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PAROLE DE BLOGUEUSE - Plumaberlin ou les aventures journalistiques de Prune Antoine

Par Lepetitjournal Berlin | Publié le 16/12/2015 à 23:00 | Mis à jour le 17/12/2015 à 03:27

Berlinoise d'adoption confirmée, Prune Antoine est journaliste indépendante. Lorsqu'elle ne se sert pas de sa plume drôle et acerbe pour témoigner des stigmates de l'Europe soviétique, elle dresse un portrait entre amour et haine de la capitale allemande sur son blog www.plumaberlin.com. Retour sur un parcours étonnant.

La première rencontre du www.petitjournal.com/Berlin avec Prune Antoine n'a pas été banale. A l'occasion de la présentation de son livre intitulé ?La Fille et le Moudjahidine?, la jeune féministe racontait son amitié avec un salafiste. Ce témoignage sincère et singulier a aiguisé notre curoisioté. Pour le deuxième rendez-vous, direction Prenzlauerberg, où elle a fait sa vie au "paradis des clochards célestes : artistes, journalistes, photographes, designers ou glandeurs heureux"

 

 

Européenne avant-tout
La jeune lorraine n'a a priori rien à voir avec le journalisme. Diplômée d'un master 2 en droit international et études juridiques de l'université de Nancy en 2003, elle dit néanmoins avoir la fibre aventurière. Paris, Newcastle-upon-Tyne en Grande-Bretagne, un échange scolaire à Berlin, Madrid, un billet InterRail qui passe par la Hongrie, la Belgique, Prune Antoine reconnaît avec humour être un pur produit de la génération Erasmus. Puis, à Paris, elle enchaîne les stages dans les rédactions. "Le journalisme s'apprend sur le terrain, si tu es curieux et débrouillard, il n'y a pas de raison pour que ça ne fonctionne pas", dit-elle avec un grand sourire. On sent qu'elle a ça dans le corps. En 2005, elle trouve son premier emploi chez Cafebabel.com, un magazine participatif en ligne écrit en six langues par et pour les jeunes en Europe. "J'étais rédactrice en chef de la version française, raconte-t-elle, c'était très intuitif, parfois on partait quatre jours sur le terrain pour couvrir un sujet avec des journalistes de différentes nationalités"

 

Crédits photo : Melania Avanzato

 

Une fascination pour l'est
Pour Prune, "L'Europe est un gigantesque terrain de jeu", dans lequel elle a des affinités avec l'espace post-soviétique. D'où lui vient cette étrange fascination ? "De mon interRail", lâche-t-elle dans un rire avant de rectifier, "lors de ce court séjour à Budapest, j'ai été impressionnée par l'ambiance méfiante de ce monde en transition si près de chez nous. J'y suis retournée pour un stage de six mois quelques années plus tard ". Si elle ne s'est pas spécialisée dans la région, elle y a acquis un certain background. "C'est important de changer de sujets pour ne pas se reposer sur ses acquis" , explique-t-elle. En 2008, la jeune femme trouve enfin une bonne raison de partir : elle tombe amoureuse d'un allemand de l'est. Elle rejoint donc Berlin, capitale aux portes de l'Europe, promesse de liberté et d'insouciance : "A cette époque, les médias n'en parlaient pas énormément, mais la coexistence de deux systèmes était intéressant à étudier" . Déterminée, elle y devient journaliste indépendante et collabore avec le Monde Magazine, Madame Figaro, Géo, Elle, Grazia, Rue89, XXI, Médiapart, et bien d'autres. « Apprendre constamment » et « avoir un regard étranger » sont finalement deux choses à laquelle la journaliste est condamnée : et par l'exil, et par son métier.

 

 

Plumaberlin, grave et légère
Prune Antoine jure qu'elle "ne peux pas décrire le type de journalisme qu'elle pratique". On aurait pourtant envie d'y apposer les adjectifs : engagé, terrain, aventurier. Ses sujets de prédilections, principalement les femmes et les sociétés post-soviétiques, sont toujours politiques et polémiques, "mais ils ne sont plus brûlants", précise-t-elle. Lorsqu'on regarde son blog, aux allures de portfolio, on se dit qu'elle est un peu kamikaze : les femmes violées en Bosnie et prises au piège dans le silence, la génération des « euros-orphelins » en Pologne, le trafic d'organes au Kosovo, 24h avec les Pussy Riots, les munitions sous-marines de la Seconde GM dans la Baltique, l'exil des femmes en Moldavie, le trafic de bébés en Ukraine... Elle rit volontiers de la morbidité des sujets qu'elle choisit. Sur son blog, elle cherche à partager sa vie berlinoise : coups de gueules et coups de foudre s'y succèdent avec beaucoup de spontanéité et un peu de vulgarité. "Je voulais une certaine liberté et ne pas m'enfermer dans une case trop sérieuse", confesse-t-elle. Et malgré la dizaine de prix qu'elle a reçus pour ses reportages et notamment celui du Journalisme européen 2014 Louise Weiss, elle reste "grave et légère" , deux aspects d'elle-même qu'elle "aime garder et qui ne sont pas incompatibles dans le travail".

Floriane Fumey (www.lepetitjournal.com/Berlin) jeudi 17 décembre 2015

Savoir plus:
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