Google, NVIDIA, Microsoft, Anthropic, plus de 200 intervenants et une ambition : attirer jusqu’à 10.000 personnes. Les 22 et 23 septembre, l’AI Summit Barcelona passe à la vitesse supérieure. Pour sa deuxième édition seulement, le rendez-vous veut surtout réussir un pari plus large : faire de Barcelone une place qui compte dans la bataille européenne de l’intelligence artificielle.


Pendant une semaine, l’IA va déborder du cadre des conférences. Du 16 au 23 septembre, ateliers, démonstrations, rencontres entre investisseurs, hackathon, dîners et dizaines d’événements satellites vont essaimer dans Barcelone. Une sorte de campus à ciel ouvert, avec la ville pour couloirs.
Le cœur du réacteur se trouvera les 22 et 23 septembre au World Trade Center, face au port. L’AI Summit Barcelona y annonce plus de 200 intervenants et vise jusqu’à 10.000 participants. Spectaculaire pour un événement qui souffle à peine sa deuxième bougie.
Un an plus tôt, Guillaume Rostand, cofondateur du Summit, raconte une première édition montée en trois mois, sans gros budget ni « business plan très sophistiqué ». Le pari s’est terminé à guichets fermés : 1.200 participants, 88 intervenants et quatre scènes.
« À ce moment-là, on a compris qu’on n’avait pas juste organisé un événement sympa. On avait touché quelque chose », confie-t-il. Douze mois plus tard, Rostand et ses associés veulent transformer l’essai en changement d’échelle : passer de 1.200 à 10.000 participants, dépasser les 200 intervenants et, surtout, faire du Summit le cœur d’une semaine entière consacrée à l’intelligence artificielle.
Le pari dépasse largement les murs du World Trade Center. « L’ambition, c’est que pendant une semaine, Barcelone devienne l’un des centres de gravité européens de l’intelligence artificielle », résume Guillaume Rostand. Faire grandir un sommet, donc, mais surtout profiter de l’explosion de l’IA pour pousser Barcelone dans une nouvelle catégorie.

Moins prédire 2035, montrer ce qui fonctionne en 2026
Pas besoin d’un énième panel pour apprendre que l’intelligence artificielle va « changer le monde ». L’AI Summit Barcelona préfère partir de l’étape suivante : qu’est-ce qu’on en fait, concrètement ? Le slogan donne le ton : « Beyond Theory. AI in Action. » Démonstrations, ateliers, retours d’expérience… L’idée est de montrer une IA déjà au travail, dans les entreprises comme dans les laboratoires.
« Ce qui est sur scène doit être utile le lundi matin au bureau », résume Guillaume Rostand, avec une petite allergie aux grandes messes prospectives :
On ne veut pas de panels trop abstraits, où tout le monde est d’accord pour dire que “l’IA est une révolution”. Merci, on avait remarqué.
Au programme : agents autonomes, IA générative et multimodale, cybersécurité, retour sur investissement, commerce, finance, santé, secteur public, éducation, création ou deep tech. Six espaces structureront le Summit : AI for Today, pour les usages déjà déployés ; AI for Tomorrow, côté recherche ; AI for Growth, pour les start-up et investisseurs ; AI for Good, autour de l’IA responsable ; AI for Builders, plus technique ; et une scène principale.
Le casting suit : Google Cloud, NVIDIA, Microsoft, AWS, Anthropic, Hugging Face, SAP, Databricks, ElevenLabs ou HP figurent parmi les entreprises associées ou représentées. Le sommet s’ouvrira également sur les annonces du plan catalan pour l’IA à l’horizon 2030, présentées par Albert Tort et Maria Galindo. Chema Alonso, responsable du développement international chez Cloudflare, doit ouvrir le volet des interventions du sommet ; Jaroslav Beck, créateur de Beat Saber, présentera sa nouvelle entreprise BottleCap AI. Yves Ubelmann, fondateur d’Iconem, parlera d’IA et de préservation du patrimoine, Daniel Traca, directeur général d’ESADE, d’éducation, et Neel Arora, responsable mondial de l’e-commerce chez Nestlé, de commerce. Sixte de Vauplane, fondateur d’Animaj, montrera ce que l’IA change déjà dans l’animation.
Des univers différents, une même consigne : moins prédire 2035 que montrer ce qui fonctionne en 2026.
