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Confinement : Un banquier et une contrôleuse financière racontent

Par lepetitjournal.com Bombay | Publié le 16/06/2020 à 01:05 | Mis à jour le 17/06/2020 à 20:45
Photo : Church street à Bangalore déserte - @calvinstan_
confinement francais Inde

En vue de partager avec la communauté sur les impacts du confinement en Inde, la rédaction vous propose des témoignages de personnes aux profils divers. 

Cette semaine, nous donnons la parole à Kedar et Flora. Kedar, un banquier indien travaillant dans une grande banque internationale à Mumbai, nous raconte son confinement avec sa femme et leurs deux fils. Alors qu’ils s’adonnent à la musique et ils en profitent pour intensifier leur pratique, il nous explique ce qui lui manque, ce qui change dans sa vie professionnelle et familiale et d’où il tire son optimisme. (English text below). Flora, jeune Française, contrôleuse financière pour une entreprise du secteur des technologies de l’information, nous confie que, même si professionnellement elle était déjà habituée à travailler depuis son domicile, cela n’a pas été facile au début de se retrouver seule dans son appartement, coupée de toutes relations sociales.


 

Kedar, le confinement nous a permis de développer notre passion, la musique.

 

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“Cela fait maintenant 70 jours que nous travaillons de la maison et nos vies ont changé de façon inattendue mais aussi agréablement.

Nous sommes au pic de l’été, ici, et les enfants sont en vacances et passent tout leur temps ensemble. La famille s’est resserrée ; nous faisons les courses ensemble et prenons presque tous nos repas ensemble. Quand le confinement a commencé, ma femme et moi avons pensé à apprendre à danser, mais ce plan n’a finalement pas pris.

Nous nous sommes récemment inscrits à des cours en ligne pour apprendre à jouer de la Tabla (un instrument populaire de percussion) ce que nous apprécions beaucoup. Tous les deux, nous avons été formés à la musique classique indienne (vocale et instrumentale) depuis plusieurs années et nos temps de répétitions se sont intensifiés. Dans les temps anciens, les étudiants avaient pour habitude de pratiquer une période de répétition de 30 à 40 jours appelée ‘Chilla’ : alors ils se confinaient volontairement chez eux et jouaient pendant tout le temps où ils étaient éveillés. On essaie de faire quelque chose de la sorte les week-ends comme nous avons toutes les journées pour nous.

Nous avons des enfants qui vont au ‘collège’ (école privilégiée à partir de 13 ans), cela leur manque d’aller dehors mais ils jouent à l’intérieur et sont contents.  

Cela me manque de voir mes amis. Avant, nous avions l’habitude de nous voir dans des cafés ou de faire du sport ensemble, or ce type de rencontres sociales est temporairement suspendu. Cependant, nous avons eu quelques rendez-vous en ligne avec des anciens amis d’école et c’était sympa. Notre association d’anciens élèves du collège a même organisé une compétition de quiz en ligne, avec des équipes et tout cela nous a permis de collecter des fonds pour les personnes atteintes du Covid-19.

Mes collègues aussi me manquent, les taquineries que nous avions sur le trajet du retour à la maison ou nos déjeuners tous ensemble. D’un autre côté, nous parlons souvent à nos clients, même les week-ends, et nous nous sommes finalement rapprochés au cours de ces dernières semaines. Une des raisons de ce rapprochement est que nous faisons tous face aux mêmes problèmes. En dépit de cette période difficile, le sentiment général est à l’optimisme, étant donné que tout le monde essaie de se soutenir. J’ai réalisé que cela influence grandement nos perspectives. Nous pensons que l’Inde sortira victorieuse de cette période. Je suis sûr que nos vies vont changer pour le mieux.”

 

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Flora : cet isolement a aussi finalement eu des effets bénéfiques sur un plan personnel

 

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“Je vis et je travaille à Bangalore depuis bientôt 5 ans pour une entreprise française du secteur des technologies de l’information, en tant que contrôleuse financière.

