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A vos masques, Mumbai devient irrespirable !

Par lepetitjournal.com Bombay | Publié le 22/01/2019 à 01:00 | Mis à jour le 04/03/2019 à 23:39
Pollution Bombay Mumbai

Les niveaux de pollution à Bombay ont atteint des sommets dimanche 20 janvier toute la journée et lundi 21 au matin. Le System of Air Quality and Weather Forecasting And Research (SAFAR) a qualifié l’air de Mumbai de “médiocre” et a enregistré un “AQI” de 236 hier matin !

 

L’Indice national de la Qualité de l’Air (AQI) a été lancé en octobre 2014 par le ministre de l’Environnement dans le cadre du programme Swachh Bharat (nettoyer l’Inde).

Les normes mises en place par le gouvernement indien considèrent un AQI entre 101 et 200 comme moyennement pollué (moderate), entre 201 et 300 comme médiocre (poor), entre 301 et 400 comme très médiocre (very poor) et entre 401 et 500 comme grave (severe).

Les particules dangereuses sont les PM 2.5 (fines particules flottant dans l’air d’un diamètre de 2,5 micromètre) et les PM10 (fines particules flottant dans l’air d’un diamètre de 10 micromètre). Lundi matin, le taux de PM 2.5 atteignait 127 et les PM10, 216.

 

Clean India Swachh Bharat
Credit : Instagram niranjankanyal1111

 

En mai 2018, l’organisation Mondiale pour la Santé (OMS) a placé Mumbai à la 4ème place des mégalopoles (les villes de plus de 14 millions d’habitants) les plus polluées du monde. Les Mumbaikars découvrirent avec stupeur que leur ville était plus polluée que Pékin qui fait pourtant la une de tous les journaux en hiver avec les images de brouillard épais et de gens équipés de masque. “Rien de tout ça ici !”, affirme un habitant.

 

Selon un membre senior de Greenpeace, contrairement à Pékin ou même à Delhi où des mesures pour réduire la pollution ont été mises en place, rien n’est fait à Mumbai. “Les principaux facteurs de pollution à Bombay sont les nombreux chantiers (environ 30%) puis les gaz d’échappement des véhicules et enfin les feux d’ordures pour se chauffer”, a déclaré Rakesh Kumar, directeur du National Environmental Engineering and Research Insitute (NEERI) au Times of India.

 

“Cependant, le sous continent indien ne peut pas être simplement comparé aux autres régions du monde du fait de la particularité climatique de la mousson. Les villes indiennes subissent notamment les effets de facteurs polluants tels que la poussière qui, dans d’autres zones géographiques, sont évacués par la pluie”, ajoute-t-il.

 

A titre d’exemple, l’association des résidents de Cuffe Parade au sud de Bombay avait obtenu du constructeur de la ligne 3 du métro que le site de la station du même nom soit arrosé régulièrement pour éviter que la poussière ne flotte en permanence dans l’air. Mais, cela n'a pas duré. L'arrosage a été arrêté à cause de la pénurie d’eau à laquelle la ville fait face après une fin de mousson peu fournie en fortes pluies. 

 

L’OMS souligne que la pollution de l’air est le principal facteur dans les maladies non transmissibles et causerait le décès de 24% des personnes adultes atteintes de maladies cardiaques. Elle serait aussi responsable de 25% des décès par crise cardiaque, de 43% des décès suite à une obstruction pulmonaire chronique et 29% des décès suite à un cancer du poumon. 

 

Le Mumbai Mirror concluait son article de lundi matin par : “Il est temps que les Mumbaikars réalisent que la poussière générée par les activités incessantes de construction et la pollution provenant des plus que nombreux embouteillages sont en train d’ensevelir la ville sous un épais brouillard irrespirable.” On pourrait ajouter que cela est d’autant plus grave que Bombay est bordée par la mer de trois côtés, contrairement à Delhi ou Pékin qui sont au milieu des terres, et que la cité bénéficie souvent de brises marines qui devraient permettre de balayer tout ce qui flotte dans l’air.

 

 

 

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