Barcelone, de ville où vivre à ville où construire
Longtemps vendue pour son soleil, sa mer et sa qualité de vie, Barcelone veut désormais être regardée pour ce qu’elle construit. Et elle a quelques arguments : un écosystème de start-up très internationalisé, des universités reconnues, des groupes technologiques étrangers et le Barcelona Supercomputing Center, l’une des grandes infrastructures européennes de calcul intensif. Guillaume Rostand le martèle :
Barcelone est une ville qui a longtemps été perçue comme agréable pour vivre. Elle est en train d’être reconnue comme sérieuse pour construire.
Paris a VivaTech, Lisbonne le Web Summit. Barcelone possède déjà le Mobile World Congress, mastodonte mondial des télécoms et de la tech, mais pas encore de grand rendez-vous identifié à l’intelligence artificielle. C’est la place que l’AI Summit convoite, avec cette année le soutien officiel de la Generalitat de Catalogne. « L’ambition, c’est que pendant une semaine, Barcelone devienne l’un des centres de gravité européens de l’intelligence artificielle », assume Rostand.
Adam Hruska, cofondateur et responsable de la programmation, pousse le curseur plus loin : « Je veux que Barcelone attire les leaders mondiaux de l’IA. » Une part importante des intervenants invités cette année vient, selon lui, des États-Unis, notamment de la Silicon Valley. Une affaire de prestige, mais surtout de talents, d’investissements et de connexions.
Une semaine pour transformer Barcelone en campus de l’IA
Le Summit ne veut justement plus tenir entre les murs du World Trade Center. Il devient le cœur de l’AI Week Barcelona, organisée du 16 au 23 septembre, avec plus de 50 événements partenaires disséminés dans la ville. Démonstrations, rencontres professionnelles, workshops, dîners, meetups ou soirées... Le calendrier communautaire déborde même du cadre officiel, avec des rendez-vous du 14 au 29 septembre. L’objectif : effacer progressivement la frontière entre la conférence et la ville qui l’accueille.
Dès les 19 et 20 septembre, Norrsken House accueillera le HackBarna AI Summit, deux jours pendant lesquels développeurs, designers, entrepreneurs et créateurs devront transformer une idée en démonstrateur fonctionnel, du no-code au développement traditionnel en passant par le vibe coding et les outils assistés par IA.
Le 22 septembre, un autre rendez-vous mettra les start-up d’intelligence artificielle du sud de l’Europe face à des investisseurs européens, avec l’ambition revendiquée de générer de véritables rencontres d’affaires plutôt qu’un énième concours de pitch. Un dîner réunira également une quarantaine de Chief AI Officers français et espagnols.
« Il fallait être à Barcelone cette semaine-là »
Cette dispersion dans la ville correspond à l’ADN revendiqué par les cofondateurs — Guillaume Rostand, Tanguy Wincker et Adam Hruska —, davantage issus de la tech, de l’entrepreneuriat et des communautés que de l’événementiel traditionnel.
« On ne veut pas faire un salon tech de plus », insiste Rostand, qui imagine plutôt « une sorte de SXSW européen de l’IA », à la croisée du business, de la recherche, de la création et de la fête. Tanguy Wincker parle, lui, de « Barcelona vibe » : soleil, mer, rooftops, vie nocturne et écosystème créatif font partie de l’expérience autant que du décor. Le sommet doit d’ailleurs se conclure le 23 septembre avec Salvador Illa, président de la Generalitat de Catalogne, avant une soirée de clôture plus informelle.
Le changement d’échelle reste vertigineux. Après 1.200 participants en 2025, l’AI Summit vise jusqu’à 10.000 visiteurs pour sa deuxième édition. L’événement demeure très jeune face aux mastodontes européens de la tech, et la fréquentation réelle dira jusqu’où il est parvenu à transformer l’essai.
Mais le pari dépasse déjà la billetterie. Barcelone possède le Mobile World Congress, un puissant écosystème entrepreneurial et une capacité éprouvée à attirer les talents internationaux. L’explosion de l’IA lui offre désormais une occasion de convertir cette attractivité en influence.
« Nous voulons rassembler tous les grands décideurs de l’IA pour qu’il se passe enfin quelque chose de concret », résume Adam Hruska. Guillaume Rostand fixe, lui, un autre thermomètre du succès : « Si on réussit, les gens ne diront pas seulement : “J’ai assisté à des conférences intéressantes.” Ils diront : “Il fallait être à Barcelone cette semaine-là.” »
Du 16 au 23 septembre, c’est finalement ce que le Summit tentera de démontrer : qu’en matière d’IA aussi, Barcelone peut devenir une ville où il faut être.
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