his work on famine, argues that there was no overall shortage of rice in Bengal in 1943: available stocks were even slightly higher than in 1941, a year during which there was no famine.

According to Sen, rumours of shortages caused hoarding and a rapid rise in prices, which were helped by the wartime situation that made food, and rice in particular, an excellent investment (prices had already doubled in the previous year). Although Bengal had enough rice and other cereals to meet the needs of its population, within a few years millions of people became too poor to afford vital foodstuffs.

Sen's thesis has been criticised by Bengali author Madhushree Mukerjee. She argues that the Bengal famine was caused mainly by British army requisitions and killed more than 4 million people. She develops her ideas in a book entitled The Crime of Bengal (original version: Churchill's Secret War published in 2015). 

Joy Banerjee, an image reporter for France Télévisions, has made a documentary based on an interview with Madhusree Mukerjee, to which are added the testimonies of Bengalis who lived at that time. The film, "The Shadows of Bengal" is available online in three versions, French, English and Bengali.

 

The explosion of the SS Fort Stikine in Bombay harbour in 1944

On 12 April 1944, a British merchant ship docked in the port of Bombay exploded while unloading. The blast was felt throughout the city and left more than 88,000 people homeless. 800 people lost their lives and there was considerable material damage. Thirteen other ships moored in the port were also destroyed.

 

Explosion du navire fort stikine dans le port de Bombay

 

The Fort Stikine had arrived from Karachi two days earlier. Her cargo was a deadly combination of war munitions and goods: 1,395 tons of explosives, torpedoes, mines and shells shared the hold with bales of cotton, barrels of oil and wood. The Stikine was also carrying 890,000 pounds of gold bullion in 31 cases.

The tragedy was remembered for decades, and 14 April is still considered Fireman's Day in the city. From time to time, gold bars are still found during dredging operations in the Mumbai harbour.

 

 

 

India's indifference to its involvement in the Second World War and the price paid

Military historians note that the success of the Burma campaign remains overshadowed by the concurrent events of D-Day in France. Moreover, the Allied victory over Japan remains tainted by the perception that it supported colonialism: a European empire was able to reclaim its Asian colonies. These mixed emotions persist among Indians today.

 

"There is perhaps no other country in the world that is so ambivalent, at best, and indifferent, at worst, to its own role in the Second World War," writes Hemant Singh Katoch, author of The Battlefields of Imphal, of India's lack of emphasis on its wartime history.

 

 This indifference is remarkable, especially considering the very large number of soldiers involved.

 

isabelle bonsignour

Isabelle Bonsignour

Directrice de la publication et responsable éditoriale. Expatriée au long cours et fervente lectrice du site lepetitjournal.com, elle a rejoint l’équipe en créant l’édition de Bombay.
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