

Un diplôme c'est bien, deux c'est mieux. Sésame dans le monde du travail, le double diplôme est une denrée rare mais qui se propage progressivement. Entre la France et l'Allemagne, les opportunités sont nombreuses, reste à les saisir.
Avec des taux d'emplois nettement supérieurs aux diplômes simples, le double diplôme permet avant tout de garantir une mobilité qui ouvre des perspectives d'emploi dans deux pays à la fois. C'est aussi l'occasion de garnir son CV de compétences professionnelles dans deux langues, dont l'allemand, langue la plus parlée de l'Union européenne. Donc même si l'on souhaite rester en France, c'est se donner l'opportunité d'accueillir des clients voisins (suisses ou autrichiens aussi). Et surtout, c'est la possibilité d'avoir deux diplômes en autant de temps qu'il faut pour en obtenir un seul.
Des doubles diplômes existent dans de très nombreuses universités ou écoles françaises. Ils existent presque à tous les niveaux secondaires grâce à une harmonisation croissante des cursus universitaires avec le système LMD (Licence, Master, Doctorat). Pour les formations typiquement nationales, comme par exemple le LLM (Master de droit) ou le Staatsexamen allemand, certains arrangements ont pu être trouvés et les singularités tendent à s'effacer. Mais, pour être sûr de trouver le domaine ou niveau recherché, c'est du côté de l'Université franco-allemande, l'UFA, qu'il faut regarder puisque c'est cette institution qui coordonne la plupart des doubles diplômes.
Qu'est-ce que l'Université Franco-Allemande ?
L'UFA, aussi appelée Deutsch-Französische Hochschule (DFH) outre-Rhin, est une organisation qui a pour rôle de renforcer et aider à la coopération des universités des deux pays partenaires. Pour cela, l'UFA-DFH a créé un réseau d'établissements partenaires et liés entre eux par des cursus intégrés au programme déjà proposés dans ces écoles supérieures et aboutissant sur des doubles diplômes.
Financée à part égale entre les ministère de l'Éducation nationale et des Affaires Étrangères et leurs équivalents allemands, l'UFA permet de subventionner une partie de ces programmes binationaux et consacre la majeure partie de son budget à des bourses de mobilité à destination de ses étudiants. Une somme de 270 euros par mois est proposée à tous les étudiants lorsqu'ils effectuent leur séjour dans l'établissement partenaire.

Comment trouver une formation ?
L'UFA-DFH propose 176 cursus binationaux différents répartis dans 180 établissements partenaires, situés dans 106 villes de France et d'Allemagne. Cette université « virtuelle » permet donc de trouver des formations dans des domaines très variés : économie, gestion, ingénierie, statistiques, informatique, droit, architecture, etc...et propose également d'accéder à des diplômes de différents niveaux tels que les licences pro, masters, mais aussi des collèges doctoraux franco-allemands.
Une vingtaine de formations tri-nationales sont aussi proposées avec d'autres pays d'Europe comme la Bulgarie, le Luxembourg, la Pologne ou encore l'Espagne. Cependant notons qu'il est aussi possible de trouver des doubles diplômes qui ne seraient pas rattachés à l'UFA-DFH, et qui sont donc proposés directement par des établissements secondaires français et allemands.
Et si l'on souhaite étudier dans la capitale allemande, l'UFA-DFH propose 17 formations, principalement des masters, dont une partie se déroule au sein d'universités berlinoises et l'autre au sein d'établissements français partenaires basés à Rennes, Toulouse et Paris, dont des Grandes Écoles, Centrale, HEC ou l'ENA.

La valeur ajoutée des cursus bi et tri-nationaux
Outre les arguments déjà cités en début d'article ainsi que les différents témoignages d'anciens élèves que l'on peut trouver sur le site internet, certains arguments sont à mettre dans la balance. Engagés dans divers projets de coopération en matière d'éducation bilingue dans le cadre l'Agenda 2020, la France et l'Allemagne veulent encourager les formations binationales. Les marchés des deux pays tendraient ainsi à s'intégrer et à présenter des opportunités florissantes. Cependant si les double diplômes se multiplient, ils perdront de leur rareté, donc de leur valeur, mais cela ne va pas arriver de sitôt.
Malgré un accès difficile pour certaines formations prestigieuses, on ne pourrait qu'encourager ceux qui en ont la possibilité à s'engager sur la voie d'un double diplôme. Reste donc à promouvoir également l'éducation primaire et secondaire bilingue, ce qui ne semble malheureusement pas être la priorité du ministère français de l'éducation nationale.
C.L.K. (www.lepetitjournal.com/Berlin) jeudi 23 avril 2015
Savoir plus :
L'université franco-allemande :
Voltaire Online :
http://www.voltaireonline.eu/education_systemes/cursusdiscipline%20_fr.php
Les doubles diplômes de Science po :
http://www.sciencespo.fr/admissions/fr/content/double-diplome-freie-universitaet-berlin














































