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Pas de libération sous caution pour le Bahreïni menacé d’extradition

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 06/02/2019 à 05:43 | Mis à jour le 07/02/2019 à 00:00
Photo : WILLIAM WEST / AFP - L’ex capitaine australien Craig Foster (C) et d’autres supporters tiennent une affiche à l’effigie du footballeur Hakeem Alaraibi frappée du hashtag #SaveHakeem après une conférence de presse à Melbourne le 22 décembre
Hakeem-Al-Araibi

Les procureurs thaïlandais s'opposeront à la libération sous caution du footballeur réfugié détenu à Bangkok et susceptible d'être extradé vers Bahreïn, a annoncé mercredi le bureau du procureur général, invoquant le risque qu’il s’enfuie.

Hakeem Ali Al-Araibi, 25 ans, est détenu depuis le 27 novembre en Thaïlande, où il était venu passer sa lune de miel. Condamné par contumace à dix ans de prison par la justice de Bahreïn pour avoir endommagé un poste de police en 2012 lors de manifestations en marge du Printemps arabe, il clame son innocence, affirmant qu’il était en déplacement pour un match au moment des faits. Il a obtenu le statut de réfugié politique en Australie en 2017. 

Cette semaine, un tribunal thaïlandais a prolongé sa détention de 60 jours supplémentaires, au terme desquels il aurait la possibilité de s'opposer à la demande d'extradition de Bahreïn.

Le bureau du procureur général thaïlandais a déclaré aux journalistes mercredi que les demandes d'extradition seraient contestées.

"Quand vous regardez nos statistiques concernant les étrangers dans des procédures judiciaires, ils payent leur caution pour sortir [...] et ensuite ne se présentent pas devant le tribunal", a déclaré Chatchom Akapin, directeur général des affaires internationales du bureau du procureur général, ajoutant que cette politique ne s'appliquait "pas seulement à Hakeem ".

Un porte-parole adjoint du bureau assure que l'affaire n'était pas politique.

La comparution d'Al-Araibi devant le tribunal cette semaine a renforcé l'indignation lorsqu'il a été amené avec des fers aux pieds.

Plusieurs groupes de défense des droits de l’homme ainsi que le gouvernement australien ont appelé à plusieurs reprises au retour d'Al-Araibi. Cette affaire est devenue une cause retentissante dans le monde du football. La FIFA a également exhorté le Premier ministre thaïlandais à intervenir.

La Fédération Australienne de Football (FFA) a annulé le programme d'entraînement de l'équipe nationale masculine des moins de 23 ans et un match amical en Thaïlande avant les éliminatoires du Championnat AFC des moins de 23 ans le mois prochain.

Le Premier ministre australien, Scott Morrison, a déclaré aux journalistes mercredi à Melbourne qu'il avait écrit deux lettres à son homologue thaïlandais, Prayuth Chan-O-Cha, dans lequel il avait souligné "à quel point les Australiens étaient touchés par cette affaire". Les autorités australiennes ont également fait pression sur le gouvernement bahreïnien, a indiqué Morrison.

Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a déclaré cette semaine qu'il "n'avait rien à gagner" dans la détention d'Al-Araibi, mais que la Thaïlande  avait des obligations légales et des engagements vis-à-vis de la communauté internationale. Il a exhorté l'Australie et Bahreïn à trouver une "solution mutuellement acceptable".

Mais Amnesty International estime que les autorités thaïlandaises sont responsables de la détention du footballeur réfugié et tentent maintenant de "se défiler" en demandant à l'Australie et Bahreïn de trouver un compromis diplomatique.

Bahreïn a émis cette semaine un communiqué défendant sa décision de poursuivre Hakeem Al-Araibi, soulignant que ce dernier avait fui avant son procès. Il ajoute que ce dernier avait été libéré sous caution pour lui permettre de participer à un tournoi de football et qu'il a de fait violé les conditions de cette libération malgré la " considération spéciale qui lui était accordée en tant que sportif".

Il a été condamné par contumace en 2014. Bahreïn a déclaré qu'il avait le droit de faire appel, comme l'ont fait d'autres personnes impliquées dans l'affaire.

Selon un porte-parole adjoint du bureau du procureur général cité mercredi par le Bangkok Post, il est fort probable compte tenu des temps de la procédure qu'Hakeem Al-Araibi en ait au moins jusqu'au mois d'août avant d’être fixé sur son sort. En attendant, il reste en prison.

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