À seulement 22 ans, Adam Hruska est l'un des quatre visages de l'IA Summit Barcelona. Avec ses cofondateurs Tanguy Wincker, Guillaume Rostand et Jérémie Benhamou, il s'attache à faire de Barcelone un carrefour technologique majeur, avec 10 000 participants attendus au World Trade Center en septembre prochain. Il revient sur la genèse d'une aventure collective qui entend bousculer les codes du secteur.


Le parcours d’Adam est celui d’un profil international qui a trouvé à seulement 22 ans son terrain d'expression. Après avoir vécu dans plusieurs capitales européennes, c’est à Barcelone qu’il a choisi de transformer ses études à l’ESADE en une aventure entrepreneuriale concrète.
Adam, votre parcours est très international. Comment vous-êtes vous retrouvé à cofonder ce sommet à Barcelone ?
Je suis tchèque d’origine, né à Prague, mais j'ai vécu à Paris, Stockholm, Milan et Copenhague. Après ce parcours très international, je suis arrivé à Barcelone il y a un peu moins de cinq ans pour mes études. C’est là que j’ai rencontré Tanguy, mon associé actuel. Nous avons fait l’ESADE ensemble, mais au bout de deux ans, nous nous sommes rendu compte que le système scolaire n'était pas fait pour nous et qu’il fallait nous lancer dans d’autres projets.
Au début, nous profitions surtout de la vie nocturne, puis nous avons lancé notre boîte, Rusker, spécialisée dans l’organisation de voyages pour les étudiants français à Barcelone. Nous faisions venir des groupes de 50 à 150 personnes pour des week-ends mêlant culture et fête. Nous avons vite compris qu'il fallait évoluer et nous avons lancé les "Learning Expeditions". Ce sont des voyages professionnalisants pour des classes de Master ou de MBA : nous accueillons les étudiants à travers le réseau de la French Tech pour des visites d’entreprises, du networking privé, des cocktails, des rencontres et des workshops avec les acteurs de l’écosystème tech local.
C’est par ce biais que nous nous sommes associés à Guillaume Rostand. De fil en aiguille, nous avons entendu parler du Summit et, en juin dernier, Guillaume nous a appelés pour nous dire : "Les gars, on a besoin de vous sur le Summit, on ne va pas y arriver tout seuls."
Quelle a été votre stratégie pour faire passer l'IA Summit à la vitesse supérieure ?
Avec Tanguy, nous avons mobilisé toutes nos ressources et engagé nos équipes de stagiaires de l'époque sur l’événement. Nous avons tout donné pour faire grossir le projet et "gonfler la bulle", bien au-delà des prévisions initiales. Là où les autres imaginaient accueillir 300 ou 400 personnes, nous avons visé les 1.000 participants, et nous avons réussi.
Cette année, l'ambition est de monter à 10.000 personnes.
Personnellement, j'y consacre désormais 95 % de mon temps. Nous nous mobilisons à fond, tout en continuant Rusker en parallèle, pour que Barcelone devienne réellement la capitale de l’IA. Nous voulons un événement qui fasse rayonner la ville grâce aux investissements massifs dans ce secteur et aux nombreuses entreprises qui s'y installent. L'idée est de rassembler l'écosystème local, dont les 200.000 Français de Barcelone, autour de thématiques variées, tout en créant un événement expérientiel : des rooftops avec vue sur mer et même des bateaux, c'est un petit "leak". Nous voulons que tout le monde vive une expérience mémorable, qui place Barcelone sur l'échiquier international de l’IA.
Pouvez-vous nous présenter les membres de l'équipe de choc derrière ce projet ?
Il y a Tanguy, mon associé que je connais depuis quatre ans et demi. Nous travaillons ensemble quotidiennement dans nos bureaux situés juste en dessous de la French Tech ; nous sommes totalement dans l'opérationnel et nous nous entendons à merveille.
Guillaume, je le connais depuis un an et demi. C’est une rencontre majeure, le genre de rencontre qui change tout un parcours. Quand nous l'avons connu avec Tanguy, nous n'étions "personne", nous partions de rien. Il a vu notre potentiel et nous a aidés en nous ouvrant son réseau et son expérience, ce qui nous a permis de monter très vite.
Enfin, il y a le fameux Jérémie, que nous avons rencontré dans la foulée. C’est le plus fou d'entre nous, celui qui apporte le côté créatif et les idées audacieuses. Nous nous complétons parfaitement car nous sommes opposés : j’apporte la structure là où il en manque, et il propose des concepts là où je n'en ai pas. C’est cette magie d'équipe qui fait que, même si nous nous bagarrons parfois un peu, nous avançons pour créer un bel événement.
Pour 2026, quelle est l'image ou l'ambition qui vous tient le plus à cœur ?
Je pense à Sam Altman ou Wang : je veux des speakers de ce calibre. En tant que responsable de la programmation, je veux que cet événement soit mondial. Parmi les intervenants déjà confirmés, quasiment la moitié vient de la Silicon Valley et des États-Unis. Ce sont des profils d'envergure qui participent aux grands salons de San Francisco, Paris ou Londres. Nous voulons les amener à Barcelone pour leur montrer le dynamisme de la ville, mais aussi prouver aux Barcelonais que nous sommes capables d'attirer des leaders mondiaux. C’est grâce à ces noms, qui ne viennent jamais ici d'habitude, que les gens se diront : "Je dois aller à ce Summit".
Nous voulons rassembler tous les grands décideurs de l'IA pour qu'il se passe enfin quelque chose de concret, loin des petites conversations habituelles des salons.
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