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L’USEK s’associe au projet CEDRO, financé par l’Union européenne

Par EU neighbours south | Publié le 20/09/2019 à 19:47 | Mis à jour le 20/09/2019 à 21:14
USEK, CEDRO, environnement, liban, Union européenne

L’Université Saint-Esprit De Kaslik (USEK) s’associe au projet CEDRO, financé par l’Union européenne, pour mettre en œuvre une stratégie relative à l’énergie durable au niveau de l’Université et des plans d’action pour atténuer le changement climatique. Tout cela apportera des changements positifs à l’ensemble de la communauté universitaire.

En ce jour de fin août, l’Université Saint-Esprit De Kaslik (USEK) grouille d’étudiants qui se déplacent d’un département à l’autre pour s’inscrire aux cours et se préparer pour le prochain semestre qui commence début septembre. Le campus est en pleine effervescence. Il est aussi rempli d’une énergie qui ne peut rayonner que chez les jeunes. Les étudiants qui ne se sont pas vus de tout l’été se prennent dans les bras, s’embrassent et s’échangent leurs nouvelles alors qu’ils rencontrent leurs conseillers pour coordonner les cours du semestre d’automne. Ils ne portent aucune attention aux panneaux solaires installés sur le bâtiment principal et la faculté d’agriculture, dans le cadre de CEDRO, une initiative financée par l’Union européenne (UE).
 

L’USEK en un clin d’œil

L’USEK est un établissement d’enseignement supérieur catholique privé, fondé en 1938 par l’Ordre libanais maronite (OLM) et géré par ce dernier depuis sa création. Même s’il jouit d’un passé glorieux, il ne se repose pas sur ses lauriers et s’efforce toujours de progresser dans l’avenir en utilisant le présent comme tremplin, notamment dans le domaine de l’environnement.

Surplombant la mer Méditerranée, sur la côte du Mont Liban, l’Université possède un campus principal des plus dynamiques, parsemé de verdure, et plusieurs bâtiments architecturaux de différentes époques, qui cohabitent en une parfaite harmonie. Sur le campus, la végétation luxuriante protège des effets néfastes de l’été brûlant du Liban, mais en regardant de plus près, d’autres signes laissent entrevoir la mise en place d’un programme environnemental plus vaste : des poubelles de recyclage, le tri des déchets, des projets d’éco-conception proposés par des étudiants entrepreneurs, et la liste continue.

L’USEK est assurément impressionnante pour ce qui est des chiffres, y compris ceux de 2018 : 7 386 étudiants, 20 182 diplômés depuis 2001-2002, 875 professeurs dont 230 à temps plein et 645 à temps partiel, 354 employés administratifs et techniques.

Le Pape François, dans la deuxième encyclique de son pontificat, Laudato Si, le dit clairement : « j’adresse une invitation urgente à un nouveau dialogue sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète. Nous avons besoin d’une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons, et ses racines humaines, nous concernent et nous touchent tous. »

Au-delà de ses racines catholiques, l’USEK a pris ce message à cœur et a mis en place un programme environnemental rigoureux « zéro déchet », ce qui lui a valu d’être élue première université verte au Liban selon le GreenMetric World University Rankings de l’UI en 2017.
 

Le projet CEDRO financé par l’UE

La phase 4 du projet CEDRO était un projet quinquennal (janvier 2014 - août 2018) sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, financé par l’UE et mis en œuvre par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Son principal objectif était de rendre le secteur de l’énergie plus vert par l’application de systèmes et de mesures d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique dans les différents secteurs économiques du Liban.

Ses objectifs étaient les suivants : i) soutenir le ministère des Finances pour contribuer à la diminution des charges financières publiques et privées liées aux dépenses énergétiques, et accroître la sécurité d’approvisionnement du pays ; ii) soutenir le ministère de l’Énergie et de l’Eau dans la promotion des énergies renouvelables jusqu’à 12 % du mix énergétique du Liban en 2020 et améliorer l’efficacité énergétique à hauteur de 5 % ; iii) promouvoir les sources d’énergie renouvelable à petite échelle dans le cadre de projets de démonstration, accompagnés d’activités de renforcement des capacités et de sensibilisation, d’une part, et de l’analyse des ressources énergétiques renouvelables en termes de potentiel et de recommandations politiques, d’autre part ; iv) et renforcer la mobilisation en faveur d’une économie verte, en créant de nouveaux emplois « verts », en particulier dans le secteur privé.

Le système installé à l’USEK a une capacité de 212 KWc, produit un rendement de 275 575 kWh, économise 221 tonnes d’émissions de CO2 et dispose d’une surface de 1 900 m². Cela équivaudrait à ce que 45 voitures produisent chaque année en termes d’émissions de CO2, avec une économie de 44 092 dollars par an. Le système a coûté 195 000 dollars et a été financé à hauteur de 50 % par l’UE et de 50 % par l’USEK, par l’intermédiaire du prêt NEEREA (National Energy Efficiency and Renewable Energy Action, Mesures nationales en matière d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables).
 

