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Venu en vacances en Thaïlande, il risque l’extradition vers l’enfer

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 09/12/2018 à 17:35 | Mis à jour le 10/12/2018 à 09:23
Photo : https://twitter.com/BaqerDarwish - Hakeem Alaraibi a été arrêté le 27 novembre par les services d'immigration thaïlandais alors qu'il venait d'arriver à Bangkok pour des vacances avec son épouse
Hakeem-Alaraibi

La justice thaïlandaise doit statuer mardi sur la demande de Bahreïn d'extrader un ancien footballeur, alors que la FIFA et l’Australie demandent sa libération invoquant le statut de réfugié politique

Un tribunal thaïlandais doit se prononcer mardi matin sur la demande de Bahreïn d'extrader un ancien footballeur de son équipe nationale, a annoncé vendredi un responsable de l'immigration, alors que la FIFA et l’Australie réclament sa libération en Australie où il aurait le statut de réfugié.

Hakeem Alaraibi avait été arrêté le 27 novembre par les services d'immigration thaïlandais alors qu'il venait d'arriver à Bangkok pour des vacances avec son épouse. 

Aujourd’hui footballeur semi-professionnel dans un club de Melbourne, après avoir été membre de la sélection nationale de Bahreïn, Hakeem Alaraibi a obtenu le statut de réfugié politique en Australie en 2017.

Le Bahreïni, aujourd’hui âgé de 25 ans, avait été condamné par contumace par la justice de Bahrein sous l'accusation d'avoir endommagé un poste de police en 2012. Mais il déclare qu'il se trouvait à l'étranger pour jouer un match au moment où le délit présumé a été commis.

Il affirme avoir été arrêté et battu au début des manifestations qui ont eu lieu à Bahrein en 2012 dans le cadre du "Printemps arabe". 

"Bonnes relations" avec Bahreïn

Vendredi, le bureau du procureur général a soumis à la cour pénale une affaire d'extradition au nom de Bahreïn, l'État du Golfe ayant émis un mandat d'arrêt à l’encontre d’Alaraibi.

Le colonel Thatchapong Sarawan-Ankura, chef du centre de détention de l’Immigration - où est détenu Hakeem Alaraibi - a déclaré que le tribunal avait alors "lancé un mandat d'arrêt à l'encontre de M. Hakeem".

"Il sera présenté au tribunal mardi matin" pour plaider sa cause, a déclaré Thatchapong, ajoutant que la demande d'extradition "dépendra de la cour".

Une avocate représentant Alaraibi a confirmé l’approbation de l’arrestation et a précisé qu’au tribunal "ils lui demanderont s’il refuse ou accepte de retourner à Bahreïn". "Il n'a rien fait de mal en Thaïlande ... il n'y a donc aucune raison (de détention)", a déclaré Nadthasiri Bergman à l'AFP, qualifiant cette histoire "d’affaire politique".

Alaraibi a déclaré à l'AFP qu'il craignait d'être envoyé à Bahrein. "Je me sens très nerveux maintenant. Vous pouvez regarder les nouvelles de Bahrein, il n'y a pas de droits de l'Homme là-bas".

Un peu plus tôt dans la journée, le chef de l'immigration de la Thaïlande, Surachate Hakparn, avait déclaré aux journalistes qu'Alaraibi avait été arrêté à Bangkok à la "demande de Bahreïn", les deux pays entretenant de "bonnes relations". Il a déclaré que le footballeur pouvait toujours faire appel en cas de verdict défavorable.

Australie et FIFA "préoccupées"

Le gouvernement australien a réclamé dimanche le retour du footballeur, détenu par la Thaïlande alors qu’il venait simplement y passer des vacances et malgré son statut de réfugié politique en Australie.

"L'Australie est préoccupée par le maintien en détention de M. Hakeem Ali Alaraibi et appelle à son retour immédiat en Australie", a déclaré dans un communiqué la ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne.

"L'Australie a fait et continuera à faire des démarches diplomatiques à un haut niveau pour obtenir le retour de M. Alaraibi", a ajouté Mme Payne. Elle a indiqué qu'elle s'était entretenue de cette affaire avec son homologue thaïlandais Don Pramudwinai.

 

 

La Fédération Internationale de football (FIFA) exige aussi sa remise en liberté et a demandé jeudi aux autorités thaïlandaises de lui "permettre de rentrer en Australie (...) le plus tôt possible".

Des organisations de défense des droits de l'homme sont aussi intervenues en sa faveur. 

Extrader Alaraibi vers Bahreïn reviendrait à "violer le droit international et à franchir une ligne rouge", a déclaré Sayed Ahmed Alwadaei de l'Institut bahreïni pour les droits et la démocratie, basé à Londres.

Le seul crime d'Alaraibi "a été de dire la vérité sur la torture impitoyable de son gouvernement", a-t-il déclaré, ajoutant que "le monde ne devrait pas sous-estimer ce que les États du Golfe seront prêts à faire pour réprimer la dissidence".

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