

Le dernier film de Guillaume Nicloux, Valley of Love, dans lequel joue l'actrice de renommée mondiale, Isabelle Huppert, a été sélectionné pour ouvrir la semaine du film français, mercredi 9 décembre dernier. Lors de cette cérémonie d'ouverture, le réalisateur, Guillaume Nicloux, ainsi qu'Isabelle Huppert avaient fait le déplacement à Berlin afin d'ouvrir le bal d'une semaine de films français à Berlin au très historique Kino International de la Karl-Marx Allee. Mais juste avant cette soirée cinématographique, l'actrice française avait accepté d' accorder une interview groupée à trois différents médias dont le www.lepetitjournal.com/Berlin.
Mercredi dernier au Kino International, l'accueil pour l'ouverture de la semaine du film français était différent de celui des années précédentes. Deux entrées différentes. Une pour le public, une pour la presse et les invités mais les règles étaient les mêmes. Toutes les poches devaient être vidées, les appareils électroniques ouverts, montrés, le tout devant ensuite être déposé dans une petite boîte, à l'instar de celles que l'on utilise dans les aéroports. Sauf qu'au bout de la file, ce n'était pas un avion qui attendait la foule mais bien la projection d'un film. "Risques d'attentats obligent", lâche une des agents de sécurité, gênée d'avoir à demander à quiconque de se prêter à ce jeu de fouille, quelque peu exagéré.
Une fois cette sécurité passée, le réalisateur du film d'ouverture, Valley of Love, Guillaume Nicloux, ainsi que l'actrice Isabelle Huppert, partageant l'affiche du film avec Gérard Depardieu, ont pu faire leur entrée guidée par un tapis rouge disposé à l'occasion de la rue vers la salle principale du rez-de-chaussée du Kino International.
Au premier, comme tous les ans, apéros gratuits et prestige du lieu attendaient les spectateurs venus très nombreux pour cette soirée. Les discours des différents organisateurs de la semaine du film français, de l'Ambassadeur de France en Allemagne, Philippe Etienne, ou encore des deux stars de la soirée se sont ensuite enchaînés. Sauvé par le réalisateur Guillaume Nicloux, assez peu bavard et lâchant au bout de quelques minutes sur scène : "Pour le bien des spectateurs, je pense qu'il est temps de lancer le film", le public a pu visionner le film, en compétition au festival de Cannes et dans lequel les retrouvailles entre deux grands acteurs étaient très attendues.
Crédits photos : Heloïse Faure (http://www.heloisefaure.com/)
Le film de Guillaume Nicloux plonge deux acteurs de renommée internationale au milieu de la vallée désertique des Etats-Unis, précisément dans la vallée de la mort, qui devient celle de l'amour lorsqu'un fils, ayant mis fin à ses jours, demande à ses deux parents de se rendre dans cet endroit afin de pouvoir le retrouver une dernière fois. C'est ainsi que Gérard et Isabelle (les prénoms de acteurs ont été gardés dans le film), séparés depuis de longues années, se retrouvent dans l'hôtel accueillant les visiteurs de ce site très touristique. Chacun ayant reçu une lettre différente de leur fils juste avant qu'il ne suicide, les réactions divergent. Tandis que le père ne veut pas croire du tout à cette histoire et affiche un certain désintérêt par rapport aux derniers souhaits de son fils, la mère, rongée de culpabilité, veut respecter toutes les étapes décrites dans la lettre dans l'espoir de pouvoir revoir une dernière fois son premier enfant qu'elle a abandonné lorsqu'il était tout petit.
Dans ce dixième long-métrage de Guillaume Nicloux, le jeu très naturel des acteurs démontre sans conteste le talent d'Isabelle Huppert et de Gérard Depardieu. La réunion de ces deux montres du cinéma, après les Valseuses et surtout Loulou, fonctionne magnifiquement bien et donne corps à l'histoire du film, qui n'est finalement pas aussi intrigante que le synopsis laisse à penser.
Www.lepetitjournal.com/Berlin - Qu'est ce qui vous a poussé à accepter de jouer dans ce film ?
Isabelle Huppert - J'ai trouvé que l'idée du film était très originale. C'était comme une expérience chimique. Mettre deux acteurs français au milieu de ce désert ne peut que créer un résultat intéressant. Il s'agit d'un jeune homme qui s'est suicidé et qui écrit une lettre à ses parents leur demandant de se rendre à cet endroit, cette trame m'a semblé très intéressante. Lorsque j'ai lu le script, j'ai trouvé l'ensemble du scénario tout aussi attractif que ce soient pour les dialogues, l'endroit et l'histoire.
