Édition internationale

Rencontre avec Yvane Bocchi Wirman, nouvelle directrice Business France Zone Rhénane

Nouvelle directrice de la zone rhénane chez Business France, Yvane Bocchi Wirman présente sa feuille de route, ses conseils aux PME et ETI françaises et son regard sur le V.I.E.

YvaneYvane
Business France
Écrit par Lepetitjournal Berlin
Publié le 5 novembre 2026


Lepetitjournal.com Allemagne : Qu'est-ce que votre expérience en Europe centrale et orientale vous apporte pour aborder votre nouvelle mission en zone rhénane ?

Yvane Bocchi Wirman : Ces trois années à Varsovie ont été extrêmement riches, d’abord parce que j’ai eu la chance d’accompagner des équipes et des entreprises dans une région en profonde transformation. La guerre en Ukraine a évidemment marqué cette période et nous a obligés à faire preuve de beaucoup d’agilité, de solidarité et de réactivité. Mais j’en retiens aussi le formidable dynamisme de la Pologne et plus largement de l’Europe centrale, ainsi qu’une grande capacité à saisir les opportunités dans des environnements qui évoluent très vite.

J’arrive dans la zone rhénane avec cette même conviction : il faut être au plus près des écosystèmes et savoir transformer les mutations économiques en opportunités pour nos entreprises françaises. Les marchés sont différents, plus matures, mais ils sont eux aussi en pleine transformation. La zone rhénane concentre d’ailleurs plus de 30 % des exportations françaises, c’est donc un terrain absolument stratégique pour les entreprises françaises

 

Quelles sont vos priorités pour les premiers mois, et vos objectifs à plus long terme ?

Ma première priorité a été, et sera car je ne suis en poste que depuis deux mois, d’aller sur le terrain, de rencontrer les équipes et de mieux comprendre les différents écosystèmes économiques de la zone. Car derrière la proximité géographique, l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, les Pays-Bas, la Belgique ou le Luxembourg sont des marchés très différents.

L’ambition est simple : installer la Zone Rhénane comme zone européenne de reconquête sélective, en corrigeant le décalage entre perception et réalité des marchés. 

 

Comment les PME et ETI françaises doivent-elles aborder le marché dans le contexte actuel ?

Je crois qu'il faut d'abord sortir d'une idée assez répandue : un marché proche géographiquement n'est pas nécessairement un marché facile. L'Allemagne en est sans doute le meilleur exemple. C'est un marché mature, très concurrentiel, avec des acteurs locaux solides et des attentes élevées.

Dans le même temps, les transformations industrielles, énergétiques et technologiques créent de nouvelles opportunités. Nous en voyons notamment dans la défense et la cybersécurité, l'énergie décarbonée, la mobilité, les semi-conducteurs, l'intelligence artificielle, le quantique, la santé et les biotechnologies.

Mon conseil aux PME et ETI françaises est donc de venir avec une proposition de valeur très claire, une vraie préparation et surtout la volonté d'adapter leur approche au marché local. Il vaut parfois mieux cibler quelques prospects ou partenaires très qualifiés plutôt que multiplier les contacts. C'est précisément là que le réseau et la connaissance terrain de Business France peuvent faire gagner beaucoup de temps.

 

Quel rôle peuvent jouer les Français et francophones installés sur place ?

Un rôle essentiel. L'international fonctionne beaucoup par les réseaux, la confiance et les mises en relation. Les entrepreneurs français, les cadres installés dans la région, les CCI françaises à l'international, les Conseillers du commerce extérieur et les clubs d'affaires disposent d'une expérience extrêmement précieuse des marchés.

Ensemble, aux côtés des ambassades et consulats et de tous les partenaires de la Team France Export nous devons mettre en commun nos réseaux et nos expertises pour ouvrir davantage de portes aux entreprises françaises. C'est cette intelligence collective que nous devons mieux exploiter.

 

Jeunes talents et V.I.E. Quels conseils donneriez-vous à un jeune Français souhaitant démarrer sa carrière dans la région ?

Je lui dirais d'abord : allez-y ! Le V.I.E reste l'une des meilleures portes d'entrée vers une carrière internationale. C'est une formidable école professionnelle et personnelle : on apprend une autre culture de travail, on se construit un réseau et, surtout, on apprend à sortir de sa zone de confort.

Dans la zone rhénane, le V.I.E occupe d'ailleurs une place particulièrement importante puisque la région représente plus de 32 % des affectations V.I.E. Business France souhaite en faire encore davantage un levier d'ancrage des entreprises françaises sur ces marchés. Mon deuxième conseil serait de ne pas vivre l'expérience uniquement entre Français. Apprendre la langue, même imparfaitement, comprendre les codes locaux, rencontrer des collègues et des entrepreneurs du pays fait toute la différence. Et enfin, je conseillerais de profiter pleinement des réseaux comme le Club V.I.E : les contacts noués pendant ces 12, 18 ou 24 mois peuvent accompagner toute une carrière.

 

 

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