Vendredi 23 avril 2021

Trois ministres thaïlandais écroués pour des manifs pro-coup d’Etat

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 25/02/2021 à 00:07 | Mis à jour le 25/02/2021 à 09:25
Photo : REUTERS / Soe Zeya Tun / archives - Le ministre thaïlandais de l'Éducation, Nataphol Teepsuwan, ici devant son ministère le 5 septembre 2020, a été condamné à de la prison, mercredi, avec deux autres ministres
Nataphol-Teepsuwan-Ministre-Education-Thailande

La cour pénale de Bangkok a condamné mercredi 14 figures politiques, dont trois ministres, à de la prison pour leur implication dans des manifestations qui avaient abouti au coup d'État militaire de 2014.

39 personnes dont plusieurs personnalités politiques conservatrices étaient jugées mercredi à la cour pénale de Bangkok pour des faits ayant eu lieu au cours des sept mois de manifestations contre le gouvernement de Yingluck Shinawatra entre le 31 octobre 2013 et le 22 mai 2014 (lire notre chronologie de la crise politique thailandaise de 2006 a 2014).

La cour a déclaré coupables 26 des prévenus pour des actes tels que l'obstruction d’élections ou encore la violation de sites gouvernementaux, a indiqué l’un des avocats du groupe.

Quatorze ont été condamnés à des peines de prison, parmi lesquels l’actuel ministre du Numérique, Puttipong Punnakanta (7 ans), le ministre de l'Éducation, Nataphol Teepsuwan (7 ans), et le vice-ministre des Transports Thaworn Senneam (5 ans). En vertu de la Constitution du royaume, ils sont automatiquement démis de leurs fonctions.

Six des quatorze condamnés ont été libérés sous caution, mais les huit autres, dont les trois ministres, ont été placés en détention à la maison d'arrêt de Bangkok en attendant qu'une autre demande de libération sous caution soit examinée par la cour d'appel. 

Un porte-parole du gouvernement a refusé de réagir sur l’emprisonnement des ministres.

Le ministre de l’Education, Nataphol Teepsuwan, n’était pas en odeur de sainteté ces derniers temps au sein de son parti, le Palang Pracharath, en raison de la candidature de son épouse, Taya Teepsuwan, aux élections de Bangkok face à un candidat du même parti. Taya Teepsuwan faisait partie des accusés mercredi et a écopé d’une peine d’un an et 8 mois de prison.

Ces ministres font partie du cabinet du Premier ministre Prayuth Chan-O-Cha, ancien chef de la junte militaire qui avait mené le coup d'État contre le gouvernement de Yingluck Shinawatra en 2014, une intervention que l'armée avait entre autre justifiée par le risque sécuritaire alors que les manifestations anti et pro-gouvernement s'intensifiaient.

"Ils ont plaidé non coupables de toutes les accusations et feront appel", a déclaré Sawat Charoenpon, un avocat représentant le Comité populaire de réforme démocratique (PDRC), le groupe ayant mené les manifestations antigouvernementales sous la houlette de l’ancien vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban.

Le chef du PDRC a pour sa part été condamné à cinq ans de prison.

Parmi les personnes reconnues coupables, 12 ont reçu des peines avec sursis.

"Nous, les dirigeants du PDRC, avons été condamnés à plusieurs années de prison, mais nos idéaux qui consistent à servir la nation, la religion et le roi, demeurent intacts", a posté sur Facebook Suthep Thaugsuban après le verdict.

Les manifestations du PDRC en 2013 et 2014 ont joué un rôle central dans l'union des forces royalistes et nationalistes contre un gouvernement qui, selon eux, était piloté à distance par le milliardaire Thaksin Shinawatra, ancien Premier ministre déchu ayant fui le pays pour échapper à une condamnation pour conflit d'intérêts. La cheffe du gouvernement de l’époque n’était autre que la sœur de ce dernier, Yingluck Shinawatra. 

Les deux Shinawatra, tout comme Samak Sundaravej qui s'était présenté au nom de Thaksin en 2007, ont à chaque fois remporté les élections avec une très large majorité.

Après cinq années d’un régime militaire ayant notamment permis de réécrire la Constitution et de réajuster les mécanismes parlementaires, Prayuth Chan-O-Cha a réussi à se maintenir au pouvoir en se faisant nommer Premier ministre à l’issue des élections législatives de 2019, que l’opposition dénoncera comme pipées.

L'ancien général a lui-même subi plusieurs mois de manifestations anitgouvernementales l'an dernier menées par un mouvement jeune qui exige sa démission, demande une nouvelle Constitution et des réformes de la monarchie.

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