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A l’heure du Covid-19, la Thaïlande se veut "destination confiance"

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 08/06/2020 à 00:00 | Mis à jour le 08/06/2020 à 04:37
Photo : Reuters
Moine-Coronavirus-Touriste-Thailande

La Thaïlande a décidé de capitaliser sur son très léger bilan de l'épidémie de Covid-19 et de se positionner comme une destination de confiance pour les touristes internationaux une fois les restrictions de voyage levées, a fait savoir l’office du tourisme thaïlandais.

Le royaume, connu pour vouloir jouer sur tous les tableaux, faisant se cotoyer tourisme haut de gamme et tourisme de masse, semble vouloir profiter de ses bons résultats dans la crise du Covid-19 pour renforcer sa réputation et se refaire une image de destination idéale pour les grands groupes du voyage organisé.

"Une fois que la situation du COVID se sera apaisée, nous prévoyons de revisiter l'image du pays pour le présenter comme une destination de confiance où les touristes auront la tranquillité d'esprit", a indiqué Tanes Petsuwan, gouverneur adjoint de la Tourism Authority of Thailand (TAT) pour le marketing et les communications.

La campagne, qui sera lancée cette l'année, visera les jeunes voyageurs aisés provenant d'endroits considérés comme présentant un risque faible [au regard du Covid-19] tels que la Chine, la Corée du Sud et Taïwan, a précisé Tanes Petsuwan évoquant une sorte de «pont touristique» qui pourrait émerger en Asie.

Le gouvernement a déployé un système de certification sanitaire pour les hôtels et restaurants afin de rassurer les voyageurs. "Le certificat est un outil censé permettre d’établir la confiance et de présenter la Thaïlande comme votre destination extraordinaire de confiance ", a déclaré le vice-Gouverneur de la TAT.

À ce jour, la Thaïlande, qui avait été le premier pays en dehors de la Chine à signaler un cas de Covid-19 a signalé un peu plus de 3.100 cas d’infection au nouveau coronavirus et déploré 58 décès - beaucoup moins que les autres grandes économies régionales, à l'exception du Vietnam. 

Le dernier cas de transmission locale enregistré remonte au 25 mai. 

L'industrie du tourisme, qui représente environ 12% de l'économie, s'est effondrée avec la panique mondiale suscitée par l'épidémie. La Thaïlande a accueilli 39,8 millions de touristes étrangers l'année dernière, mais n'en prévoit que 14 millions pour 2020. Le gouvernement a interdit les vols internationaux jusqu'au 30 juin au moins, et le retour des touristes étrangers n’est pas attendu avant quelques mois. 

En attendant, le gouvernement travaille sur un plan de relance destiné à promouvoir le tourisme intérieur de juillet à octobre. 

Et lorsque les voyages internationaux reprendront, la Thaïlande lancera le fameux concept promotionnel axé sur la notion de «destination confiance». Les hôtels mettent déjà en avant les mesures qu'ils prennent pour la sécurité des clients et proposent des forfaits spéciaux. Le Central Plaza Hotel, qui gère 46 hôtels à travers la Thaïlande va faire en sorte que les chambres une fois nettoyées et désinfectées soient interdites d’accès avant l’arrivée des clients afin de mettre ses derniers en confiance, a indiqué à Reuters le PDG adjoint de Markland Blaiklock. "Nous pouvons limiter l'occupation à 50% sur certaines propriétés afin que les clients bénéficient d’une distance physique avec laquelle ils sont à l'aise", a-t-il déclaré. 

Initialement, l’Office du tourisme s’était fixé l'an dernier comme objectif pour 2020 d’accroître de 10% les revenus liés au tourisme en ciblant les visiteurs “de qualité” en proposant des destinations moins connues, à l’écart du tourisme de masse.

Néanmoins, il n’est pas certain que tout le monde apprécie sur le long terme pour ses vacances au soleil la distanciation physique et l’ambiance que génère toute la batterie de masques, visières, barrières, et autres prises de température et d’identité qui font la "nouvelle normalité" du royaume.

En tout cas, la Thaïlande, qui a déployé tant d’efforts contre cette maladie responsable de moins de morts en 5 mois que les accidents de la route ou la pollution atmosphérique en un seul jour, a encore beaucoup à faire pour convaincre sur d’autres plans que l’hygiène si elle souhaite se positionner sur la notion de confiance et de sécurité plutôt que son habituel côté coloré et surprenant -le fameux "Amazing Thailand".

Déjà citée, la pollution atmosphérique aux particules fines étouffe le nord du pays chaque année pendant plusieurs mois, mais aussi Bangkok. Selon un rapport de 2019, cette pollution aurait causé pas moins de 23.000 décès prématurés en 2017.

Quant à la sécurité routière, qui produit à peu près la même mortalité, le royaume figure tout en bas du tableau mondial. La pollution du littoral est également un sujet délicat que la crise du Covid-19, avec la remise au goût du jour du plastique, semble aggraver plutôt que l’inverse. Un autre point noir à gommer est la réputation du royaume et termes de sécurité dans les services de transport touristique que le naufrage de Phuket a sérieusement mis à mal en 2018. 

Cependant, il faut reconnaitre que la Thaïlande, malgré ces défauts auxquels on peut ajouter les arnaques en tous genres, les crimes sur des touristes, a continué ces dernières années à voir les chiffres de fréquentation augmenter à la faveur de nouveaux marchés émergents comme la Chine et l’Inde, qui demeurent aujourd’hui les cibles principales avec les autres pays asiatiques.

2 Commentaire (s) Réagir
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Jack lun 08/06/2020 - 15:32

Cet article a le mérite de mettre le doigt sur les pires fléaux qui font de la Thailande un pays ou la sécurité routière la place sur le podium des 3 pays les plus mortels au monde et parmi les 10 premiers pays les plus pollués au monde avec la capitale Bangkok dans les 5 villes les plus polluées ..... Il est temps que les hommes politiques responsables de ces secteurs prennent des dispositions draconiennes afin de réduire toutes ces nuisances : mise en place d'un examen théorique de connaissance du code de la route + un examen pratique pour l'octroi d'une licence de 2 ans sans accident avant l'octroi d'un permis de conduire, répression pénale, retrait du permis de conduire et amendes sévères de 20,000 à 500,000 baths pour tout conducteur causant un accident provoquant des blessures graves ou des décès sous influence de drogue ou d'alcool, amendes de 2,000 baths pour tout conducteur de cyclomoteur sans casque.... ce sont quelques exemples. Actuellement, un permis de conduire s'obtient en deux jours aveec un examen pratique de conduite qui dure 10 à 15 minutes !!! pour ce qui est de la pollution, instauration d'un contrôle technique des émissions de gaz d'échappement des voitures, obligation pour les entreprises polluantes d'assainir leurs rejets et particules fines (installation de filtres dépolluants), etc, etc....

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Quentin jeu 30/07/2020 - 11:30

M. Jack vous êtes le genre de personne qui disent aux autres comment gérer leurs pays, occupé vous donc du votre, a vouloir mettre des amendes sévères chez les autres vous faites de la peine.

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