L’annonce du confinement national le 24 mars au soir pour une mise en œuvre à minuit, a causé la panique et un peu de confusion, les gens se sont précipités dehors pour faire le plein de nourriture et de produits essentiels, oubliant ainsi les recommandations de distanciation sociale. Après quelques jours, le confinement s’est mieux organisé, a été bien respecté mais avec un encadrement plutôt strict.

Même s’il n’y avait pas encore beaucoup de cas d’infections à Bangalore et en Inde, mais au vu de la situation rapide et dégradante du virus en Europe, je m’étais auto-confinée, comme la plupart de mes collègues de bureau, une semaine avant l’annonce officielle. Le concept de télétravail étant assez courant dans le secteur de l’informatique, mon entreprise était déjà donc bien préparée. Ainsi d’un point de vue professionnel, le confinement n’a pas eu beaucoup d’impact pour moi, à part de devoir faire face aux coupures de courant régulières dans mon appartement ! 

Socialement en revanche, vivant seule dans mon appartement, ça n’a pas toujours été facile d’être coupée subitement de tout, de ne plus pouvoir sortir pour aller au restaurant, au cinéma, dans des magasins et rencontrer du monde. Mais avec internet et les réseaux sociaux, il est facile de rester en contact avec ma famille et mes amis en France. 

Cet isolement a aussi finalement eu des effets bénéfiques sur un plan personnel, j’ai pu incorporer certaines habitudes comme suivre des séances de sport sur Instagram, lire plus de livres et réaliser que je ne considérerais plus rien comme acquis une fois la pandémie terminée !

Les marchés, magasins et temples étant soudainement fermés et les rues désertes, j’ai eu la visite surprise d’un singe dans mon salon, venu manger la salade de pastèques que j’avais laissée sur ma table ! Je n’ai plus osé ouvrir la fenêtre par laquelle il s’était introduit pendant plusieurs jours de peur qu’il revienne !

A partir du 16 juin, je reprends le travail avec des nouvelles consignes de sécurité : prise de la température avant l’entrée dans les locaux, port du masque en permanence, respect des distances sociales, pas de sortie à l’extérieur pour le déjeuner. 

Les semaines à venir seront critiques compte tenu du nombre de cas qui continue d’augmenter et le pic d’infections non encore atteint. Je suis quand même rassurée par le changement de comportement des habitants de Bangalore respectant avec discipline les mesures préconisées dans ce contexte : le port du masque, la désinfection fréquente des mains et le respect des distances sociales sont devenus la nouvelle normalité !”

 

Vidéo de Bangalore durant le confinement :


 

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Kedar (English text)

“We have now been working from home for over 70 days, and our lives have changed in some unexpected but also nice ways. It is peak summer here and the kids have a vacation and spend the whole day in each other’s company. The family is closer; we do grocery shopping together and have dinner together almost always.

When the lockdown started, my wife and I thought of learning dancing, but that plan didn’t take off somehow. We recently enrolled for an online class to learn to play the Tabla (a popular percussion instrument) and are enjoying this. Both of us also have also been learning Indian classical music (vocal and instrumental) for a few years and practice times have increased. In the olden days, students used to undergo a period of practice for 30-40 days called the ‘Chilla’ – here the student was voluntarily confined to home for this period and practised music all of her/his waking hours. We try and do something like this on weekends, as we have the whole day to ourselves.

We have college-going kids and they miss being able to go out but they play games indoors and are content.

I miss catching up with my friends. Earlier we used to catch up at cafes or after some exercise and these social occasions are temporarily suspended.  However, we have had a few, virtually get-togethers with old college and school friends and these are fun. Our college alumni even organized an online quiz competition, with teams and all, and this occasion was used to mobilise contributions for Covid-19 impacted people.

I miss my colleagues, the banter we used to have on the walk home or the occasions when we used to step out for lunch together. On the other hand, we speak with Clients often, including on weekends, and have come closer over the last few weeks. One reason for this closeness is that we are all facing the same challenges together.  Despite the challenging environment, the general mood is one of optimism as everyone is trying to be supportive and I realize this makes a big difference to our outlook. We believe India will be a winner of this event. I am sure our lives are going to change for the better."

 

 


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