

L'ancien sénateur des finances de Berlin, le social-démocrate Thilo Sarrazin, a rendu publique jeudi soir 10 septembre, sa démission du directoire de la Bundesbank, la banque centrale allemande. Cette décision prend suite aux pressions exercées sur lui, l'homme politique étant accusé d'avoir failli à son devoir de réserve en tant que haut-fonctionnaire de l'institut bancaire
Thilo Sarrazin en 2010 (photo : Richard Herbstreit / Wikipédia)
Les thèses sur l'islam, l'immigration et les couches défavorisées qu'il a extensivement développées dans son livre Deutschland schafft sich ab (L'Allemagne court à sa perte) auront finalement eu raison de Thilo Sarrazin. Décrivant le "poids social de l'immigration, mis sous silence par le politiquement correct", Thilo Sarrazin s'est décidé à attaquer frontalement les musulmans, "dépendants des aides de l'État" et marqués par des "tendances criminelles et misogynes, pouvant tendre aisément au terrorisme."
L'immigration, une menace pour l'Europe
Thilo Sarrazin voit également un danger dans le "taux de fertilité élevé des groupes immigrés les moins éduqués et les plus dépendants des aides de l'Etat qui risque de perpétuer cette couche, une menace culturelle pour une Europe vieillissante". Il appelle les classes aisées et éduquées à avoir plus d'enfants, sans quoi le pays risque l'"abêtissement". Thilo Sarrazin considère ainsi l'intelligence comme héréditaire.
Ces thèses ont causé une levée de bouclier dans les mondes politique et médiatique et ont relancé le débat sur les succès et échecs de la politique d'intégration allemande. Selon la chancelière Angela Merkel ces positions sont de l'"abrutissement", Sigmar Gabriel, président du SPD dénonce l'"eugénisme" de Sarrazin et lui suggère de quitter le parti, la présidente des Verts, Claudia Roth, y voit du "pur racisme." Seuls l'extrême-droite ainsi que quelques politiques isolés du SPD et de la CDU lui ont apporté leur soutien. Des soutiens peu convaincants puisqu'il a été contraint de démissionner, à l'unanimité des votes, par le conseil d'administration de la Bundesbank.
Une opinion largement partagée
Pourtant, l'opinion de Thilo Sarrazin semble être partagée par de nombreux Allemands. Andreas Zick de l'université de Bielefeld a observé une "approbation massive" des thèses de Thilo Sarrazin sur les forums internet et y voit un tabou brisé. Selon les récents sondages, 56 % de la population approuvent la critique qu'il fait de la politique d'intégration et 18 % donneraient leur voix à un parti qu'il dirigerait, ce qui a lancé des spéculations autour d'un hypothétique nouveau parti à la droite de la CDU.
Sergio Marx (Lepetitjournal.com - Allemagne) Mardi 21 septembre 2010








































