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Élections à Berlin : Die Linke en tête, percée de l’AfD, revers pour la CDU

Selon les résultats provisoires, la gauche radicale remporte les élections du Parlement régional à Berlin. Elif Eralp, la candidate de Die Linke, dresse une barrière face à l’AfD, qui réalise une percée dans les scrutins à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Un revers pour Friedrich Merz, dont le parti subit un important recul tandis que l’extrême droite progresse.

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© Pascal Kuba Koston - Die Linke Berlin
Écrit par Jade Goff
Publié le 21 septembre 2026

Die Linke l’emporte à Berlin. Pour la première fois, la gauche dite « radicale » est en tête, avec 25,7 % des voix aux élections. Elle devance la CDU, le parti du maire actuel, qui a recueilli 18,8 % des voix. Vient ensuite l’AfD avec 16,3 % des voix, en nette progression par rapport à 2023. Die Grünen arrivent derrière avec 14,3 % des voix, le SPD avec 12,1 %, le BSW avec 4,7 % et le FDP avec 2,5 %. Des résultats qui n’annoncent rien de bon pour le chancelier Friedrich Merz.

 

Die Linke : une victoire de la gauche radicale
 

Ne jamais abandonner, toujours (se) relever, toujours faire entendre (sa) voix  - Elif Eralp, candidate de Die Linke, remercie ses parents, syndicalistes turcs ayant fui leur pays en 1980, à la suite de la victoire du parti.

Elif Eralp pourrait bien devenir la prochaine maire de Berlin et la première à être issue de l’immigration. Sa notoriété soudaine et son profil marqué à gauche lui valent parfois une comparaison avec Zohran Mamdani, le maire démocrate-socialiste de New York.

Elle est le nouveau visage de Die Linke à Berlin. Sa famille d’origine turque a fui son pays en 1980 pour s’installer en Allemagne. Née à Munich, elle est devenue avocate et s’est penchée sur les droits humains, en particulier ceux des migrants. Elle rejoint ensuite le parti Die Linke. « J’ai été confrontée à beaucoup d’injustices », raconte l’avocate pour expliquer les motivations de son entrée en politique, largement liées aux « périodes difficiles » qu’elle et sa famille auraient vécues durant leurs premières années en Allemagne.

Pour ces élections, elle s’est présentée comme la réponse à l’essor de l’extrême droite. Elle estime également que son élection enverrait un signal fort.  « Ce serait vraiment un signal fort si, à Berlin, une personne avec une histoire migratoire devenait maire ». Elif Eralp promet aussi de répondre à la crise des loyers en proposant un « Mietendeckel » (plafonnement des loyers) pour les logements des sociétés immobilières du Land. Des propositions qui ont notamment séduit des Berlinois interrogés par l’AFP, certains expliquant avoir voté pour elle afin d’envoyer un « message fort » concernant la crise des loyers.

 

Poussée de l'AfD en Allemagne : le cordon sanitaire (Brandmauer) résistera-t-il ?

Arrivé en troisième position, l’AfD a cumulé 16,3 % des voix, devançant Die Grünen, le SPD, le BSW ou encore le FDP. C’est une forte progression pour le parti, qui avait obtenu 9,1 % des voix en 2023.

Et si ce scrutin inquiète déjà certains Berlinois, il n’est rien comparé au Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où l’AfD est en tête des votes avec 38,2 % des voix. Une nouvelle victoire pour ce parti, après son résultat en Saxe-Anhalt.

Cependant, l’AfD ne dispose pas des voix nécessaires pour gouverner seule dans ces deux Länder, malgré sa victoire. Pour gouverner, le parti aurait besoin d’une coalition avec un autre parti afin d’obtenir une majorité. Or, les principales formations ont jusqu’ici exclu toute coalition ou coopération avec l’AfD. Le SPD, la CDU, les Grünen, le FDP et Die Linke maintiennent ainsi la « Brandmauer », c’est-à-dire le principe de ne pas s’allier avec le parti d’extrême droite. Friedrich Merz a notamment réaffirmé que la CDU ne travaillerait pas avec l’AfD, tandis que les autres partis ont également confirmé leur refus d’une coalition avec le parti.
 

Allemagne : la CDU s'effondre aux régionales, Friedrich Merz sous pression

C’est un revers important pour la CDU. Le parti conservateur du chancelier Friedrich Merz a subi un résultat très faible à Berlin, avec 18,8 % des voix. Comparé aux élections de 2023, où la CDU avait obtenu 28,2 %, cela représente une perte de 9,4 points.

Pire encore, ce parti n’entrera pas dans le Parlement régional du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, ayant obtenu 4,9 % des voix. Une première dans l’histoire de la CDU depuis la création de la République fédérale : le parti échoue pour la première fois à franchir la barre des 5 % et à entrer dans un parlement régional.

Des résultats qui mettent Friedrich Merz sous pression. Le chancelier a qualifié le résultat de la CDU en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale de « désastre », tandis qu’il a porté un jugement différent sur le scrutin berlinois.

Le chancelier a rapidement pris la parole à la suite de l’annonce des résultats. Il a notamment appelé son parti à tirer les leçons de ces élections, tout en annonçant vouloir poursuivre les réformes de son gouvernement.

 

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