Vendredi 27 novembre 2020

Manifs et motion de censure en Thaïlande après la dissolution du FFP

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 25/02/2020 à 01:04 | Mis à jour le 25/02/2020 à 03:31
Photo : REUTERS / Soe Zeya Tun - Des étudiants thaïlandais manifestent contre la dissolution du deuxième plus grand parti d'opposition à l'Université Chulalongkorn, à Bangkok le 24 février 2020
Manif-Thailande-Prayuth

Plusieurs centaines d'étudiants thaïlandais ont encore manifesté lundi contre la dissolution du parti d'opposition Anakot Maï (ou Future Forward Party) alors que le Premier ministre Prayuth Chan-O-Cha et cinq ministres faisaient face au premier jour de d'une motion de censure déposée contre eux au Parlement.

La tension monte en Thaïlande depuis la dissolution vendredi par la Cour constitutionnelle du troisième parti le plus représenté au Parlement, pour avoir accepté un prêt de son fondateur.

Le parti Anakot Maï -de son nom anglais Future Forward Party (FFP)- est le deuxième parti d’opposition derrière le Pheu Thai du clan Shinawatra. Il est aussi le plus virulent critique de l'establishment militaire.

La décision de la haute cour, largement condamnée par les défenseurs de la démocratie ainsi que par une quarantaine d'experts en droit thaïlandais, a déclenché des petites manifestations dans tout le pays tout au long du week-end.

Dans le centre de Bangkok, des étudiants de l'Université Chulalongkorn ont déposé une couronne funéraire portant le message "RIP Democracy" tandis que des centaines de personnes se rassemblaient, et ils ont prononcé des discours condamnant la décision de la cour.

Dans toute la capitale, des centaines d'autres étudiants se sont rassemblés à l'Université Kasetsart et ont scandé "Prayuth dehors" en soutien à la motion de censure.

La motion est susceptible d'échouer, en partie parce que le bannissement de certains députés d’Anakot Maï a fait augmenter la majorité de la coalition de Prayuth Chan-O-Cha.

Mais le débat public constitue l’attaque la plus féroce à laquelle il a eu à faire face depuis qu'il est passé l'an dernier du statut de putschiste militaire à celui de chef de gouvernement élu.

Prayuth, qui s'est emparé des manettes du royaume au moment du coup d'État militaire de 2014, est accusé par les autres partis d'opposition d'avoir accédé au pouvoir par des moyens non démocratiques, d’avoir mis en place une administration inefficace, d’abus de pouvoir, de corruption et de favoriser les puissants dans le but de s'enrichir personnellement. Des accusations dont le journal en langue anglaise Khaosod English donne quelques détails.

"Le Premier ministre Prayuth (...) permet à la corruption de prospérer et utilise le pouvoir de son poste au profit de lui-même et des autres", a déclaré Sompong Amornvivat, le chef du parti Pheu Thai et du bloc d'opposition, lors de l'ouverture du débat sur la censure.

Le Premier ministre a démenti ces allégations lors du débat au Parlement, qui se poursuivra jusqu'à jeudi. Un vote de défiance contre le Premier ministre et cinq autres ministres est prévu vendredi.

Dimanche, l'ancienne porte-parole d’Anakot Maï a accusé la junte militaire de Prayuth d'avoir aidé l'ancien gouvernement malaisien à dissimuler un scandale de corruption de plusieurs milliards de dollars au sein du fonds 1Malaysia Developments Bhd.

Prayuth Chan-O-Cha a rejeté cette accusation et a menacé de poursuivre la porte-parole, Pannika Wanich, qui faisait partie des cadres du parti dissous vendredi qui ont été interdits d’activités politiques pour 10 ans.

"J'ai demandé aux agences concernées d'enquêter", a déclaré Prayuth aux journalistes. "S'il y a quoi que ce soit qui peut faire l’objet de poursuites, ils le feront."
 

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