Édition internationale

LE GENIE DE LA LANGUE - Nicolas c’est Victor

Écrit par Lepetitjournal Berlin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 novembre 2012

 


Le 9 novembre va paraître le "Petit Nicolas" traduit en latin sous le titre de Pullus Nicolellus par Marie-France Saignes (Maria Gallia Cruenta) et votre servante, alias Sanctaedes Dusselpaganica Lustralunda.1 C'est l'occasion de passer en revue tous ces prénoms qui nous viennent du latin et du grec

Car Nicolas, c'est le Victorieux ? rappelez-vous les chaussures "Nike" avec leur sigle arraché à l'aile de la victoire de Samothrace. Nikè, en grec, veut dire victoire, eh oui les Américains savent ça, comme sont en latin victorieux Victor ou Vincent.
Parmi les triomphants, on pourrait compter Stéphane, le « couronné », qui a donné Esteban ou Etienne. Vassili ou Basile, qui viennent de « Basileus » le Roi. Alexandre, Défenseur par excellence.
Léon est un Lion, Lucien est lumineux, Philippe aime les chevaux, Maxime est le plus grand, Laurent se couvre de lauriers, Aurélien scintille d'Or.
Côté piété, Théodore est « don de Dieu », Théophile « chérit Dieu », Théophraste « parle au nom de Dieu », sans oublier le saint patron des « comités Théodule » - incongrus et qui ne servent à rien - du général de Gaulle2 ? Théodule signifiant « esclave de Dieu ».
Quant à Georges, il pourrait être un héros de « l'Amour est dans le pré » , car il signifie « laboureur ».

Femmes et prédispositions
Martine est la « petite guerrière » -Mars -, tandis qu'Irène pourrait se traduire par Mir en russe car elle incarne la Paix. Aglaé, la brillante, Agathe, la bonne ou la gentille, Catherine la Pure, Marguerite la Perle, Barbara l'Etrangère, Hélène « Eclat du soleil », Angèle l'annonciatrice, Emilie, la Rusée selon les Grecs ou la Rivale selon les Latins, font partie du panthéon féminin.
Dolorès souffre, Laetitia rigole (joie »), Florence fleurit, Agnès bêle,
Rufus est roux, Blaise bégaie, Paul est petit, Cécile aveugle, Béatrice est heureuse, Félicie aussi.  

Le renard et les prunes
Qui a dit que les mots latins ne représentent plus grand chose ? Figurez-vous que le Grand Turc a réuni un comité de savants : il s'était aperçu qu'une espèce de renard rouquin portait le nom scientifique de Vulpes Vulpes Kurdistanica. Foin des Kurdes, le renard se prénomme désormais Vulpes Vulpes et basta. Pis encore : un agneau ne s'était-il pas mis en tête de s'intituler Ovis Armeniana, un cerf Capreolus Capreolus Armenus et un abricot prunus armeniana ? Les voilà désormais Anatolicus et rien d'autre. Changer en un seul jour l'Arménie en Anatolie, quelle galère - le tour de passe-passe eût plu à Molière ! Quant au renard et l'agneau, quelle aubaine ... pour La Fontaine.

Elizabeth Antébi (www.lepetitjournal.com/cologne) Mardi 9 octobre 2012

1 http://www.amazon.fr/Le-Petit-Nicolas-Latin-Nicolellus/dp/2915732450
2 Discours d'Orange (Vaucluse) 1963.

A relire :

LE GENIE DE LA LANGUE - Les allochtones et le génie du lieu

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Publié le 9 octobre 2012, mis à jour le 21 novembre 2012
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