Édition internationale

Die Linke, les Verts et le SPD lancent leurs négociations de coalition

Lundi 2 novembre, peu après 10 heures, les délégations des trois partis se sont retrouvées à l’Abgeordnetenhaus (la Chambre des députés) de Berlin. Six semaines après les élections de septembre, remportées largement par Die Linke (25,7 %), les négociations de coalition commencent donc officiellement. L’objectif : un accord avant Noël. Mais le calendrier reste ouvert, et les critiques vont bon train.

Photo de l'extérieur de l'Abgeordnetenhaus de BerlinPhoto de l'extérieur de l'Abgeordnetenhaus de Berlin
Abghs, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
Écrit par Sandrine Ibanez
Publié le 2 novembre 2026

Le travail commence

Samedi 31 octobre, Die Linke a voté à une nette majorité pour l’ouverture des négociations, lors d’un congrès extraordinaire. Les Verts et le SPD, eux, avaient déjà dit oui. La base de travail est un document de 30 pages, issu des discussions exploratoires d’octobre. Avec, déjà, des mesures concrètes. Ainsi, la socialisation des grands groupes immobiliers ne viserait que ceux qui possèdent plus de 10 000 logements à Berlin.

Côté méthode, un groupe de pilotage réunit huit représentants par parti. Autour, quatorze groupes de travail se partagent les dossiers : budget, intérieur, logement, transports, économie… « Les Berlinois nous demandaient sans cesse quand ça allait commencer. Eh bien, ça commence », a lancé Elif Eralp, présidente du groupe Linke. Un début, donc. Avec encore beaucoup de sujets à approfondir.
 

Des réserves jusque dans les rangs

Les pourparlers ont pourtant traîné. En cause, notamment, les débats sur la manière de lutter contre l’antisémitisme, après plusieurs incidents dans les rangs de Die Linke. Résultat : des critiques venues de tout le pays, jusqu’au chancelier. Friedrich Merz a en effet appelé à plusieurs reprises les Verts et le SPD à renoncer à cette alliance.

Mais la contestation ne vient pas seulement de l’extérieur. Au SPD, près de 1 000 membres ont signé une lettre ouverte qui met en doute la capacité de la Linke berlinoise à gouverner. Parmi eux, le ministre de la Défense Boris Pistorius et la sénatrice berlinoise à l’Économie Franziska Giffey. Chez Die Linke aussi, des voix s’élèvent contre les négociations, notamment au sein de groupes solidaires de la Palestine.
 

Et ensuite ?

Si les négociations aboutissent, ce sont les adhérents qui trancheront : vote des membres chez Die Linke et au SPD, consultation en ligne chez les Verts, où le dernier mot reviendra à un congrès. On attend de voir si un accord pourra être glissé sous le sapin. À la clé, pour Elif Eralp : devenir la première maire-gouverneure de Berlin issue de son parti.

 

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