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Coline Jégoux, Française, Berlinoise et… pompier volontaire 

Par Adrien Filoche | Publié le 09/07/2018 à 10:01 | Mis à jour le 09/07/2018 à 11:15
Coline Jégoux, pompier Berlin

Simplicité. Humilité. Deux mots qui qualifient Coline Jégoux. Installée depuis 2014 en Allemagne, la Française a rejoint en 2016 les pompiers volontaires de Berlin. Pour autant, ce n’est pas l’étiquette de héros qui l’intéresse ! 

Originaire des quartiers populaires de la banlieue grenobloise, Coline Jégoux intègre Sciences Po Grenoble en 2009, preuve que la culture n’est pas réservée à un cercle fermé. En 2011, alors en deuxième année de licence, Coline goûte à l’aventure Erasmus et s’envole pour six mois à Konstanz, en Allemagne. À l’époque, la jeune étudiante est loin de savoir que quelques années plus tard, elle s’installerait durablement de l’autre côté du Rhin. Toujours à Konstanz, la Grenobloise décide d’opter pour un double-cursus et décroche en 2014 son Master franco-allemand. Une fois ses diplômes obtenus, elle se dit : ‘’Si je ne m’expatrie pas maintenant, je ne le ferai jamais !’’.

 

Des débuts « classiques »

La Française est alors embauchée au sein d’une start-up berlinoise spécialisée dans le secteur des énergies renouvelables. ‘’Le job typique pour une expatriée à Berlin’’, explique-t-elle en souriant. La jeune femme jongle entre le français et l’allemand, ce qui lui permet de consolider son niveau de langue. Elle est ensuite recrutée par la fondation SDW, un organisme chargé d’attribuer des bourses aux étudiants. 

Au début, ne maniant pas la langue de Goethe avec la même aisance que les nationaux, Coline avait le sentiment d’être un peu sous-estimée. Aujourd’hui, ses progrès et sa fougue surprennent agréablement ses collèges. ‘’En tant que jeune diplômée, on m’a fait plus confiance en Allemagne qu’en France, j’ai reçu des responsabilités assez rapidement.’’  

La Grenobloise trouve rapidement ses marques à Berlin. Stable financièrement et professionnellement, la jeune expatriée réfléchit à rejoindre une cause bénévole. ‘’J'ai toujours voulu m'engager, mais le manque de temps et de moyens m'avait toujours freinée, et je ne voulais pas faire les choses à moitié.’’ 

 

‘’Rendre à Berlin ce qu’elle m’avait donné’’ 

J’ai tellement reçu un superbe accueil que j’avais envie de rendre à Berlin ce qu’elle m’avait donné

Coline Jégoux, Pompiers, Berlin

Sans se targuer de vouloir devenir une héroïne avec un grand H, Coline s’engage à l’été 2016 chez les pompiers volontaires de Berlin, dans le quartier de Prenzlauer Berg. Tous les jeudis soir, après ses journées de travail, direction la caserne ! Après quelques semaines d'observation et une formation intensive, la Française reçoit finalement sa tenue et son casque. ‘’Les volontaires font exactement le même métier que les professionnels. La seule différence, c’est les bandes sur notre tenue, qui fonctionnent selon la hiérarchie. Mais bon, j’ai encore beaucoup d’expérience à acquérir avant d’avoir ma première !’’

Côté emploi du temps, Coline passe une dizaine d’heures par semaine à la caserne. ‘’En temps normal, on s’inscrit sur une liste pour les gardes. Cela permet de s’organiser. Je suis mobilisée généralement les soirs, entre 18 et 22 heures et les week-ends, toute la journée. On dispose aussi d’un bipper, mais il ne sonne que pour les grosses catastrophes, types graves incendies ou inondations.’’  

 

 

‘’Mais qu’est-ce que tu fais là ?’’

Comme Coline le rappelle, au sein des pompiers de Berlin, elle fait partie d’une double minorité. ‘’En plus d’être une femme, je suis Française. En tout, nous ne sommes que trois internationaux, pour plus de 40 Allemands !’’ La question qu’on lui pose le plus souvent : ‘’Mais qu’est-ce que tu fais là.'' Elle répond efficacement : ‘’J’avais du temps, de l’énergie et je voulais me rendre utile !’

 

Retour en France : pas pour tout de suite 

‘’Arrivée à 24 ans, j’avais 24 années de culture allemande à rattraper.’’ Pourtant, l’intégration berlinoise n’est pas un problème. Ses collègues et amis, quasiment tous berlinois, lui disent en riant qu’elle est même plus allemande qu'eux. Berlin a adopté Coline, et Coline a adopté Berlin. 

‘’Tous les jours, j’apprends quelque chose de nouveau. Il y a tellement à faire. La ville est passionnante, les quartiers sont vivants, cosmopolites et ont de la personnalité ! Et puis ici, je me sens en sécurité, la ville est bienveillante’’. La différence est immense avec ses souvenirs des banlieues grenobloises. Berlin est une ville sans entrave. Elle bouge. Elle vie. Elle crée. 

Après quatre années d’expatriation, l’Allemagne, c’est désormais chez elle. ‘’Quand je rentre à la maison, c’est à Berlin ! Je n’ai pas de raison de rentrer en France. M’engager comme pompier volontaire, ce n’est pas une décision que j’ai prise à la légère. Je n’ai pas fait tout cela pour partir maintenant !’’
 

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Adrien Filoche

Étudiant en Mastère de Journalisme spécialisation Internationale à Nice, je suis depuis janvier 2018 au sein de la rédaction de Paris du petitjournal.com
1 CommentairesRéagir
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scill mar 10/07/2018 - 14:15

Bel article, simple et émouvant sur les des gens pas comme les autres. Cela réchauffe le cœur.

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