Le sommet de l’OTAN du 7 au 8 juillet 2026 à Ankara poursuit plusieurs objectifs : augmenter les dépenses de défense, renforcer le soutien à l’Ukraine, et maintenir de bonnes relations avec les États-Unis. Dans ce contexte politique tendu, l’Allemagne tend à jouer un rôle central au sein de l’Alliance.


Les 7 et 8 juillet 2026, le chancelier allemand Friedrich Merz rejoint les autres chefs d’État des pays membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) à Ankara en Turquie. L’objectif de cette réunion est de discuter des dépenses concernant la défense et la guerre en Ukraine, le tout dans un contexte tendu avec les États-Unis. Voici en 3 points les objectifs de l’OTAN et la position allemande face à ce contexte politique critique.
Sécurité ou séduction ?
Le président américain Donald Trump multiplie les critiques envers ses alliés de l’OTAN depuis plusieurs semaines. Il maintient que ceux-ci l’ont abandonné durant la guerre menée avec Israël contre l’Iran. Depuis, l’OTAN « consomme beaucoup d’énergie » à trouver une forme d’entente avec le chef d’État américain, admet un diplomate de Bruxelles à l’AFP.
Pour l’amadouer, l’OTAN a pris la décision lors du dernier sommet en 2025 à La Haye (Pays-Bas) d’augmenter ses dépenses de défense de 5 % du PIB en 2035, comme le souhaitait le chef d’État des États-Unis. Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN, a d’ailleurs appelé cette réforme « l’effet Trump » dans l’objectif de rétablir la paix entre l’alliance et le président américain. L’ordre du jour pour l’OTAN est donc de constater la mise en œuvre de cette décision. Mark Rutte a promis de renforcer les capacités de défense de l’Alliance, selon sa déclaration :
« De nouveaux contrats de plusieurs dizaines de milliards de dollars destinés à renforcer les capacités militaires des pays membres. »
Pour l’heure, cette exigence américaine est encore loin d’être satisfaisante, mais l’OTAN assure que le mouvement est bien lancé. Elle compte annoncer les grands contrats à l'issue du sommet pour appuyer l’avancée de cette décision. Le président Donald Trump n’est pas encore convaincu, et il juge même « ridicule » pour son pays de maintenir une relation « unilatérale » au sein de l'Alliance atlantique.
La guerre en Ukraine : avec ou sans les États-Unis ?
Les pays européens de l’OTAN ainsi que le Canada s’engagent à fournir 70 milliards d’euros d’aide militaire à l’Ukraine pour les années 2026 et 2027. Cette contribution est pour l’heure la seule aide financière reçue par l’Ukraine, les États-Unis ayant cessé d’aider le pays depuis le retour du président Donald Trump à la Maison-Blanche.
« Il est crucial que le monde - en premier lieu, les États-Unis et nos partenaires européens - ressorte du sommet de l’OTAN à Ankara avec des décisions fermes en faveur de notre défense antiaérienne ».
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a de nouveau appelé les alliés de Kiev à lui fournir des missiles d’interception nécessaires, tout en insistant sur la nécessité du soutien des États-Unis. Une rencontre est prévue ce mercredi 8 juillet 2026 entre lui et le président Donald Trump lors du sommet pour discuter de « la manière dont ils peuvent mettre fin à la guerre », assure un haut responsable américain à l’AFP.
L’Allemagne : un exemple de conduite
Avant le sommet de l’OTAN, Mark Rutte s’est entretenu avec le chancelier allemand Friedrich Merz et le ministre de la Défense, Boris Pistorius mercredi 1er juillet 2026, en prévision de cette réunion.
« L’Allemagne mène l’effort et tient ses engagements. Et c’est précisément de cela dont il sera question au sommet d’Ankara : hausse des dépenses de défense, renforcement de la production de défense et soutien ferme à l’Ukraine ».
Le secrétaire général a salué les investissements de l’Allemagne dans le secteur de la défense ainsi que ses contributions à l’OTAN. L’Allemagne apparaît comme l’exemple à suivre à l’occasion de ce sommet, notamment parce que ce pays est l’un des principaux soutiens en Europe, selon le secrétaire général, et en raison de sa puissance industrielle.
« L’Allemagne, l’Europe et l’Amérique du Nord ont toujours été plus fortes ensemble, au sein de l’OTAN ».
De son côté, le chancelier allemand Friedrich Merz s’est réjoui dans un communiqué de son alliance avec le gouvernement canadien, en déclarant « à la veille de l'ouverture du sommet de l'OTAN, le gouvernement canadien envoie ainsi un signal fort en faveur de la coopération transatlantique et européenne dans l'industrie de défense ». En effet, le Canada a choisi de construire sa nouvelle flotte de sous-marins en partenariat avec le groupe allemand Thyssenkrupp Marine Systems (TKMS).
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