Entre des échanges de tirs à la frontière, des tensions diplomatiques à l’ONU et une explosion accidentelle qui aurait pu aggraver la situation, les deux pays voisins traversent une période très tendue.


Le calme fragile observé depuis décembre dernier a été interrompu ce mardi 24 février 2026. Selon l’armée thaïlandaise, des soldats cambodgiens ont tiré avec un lance-grenades de 40 mm sur une patrouille dans le district de Kantharalak. L’armée thaïlandaise a répondu par des tirs d’armes légères et des tirs d’avertissement, qu’elle décrit comme une réaction « proportionnée et défensive ». Même s’il n’y a eu aucun blessé, cet incident ravive un conflit frontalier vieux de plus d’un siècle, hérité du tracé des frontières à l’époque coloniale française. À Bangkok, l’armée pense que ces tirs pourraient être dus à un manque d’expérience ou de discipline de nouvelles recrues cambodgiennes mais elle reste en alerte.
Tensions diplomatiques à Genève
En parallèle, la tension s’est aussi déplacée sur le terrain diplomatique. À Genève, lors de la 61ème session du Conseil des droits de l’homme, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères a répondu aux accusations du Premier ministre cambodgien Hun Manet, qui accuse la Thaïlande d’occuper un territoire. Le ministre thaïlandais a qualifié ces accusations de « récits déformés » qui nuisent à la paix dans la région.
Une explosion accidentelle qui aurait pu aggraver la crise
Dans ce climat déjà très tendu, une forte explosion s’est produite mardi 24 février au soir à 21h20 dans l’armurerie de la police aux frontières, dans la province de Surin. Des munitions et des roquettes RPG ont explosé, obligeant les autorités à évacuer immédiatement les habitations voisines. Le gouverneur de la province, Charoen Waenphet, a rapidement précisé qu’il ne s’agissait pas d’une attaque. Selon les premières explications, l’explosion serait due à des causes internes : une chaleur très élevée combinée à une mauvaise ventilation aurait provoqué l’auto-inflammation de munitions instables. Même si l’incident est accidentel, il montre à quel point la zone frontalière est sensible. Dans un contexte aussi tendu, le moindre incident technique peut être interprété comme une attaque.
Le bouddhisme comme dernier espoir pour la paix
Alors que les discussions officielles entre les deux pays avancent difficilement, des membres de la société civile et des responsables religieux cherchent une autre solution. Un forum organisé par l’Institut BodhiGaya Vijjalaya 980 à Bangkok a réuni des intellectuels et des responsables bouddhistes pour proposer une « voie de réconciliation ».

L’idée repose sur l’héritage culturel commun de la région de Suvarnabhumi. Selon les participants, les principes du bouddhisme comme la parole juste et la compréhension mutuelle pourraient aider à calmer les discours nationalistes. En développant les échanges entre monastères et en organisant des événements religieux communs, ils espèrent créer un espace de dialogue neutre, capable de résister aux tensions politiques et de rapprocher les populations des deux pays, au-delà des frontières contestées.










