L’adoption d’un chien implique des règles et des codes à suivre, quel que soit le pays. Mais en Allemagne, ces règles sont essentielles au bon déroulement de l’adoption, que ce soit pour l’animal ou pour la population. Administration, encadrement, suivi et santé : voici les règles allemandes les plus strictes, qui garantissent sécurité et affection.


Adopter un chien en Allemagne : comment le système allemand responsabilise-t-il le maître ?
Ce n’est pas le chien qui agit mal, mais le maître qui le gère mal. En Allemagne, c’est un fait : adopter un animal, c’est être responsable de ses actes.
Adopter un chien, c’est un changement pour le maître, mais parfois aussi pour les autres. Dans plusieurs Länder, comme Berlin, Hambourg ou la Basse-Saxe, tout détenteur de chien doit donc souscrire une assurance responsabilité civile spécifique (Hundehaftpflichtversicherung). Ailleurs, elle est surtout exigée pour les chiens dits dangereux, mais elle reste vivement recommandée. Car en Allemagne, le propriétaire répond des dégâts matériels et corporels causés par son chien. Ce principe repose sur le § 833 du Code civil allemand (BGB) relatif à la responsabilité du détenteur d’un animal : « si un animal tue un être humain, porte atteinte au corps ou à la santé d’une personne ou endommage un bien, le détenteur de l’animal est tenu d’indemniser la personne lésée du dommage qui en résulte. »
Que ce soit à Munich, à Hambourg ou à Berlin, la sécurité publique passe par des règles strictes sur la tenue en laisse dans les espaces publics. Selon les villes, le chien ne peut être lâché que dans des zones dédiées, ou si son maître a obtenu une dispense, par exemple après un test d’obéissance. Zoolo.fr confirme que « selon la région visitée, certaines obligations peuvent concerner : le port de la muselière ; la laisse permanente. »
Le permis canin (Hundeführerschein), c’est le grand plus de l’Allemagne. Il permet de vérifier que le maître connaît les besoins de son animal et sait le maîtriser. Dans certains Länder, comme la Basse-Saxe, une attestation de compétence est même exigée de tous les nouveaux propriétaires. Pour les chiens dits « à risque », certains Länder imposent en plus un test comportemental (Wesenstest). Il permet de vérifier que le maître a bien éduqué son animal, qu’il l’a habitué à côtoyer d’autres chiens et des personnes, et que le chien ne présente pas de comportement dangereux. « Comme condition préalable à l’exemption, vous, en tant que propriétaire du chien, devez prouver que le chien ne présente aucun danger pour la sécurité publique. Cette preuve est apportée par le test comportemental », indique le site officiel de la Stadt Köln. « En tant que propriétaire, vous devez vous présenter en personne avec le chien pour ce test. Il n’est pas possible de mandater un tiers pour passer le test avec le chien », précise la ville de Cologne.
La commune a aussi son mot à dire sur la détention d’un chien. Elle prélève une taxe annuelle obligatoire, la Hundesteuer, qui s’élève par exemple à 120 € pour le premier chien à Berlin. Cette taxe finance notamment les infrastructures publiques, et elle augmente si le propriétaire a plus d’un chien. Son montant varie d’une commune à l’autre : en Basse-Saxe, il se situe entre 84 et 150 € pour un premier chien standard, selon le site HonestDog.
Comment l’Allemagne protège-t-elle ses chiens lors d’une adoption ?
Au-delà de la santé du chien, que les refuges et associations contrôlent souvent de près (vaccins, puce électronique, visite chez le vétérinaire), le confort du foyer et l’aptitude du futur maître sont aussi examinés.
Léa, jeune Française installée en Allemagne, raconte les rendez-vous en visioconférence et l’inspection à domicile qu’elle a eus avec l’association Hundehoffnung : « Le processus était long. J’ai eu une réunion en visio de plus d’une heure, pour discuter de mes motivations et des prochaines étapes. Ils ont ensuite inspecté attentivement mon appartement, afin de s’assurer du confort et du bien-être du futur chien. »
Une fois les inspections terminées, c’est le moment de signer. L’association lui a fait parvenir un contrat d’engagement reprenant tous les critères liés à la sécurité, à la santé et au confort du chien. Comme le résume l’association : « Si vos idées correspondent aux besoins du chien, rien ne s’oppose à l’adoption et votre nouveau colocataire pourra bientôt emménager chez vous. »
De manière plus générale, l’article 3 de la loi sur la protection des animaux (Tierschutzgesetz), consultable sur le site juridique buzer.de, dresse la liste des pratiques interdites pour garantir la sécurité et le bien-être des animaux. Il interdit notamment les dispositifs qui causent une douleur importante par stimulation électrique, comme les colliers électriques. Depuis 2022, le règlement sur la protection des chiens (Tierschutz-Hundeverordnung) interdit aussi les colliers à piques. Des règles qui favorisent une éducation respectueuse de l’animal.
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