Qu'avez-vous pensé lorsque Guillaume Nicloux vous a proposé de tourner un nouveau film avec Gérard Depardieu 35 ans après celui de Maurice Piallat « Loulou » ?
Évidemment, nous étions très heureux de nous retrouver sur un tournage. Mais je discutais justement de ce sujet avec une connaissance et j'ai réalisé que c'était en réalité la troisième fois que nous tournions ensemble, en comptant les Valseuses. Même si nous n'avons pas eu beaucoup de scènes ensemble, on a tendance à oublier ce film.
Mais après tant d'années, je me suis représentée cela comme monter dans un train pour en descendre puis y remonter à nouveau et je pense que l'on s'est bien entendu dans ce nouveau train.
Vous êtes deux acteurs connus dans la vie comme dans le film dans lequel vous vous appelez également Isabelle et Gérard, comment considérez-vous cette mise en abîme voulue par le réalisateur ?
Tout au long du film, il y a une confusion entre la réalité et la fiction mais beaucoup plus pour le public que pour nous. Dans ce cas, c'était tellement évident que la ressemblance était trompeuse mais bien évidemment, c'est de la fiction. L'histoire n'a rien à voir avec la vie personnelle, du moins pas avec la mienne. Pour Gérard, on peut y voir un peu plus de traits autobiographiques. Par cette mise en abîme, Guillaume Nicloux a tout simplement voulu montrer que la frontière était très fine entre la vie d'un acteur et ses rôles qu'il est amené à jouer.
Comment s'est déroulé le tournage dans de telles conditions de chaleur?
Je me suis déjà rendue dans la vallée de la mort en vacances avec mes enfants. Mais je n'ai fait qu'y passer. Normalement, lorsque l'on visite cet endroit, on y reste trois ou quatre jours mais pas quatre semaines comme ce fût le cas lors du tournage. La chaleur est, de jour comme de nuit omniprésente, et il est possible de s'habituer à tout mais c'est surtout un choc corporel. C'est pour cela que réaliser ce film s'apparente à une expérience physique.
Comment exactement cette chaleur et le paysage ont-t-ils influencé votre travail d'acteur dans ce film ?
Ces conditions nous ont permis de mieux rentrer dans l'histoire. Je ne dis pas que l'on a eu des hallucinations mais la chaleur ainsi que le paysage nous ont encouragés à croire à ces choses mystérieuses présentes dans le film.
Le film donne l'impression d'une grande liberté laissée aux deux principaux acteurs par le réalisateur. Est-ce que cela a été réellement le cas et autant de liberté ne représente-t-elle pas un risque pour l'histoire du film ?
Je n'ai pas l'impression d'avoir eu sur ce tournage plus de libertés que sur d'autres films. Dans Valley of Love, cette sensation d'improvisation transparaît peut-être plus cette sensation mais cela n'a jamais été le cas. C'est très certainement grâce au talent de Guillaume Nicloux mais aussi grâce un peu au nôtre que le film donne l'impression d'une conversation de tous les jours, de naturalité mais tout le tournage ainsi que la mise en scène étaient très cadrés.
Vous avez déjà tourné plusieurs fois avec le réalisateur allemand Werner Schroeter, aujourd'hui décédé. Avez-vous en tête un autre réalisateur allemand avec lequel vous souhaiteriez tourner ?
Je pense qu'il y a une nouvelle vague dans le cinéma allemand très intéressante à observer et parmi les réalisateurs qui en font partie, j'aimerais beaucoup tourner avec Christoph Hochhäusler, que je trouve très bon.
Pensez-vous venir à la Berlinale cette année ?
Je ne sais pas mais je l'espère bien ! (rires)
Vous a t-on déjà proposé d'être membre du jury, voire présidente du jury de la Berlinale ?
Oui, plusieurs fois mais je n'ai jamais pu répondre positivement puisqu' à chaque, je jouais au théâtre à cette même période.
Propos recueillis par Anaïs Gontier (www.lepetitjournal.com/Berlin) vendredi 18 décembre 2015








































