Édition internationale

Automobile : à Berlin, les salariés se mobilisent pour défendre l'avenir de la filière

Sifflets et pancartes étaient de sortie lundi 21 septembre à Marienfelde et Moabit, où plus de 1 500 salariés de l'automobile ont manifesté contre les suppressions d'emplois, selon IG Metall. Une goutte d'eau face aux quelque 175 000 participants annoncés par le syndicat dans toute l'Allemagne.

Photo du siège Mercedes Benz à BerlinPhoto du siège Mercedes Benz à Berlin
© Angelo Cornejo - Unsplash
Écrit par Sandrine Ibanez
Publié le 22 septembre 2026

Les rendez-vous berlinois s'inscrivaient dans une journée d'action nationale lancée par le syndicat de la métallurgie, avec environ 280 rassemblements dans le pays. Le mot d'ordre : Zukunft statt Kahlschlag, l'avenir plutôt que des coupes claires.

À Marienfelde, devant le portail 1 de l'usine Mercedes-Benz, Constantin Borchelt, premier représentant d'IG Metall Berlin, et Yasmin Fahimi, pour la confédération DGB, ont pris la parole. À Moabit, ce sont les acteurs du développement automobile qui défilent : IAV, CARIAD, la filiale logicielle de Volkswagen, et MBition. 

« Wer von den Beschäftigten immer neue Opfer verlangt, hat keinen Zukunftsplan! » – « Qui exige sans cesse de nouveaux sacrifices des salariés n'a pas de plan d'avenir », affirme Constantin Borchelt.
 

Une filière automobile sous pression

Berlin et le Brandebourg comptent environ 200 entreprises du secteur et quelque 30 000 salariés. Le gros des effectifs se concentre sur trois sites : Tesla à Grünheide, BMW à Spandau (où l'on fabrique des motos) et Mercedes-Benz à Marienfelde. Ce dernier n'en est pas à sa première alerte. Cet été déjà, plus de 400 salariés de Marienfelde et Ludwigsfelde protestaient devant l'usine contre un passage aux 40 heures non payées.

À l'échelle nationale, les chiffres sont édifiants. Fin juin 2026, l'industrie automobile allemande employait 691 500 personnes. Soit 42 300 de moins en un an. C'est le niveau le plus bas enregistré depuis 2005. Les équipementiers et autres fabricants de pièces sont particulièrement touchés.

Pour IG Metall, la crise est en grande partie « hausgemacht », faite maison : les constructeurs ont proposé trop tard des modèles abordables et ont pris du retard dans le numérique et les batteries. Le syndicat réclame des investissements dans les sites allemands plutôt que des suppressions de postes.

Le patronat voit les choses autrement. Pour Hildegard Müller, présidente de la VDA, produire en Allemagne n'a rien d'une évidence. Elle pointe le coût du travail : près de 65 euros de l'heure dans l'automobile allemande, contre 24 en République tchèque et 18 en Pologne.
 

Prochaine étape : les négociations salariales

La journée tombait à la veille de la réunion des commissions tarifaires d'IG Metall, chargées de définir les revendications pour la métallurgie, un secteur qui compte plus de 3,7 millions de salariés. Les négociations avec le patronat s'ouvriront le 7 octobre.

Une démonstration de force à l'orée de la prochaine bataille salariale.





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