Père Dr Talal Hachem, recteur de l’USEK

Né en 1970, le Père Talal Hachem est le nouveau président de l’USEK. Il fait plus jeune que son âge, il est affable, il est très efficace, mais il exerce aussi un leadership « doux » qui lui permet d’obtenir le plein soutien de son personnel - ah, et il a tendance à rire souvent. Le Père Hachem a occupé plusieurs postes académiques clés à l’USEK où il a été nommé doyen de la faculté de droit en 2013, puis vice-président pour la vie communautaire en 2016. En 2019, il a été nommé président de l’Université.

 

Père Dr Talal Hachem, recteur de l’USEK

 

En 2013, dans un de ses discours à l’Université, le Père Hachem le soulignait déjà : « les modes de vie urbains influencent grandement toutes les relations que nous établissons les uns avec les autres et avec la terre. Néanmoins, le développement entrepris par la majorité des pays du tiers monde s’est traduit par un phénomène migratoire massif et une expansion urbaine croissante, ce qui a engendré un grave problème environnemental ».

Le recteur a toujours eu à l’esprit la question environnementale, ce qui fait que le CEDRO financé par l’Union européenne correspond parfaitement à sa personnalité et à son mode de pensée. Ce n’est pas un hasard si la première promotion de jeunes qu’il a diplômée avait pour devise « Mettons-nous au travail », ce qui reflète sa philosophie et son mode de pensée pragmatique et communautaire.

« À l’USEK, nous estimons que l’Université n’est pas seulement une question de diplômes et de cours, nous ne sommes pas des robots diplômés, mais plutôt de bons citoyens responsables, des citoyens du monde, et c’est notre travail de les sensibiliser, de les faire grandir et mûrir », affirme le Père Hachem. « Cela ne concerne pas seulement la petite communauté, mais bien la communauté au sens large », poursuit-il. « Nous voulons que ces valeurs environnementales les accompagnent, qu’elles enrichissent nos étudiants. Cet aspect faisait partie de la session d’orientation pour les nouveaux étudiants cette année. » Il ajoute avec attention : « Naturellement, cela prend du temps. Tout changement de mentalité nécessite du temps, mais cela vient du principe "cela ne dépend pas de moi" - nous devons l’éradiquer et faire comprendre à tous nos étudiants, notre personnel et nos professeurs que nous sommes tous impliqués dans ce projet ».

« Le CEDRO a été très important pour nous parce qu’il a été le premier projet pilote qui a permis l’installation d’une infrastructure de traitement des déchets solides, le précurseur qui a lancé le reste de nos activités. En fait, nous avons pris des mesures rigoureuses dans le cadre de nos activités environnementales : nous n’imprimons plus de cartes d’invitation à nos événements et, à ce stade, nos cartes de visite ne sont plus imprimées sur du papier glacé, qui n’est pas immédiatement recyclable. Bien sûr, les bienfaits se ressentiront dans des centaines d’années, mais nous, en tant qu’humains, avons besoin de la nature, alors que la nature n’a pas besoin de nous. Et grâce aux réseaux sociaux, nous veillons à rester en contact avec notre propre communauté d’étudiants diplômés, par l’intermédiaire d’activités de sensibilisation. »
 

Dr. Joseph Al Assad, coordinateur du projet CEDRO à l’USEK

Après avoir obtenu son doctorat en 2008, le Dr. Joseph Al Assad est devenu professeur adjoint à l’USEK où il préside plusieurs départements et est actuellement doyen de la faculté d’ingénierie de l’USEK, en plus d’être membre du Higher Center for Research de l’Université. Depuis 2011, M. Al Assad est conseiller au ministère de l’Énergie et de l’Eau et au Centre libanais pour la conversion de l’énergie (LCEC). Pourtant, sous ce CV impressionnant se cache une personnalité charmante et dévouée.

En personne, il est incroyablement grand, très ouvert et tout à fait disponible, et à en juger par le ton de sa voix, il est incroyablement fier du projet CEDRO financé par l’UE et des résultats qui ont été obtenus à l’USEK.

 

Dr. Joseph Al Assad, coordinateur du projet CEDRO à l’USEK

 

« Nos chiffres montrent qu’en 2018, 1 508 947 livres de CO2 ont été éliminées, soit l’équivalent des émissions de 151 voitures particulières ou l’énergie produite par 4 065 ordinateurs par an. Depuis son lancement, le système a généré 528,44 MWh ; à ce stade nous couvrons 20 % des besoins de l’Université ».

Il ajoute ensuite - en pointant de son balcon vers certaines parties de l’Université : « La phase II du projet sera financée à hauteur de 1,5 million de dollars et comprendra la révision de l’ensemble du système d’éclairage avec des lampes LED - bien sûr, la réflexion étant la suivante : quel est l’intérêt de produire de l’énergie propre si elle est ensuite gaspillée dans de mauvaises habitudes de consommation ? Nous prévoyons aussi une nouvelle extension de panneaux solaires qui couvrira le toit du nouveau parking. Cela permettra alors de couvrir 60 à 70 % de la consommation de l’Université, l’excédent étant réinjecté dans le réseau pendant les mois plus calmes ».

« En fin de compte, ajoute-t-il, nous voulions que toute la communauté de l’USEK s’investisse dans le projet, qu’il n’y ait aucune indifférence, que tous se sentent concernés. Le CEDRO est le véritable moteur qui a fait bouger les choses. »

 

par Tarek Chemaly

 

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