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Le prix Nobel d'économie attribué à un trio Franco-Indo-Américain

Par Johana Burloux | Publié le 15/10/2019 à 00:45 | Mis à jour le 15/10/2019 à 14:23
Photo : Credit : Instagram
Abhijit Banerjee Esther Duflo Michael Kremer

Esther Duflo, Franco-américaine, Abhijit Banerjee, Américain né Indien (West Bengal) et Michael Kremer, Américain, ont reçu le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel, communément appelé le Prix Nobel d'économie, pour leurs travaux sur la réduction de la pauvreté dans le monde.

Aujourd’hui, les trois chercheurs enseignent aux Etats Unis, les deux premiers au M.I.T. et le dernier à Harvard. 

 

Les recherches conduites par les lauréats ont considérablement amélioré notre capacité à combattre la pauvreté dans le monde,

précise le communiqué de l'Académie royale des sciences,

en seulement deux décennies, leur nouvelle approche expérimentale a transformé l'économie du développement, qui est désormais un domaine de recherche florissant.

 

Esther Duflo est la deuxième femme et aussi la lauréate la plus jeune (46 ans) à recevoir ce prix qui a été créé en 1968. En 2010, elle a reçu la médaille John Bates Clark (qui récompense les travaux d'économistes de moins de 40 ans) et a été conseillère économique de Barack Obama à la Maison Blanche. Abhijit Banerjee, son mari, était le directeur de sa thèse qui portait sur l'évaluation économique des projets de développement. Ils sont tous les deux fondateurs et directeurs de l’Abdul Latif Jameel Poverty Action Lab, un laboratoire de recherche du MIT, depuis juin 2003. Michael Kremer, quant à lui, a débuté ses travaux au milieu des années 90 sur l'amélioration des résultats scolaires à l’ouest du Kenya.

 

La particularité est que ce sont tous les trois des économistes de terrain qui valorisent l'expérimentation. Ils subdivisent le problème mondial de la pauvreté en s’attachant à des problématiques précises. Ils étudient comment les acteurs agissent dans leur environnement propre et déconstruisent les comportements de chacun au travers de différents groupes tests.

 

Il s’agit de comprendre la logique de la misère et de tester les différentes approches auprès de populations variées, ce qu’ils ont fait avec plusieurs programmes d’aides sur les thématiques de l’enseignement, d’aides sociales ou microcrédits. 

 

Une de leurs premières recherches s’est portée sur l'éducation. Ils ont établi que donner plus de cahiers et de repas décents avaient un effet relativement faible. En revanche, cibler les étudiants les plus faibles avait un impact très significatif sur l'éducation, même à moyen terme. Aujourd’hui, en Inde, plus de cinq millions d’enfants ont bénéficié de programmes de soutien scolaire qui découlent de leurs travaux.


De nombreuses autres expérimentations de terrain ont été menées en Inde notamment sur l’aide aux plus démunis. Ils ont ainsi pointé du doigt une application non efficiente de la loi NREGA, datant de 2005 et toujours en vigueur, qui apporte une aide financière directe aux travailleurs pauvres. Ils proposent entre autres de meilleures identifications des bénéficiaires, des processus de demande plus transparents ainsi qu’un accès à des comptes bancaires simplifiés.

 

Je suis très honorée. Pour être honnête, je ne pensais pas qu'il était possible de gagner le Nobel aussi jeune,

a réagi Esther Duflo. 

 

L’essence de nos recherches est de prouver que la lutte contre la pauvreté se base sur des preuves scientifiques.

 

L'académie a souligné que "Malgré de récentes et importantes améliorations, l'un des défis les plus urgents de l'Humanité est la réduction de la pauvreté dans le monde, sous toutes ses formes". 

Rappelons que près de la moitié des habitants de la planète – soit 3,4 milliards d’individus – reste confrontée à de grandes difficultés pour satisfaire leurs besoins élémentaires. Et, si la pauvreté extrême est en baisse, au détriment de la pauvreté relative, en 2015, toujours 9,6% de la population mondiale vivait avec moins de 1,9 dollars par jour.

 

 

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Johana Burloux

Johana Burloux

Diplômée de Sciences Politiques, professionnelle de l’information, rédactrice dans des publications généralistes, sportives et culturelles, co-fondatrice d’une start-up à Hong Kong, Johana est passionnée de l’écrit, de musique et de palak paneer.
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