Le débat sur la socialisation des logements privés est relancé après la victoire de Die Linke aux élections régionales de la capitale allemande.


À la suite de la victoire de Die Linke aux élections régionales à Berlin, le débat sur la « socialisation » (Vergesellschaftung) des logements de grands groupes immobiliers bat son plein.
Dans la capitale allemande, les loyers à la relocation ont grimpé de près de 70 % en dix ans, alors qu'il n'y a pas eu de hausse équivalente des salaires. Die Linke souhaite maintenant concrétiser le projet porté par l'initiative citoyenne « Deutsche Wohnen & Co. enteignen ». Son objectif : transférer vers le secteur public environ 240 000 logements détenus par de grands groupes immobiliers privés qui possèdent plus de 3 000 logements à Berlin.
Référendum et batailles juridiques
Bien qu'approuvée à près de 60 % par la population lors d'un référendum en 2021, la démarche n'a pas encore été concrétisée.
Elle s'appuie sur l'article 15 de la Loi fondamentale allemande, un article qui n'a encore jamais été appliqué dans l'histoire du pays. Une commission d'experts a estimé en 2023 que cette socialisation était juridiquement possible, mais les questions financières et le montant des indemnités à verser aux sociétés privées restent très controversés.
De son côté, le gouvernement fédéral tente d'interdire ces initiatives régionales pour rassurer les investisseurs : le chancelier Merz a réaffirmé le 21 septembre vouloir faire passer une loi pour interdire aux Länder toute socialisation des logements locatifs privés.
Le débat reste donc houleux et ce sera vraisemblablement le Tribunal constitutionnel fédéral qui aura le dernier mot.
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