Édition internationale

Pourquoi l’Espagne est devenue le marché préféré des investisseurs hôteliers

Soutenue par une demande touristique robuste et des rendements stables, l’Espagne s’est hissée en tête des destinations privilégiées par les investisseurs hôteliers européens. En 2025, plus de 4,2 milliards d’euros ont été investis dans le secteur, confirmant une dynamique appelée à se prolonger en 2026. Analyse.

Vue de la piscine de l'hotel La Residencia entourée par la nature à ValldemossaVue de la piscine de l'hotel La Residencia entourée par la nature à Valldemossa
@La Residencia, A Belmond Hotel
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 29 janvier 2026

L’hôtellerie espagnole a clairement le vent en poupe. D’après une enquête menée par Savills auprès d’investisseurs européens gérant plus de 1.000 milliards d’euros d’actifs immobiliers, 73 % d’entre eux se déclarent en position acheteuse à l’horizon 2026, avec l’intention d’accroître leur exposition au secteur hôtelier. Un signal fort, qui dit autant l’optimisme des acteurs que la perception d’un marché désormais installé dans le paysage de l’investissement européen.

 

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Le sud de l’Europe, nouveau centre de gravité du capital hôtelier

Sur le plan géographique, le sud de l’Europe capte l’essentiel des flux, l’Espagne occupant la première place, devant l’Italie et le Portugal. Une hiérarchie qui s’explique par un faisceau de facteurs : multiplicité des sources de demande, saisonnalité favorable et croissance contenue de l’offre hôtelière, tout cela contribuant à préserver les équilibres économiques du secteur.

Dans ce contexte, la question de la rentabilité s’impose davantage dans les décisions d’allocation. À l’approche de 2026, les investisseurs privilégient les actifs offrant visibilité des performances et récurrence des revenus, dans un environnement où la prudence stratégique tend à l’emporter sur les paris spéculatifs.

 

L’hôtellerie, premier terrain d’investissement immobilier en Espagne

Cette confiance s’est déjà traduite très concrètement dans les chiffres. En 2025, l’hôtellerie a concentré le plus gros volume d’investissements immobiliers en Espagne, avec plus de 4,2 milliards d’euros engagés, soit une progression de 26 % en un an. 

Le mouvement est porté en grande partie par le capital domestique, mais aussi par des chaînes hôtelières qui intègrent directement de nouveaux actifs à leurs portefeuilles. Une stratégie de consolidation qui traduit une volonté claire : monter en gamme et garder la main sur la création de valeur.

Ces chiffres font écho aux données de Colliers, qui estime à 4,275 milliards d’euros le montant investi dans l’hôtellerie espagnole en 2025, à travers 194 transactions. Celles-ci couvrent aussi bien des hôtels en exploitation que des reconversions d’immeubles ou des terrains destinés à de nouveaux projets. Un niveau d’activité élevé, proche des sommets historiques, seulement dépassé par le pic enregistré en 2018.

 

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Haut de gamme et “value-add” : les choix privilégiés des investisseurs

Quelles typologies d’actifs séduisent le plus ? Sans grande surprise, ceux positionnés sur le haut de gamme concentrent l’essentiel des appétits. Les hôtels luxury et upper upscale dominent, aux côtés des établissements orientés loisirs et des resorts, particulièrement prisés dans un pays où le tourisme continue de structurer l’économie.

La stratégie dite value-add reste centrale dans les arbitrages. Elle repose sur l’acquisition d’actifs à transformer, via des rénovations, des repositionnements ou une optimisation de l’exploitation. Mais l’époque des paris larges semble révolue ; la sélection s’affine, et la qualité intrinsèque des actifs comme la capacité d’exécution des opérateurs deviennent déterminantes.

Sur le plan des rendements, les attentes restent mesurées. Les investisseurs interrogés par Savills tablent majoritairement sur des performances annuelles comprises entre 6 % et 8 %, avec l’objectif d’atteindre une rentabilité interne supérieure à 15 % lors de la sortie. Dans ce cadre, les stratégies de détention longue gagnent du terrain, misant sur la stabilité des revenus récurrents plutôt que sur des arbitrages rapides.

 

Vers une recomposition durable du paysage hôtelier en 2026

Pour 2026, les perspectives restent favorables. Le secteur hôtelier espagnol devrait continuer de s’appuyer sur une demande touristique soutenue et une progression contenue de l’offre, tout en voyant s’élargir la palette des investisseurs à l’œuvre : groupes hôteliers, family offices nationaux, investisseurs institutionnels, fonds souverains ou encore véhicules tournés vers l’épargne des particuliers.

Autant d’indicateurs qui dessinent une place désormais centrale de l’Espagne dans le paysage de l’investissement hôtelier européen. Moins un phénomène conjoncturel qu’une recomposition structurelle, où le marché espagnol s’impose comme un point de passage stratégique pour les acteurs à la recherche de rendement, mais aussi de visibilité à moyen et long terme.

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