Lors de la conférence Europe 2026 à Berlin, Jean‑Noël Barrot, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de France, et Johann Wadephul, Ministre fédéral allemand des Affaires étrangères, ont défendu l’idée d’une Europe “troisième superpuissance” entre États‑Unis et Chine, capable d’éviter d’être entraînée dans les guerres d’autrui, de sécuriser ses approvisionnements énergétiques et de porter une voie diplomatique propre sur l’Iran, l’Ukraine et l’élargissement de l’UE.


À Berlin, Jean‑Noël Barrot a décrit la rivalité États‑Unis – Chine comme “le principal défi géopolitique de notre temps”, course à la domination technologique, aux chaînes de valeur et à la suprématie militaire. Face au risque d’être entraînée dans des conflits “qui ne sont pas les nôtres”, il a appelé à faire de l’Union européenne une “troisième superpuissance”, forte, indépendante et attractive, rappelant que neuf pays sont officiellement candidats et allant jusqu’à évoquer, sur un ton prospectif, une future adhésion du Canada, voire le retour du Royaume‑Uni ou du Groenland dans le refuge européen.
Pour Barrot, cette Europe‑puissance repose d’abord sur “l’alliance indéfectible” franco‑allemande, héritée de Schuman et Adenauer, prolongée par l’agenda commun adopté l’été dernier et par des projets comme la dissuasion nucléaire avancée, l’union des marchés de capitaux ou la souveraineté numérique. Il insiste également sur l’unité européenne qui naît souvent de l’action, comme l’ont montré la gestion du Covid‑19 et la réponse à la guerre en Ukraine, même avec la règle de l’unanimité.
Interrogés sur la guerre entre les États‑Unis et l’Iran, les deux responsables ont rejeté l’idée d’une Europe spectatrice. Barrot souligne le déploiement de capacités militaires européennes pour protéger alliés et partenaires, tout en refusant que le continent soit entraîné dans des “guerres de l’énergie”. La transition vers les renouvelables doit, selon lui, mettre fin aux dépendances fossiles qui nourrissent les crises. Wadephul, lui, insiste sur le rôle de médiateur de l’UE, appelée à préparer “le jour d’après” en Iran et à bâtir une nouvelle architecture de sécurité régionale.
Les deux hommes ont enfin rappelé que la priorité reste l’Ukraine. L’Europe, disent‑ils, est le principal soutien financier et militaire de Kiev, prépare un 20e paquet de sanctions contre Moscou et doit offrir à l’Ukraine, comme aux Balkans occidentaux, une perspective d’adhésion “en quelques années” plutôt qu’en décennies. L’objectif affiché est clair : faire de l’élargissement et des réformes institutionnelles telles que le vote à la majorité en politique étrangère et le renforcement de la souveraineté économique et énergétique, le moteur d’une Europe réellement capable de peser, par ses propres moyens, sur l’ordre international.
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