Jeudi 9 décembre 2021
TEST: 2238

Le footballeur bahreïni réfugié arrêté par la Thaïlande "perd espoir"

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 25/01/2019 à 00:00 | Mis à jour le 18/02/2019 à 04:28
Photo : https://twitter.com/BaqerDarwish - Hakeem Alaraibi a été arrêté le 27 novembre par les services d'immigration thaïlandais alors qu'il venait d'arriver à Bangkok pour des vacances avec son épouse
Hakeem-Alaraibi

Un footballeur ayant le statut de réfugié, détenu depuis près de deux mois en Thaïlande pour son rôle présumé dans des manifestations du printemps arabe à Bahreïn, est "en train de perdre tout espoir", selon un syndicat mondial de joueurs.

Hakeem Alaraibi, 25 ans, qui a joué pour l'équipe nationale junior de l'État du Golfe, a fui son pays puis a obtenu l'asile en Australie, où il joue à titre semi-professionnel pour le club de deuxième division du Pascoe Vale FC, à Melbourne.

Il a été arrêté le 27 novembre dernier à son arrivée en Thaïlande alors qu’il y venait pour y passer des vacances. Il se trouve depuis en détention "avec un nombre considérable d'autres détenus ... dans des conditions très éprouvantes", a indiqué à l'AFP Brendan Schwab, directeur exécutif de la World Players 'Association (WPA) à Londres.

"Hakeem est maintenant dans une phase où il perd espoir", a déclaré Brendan Schwab, dont le syndicat basé en Suisse représente 85.000 joueurs dans le sport professionnel au travers de plus de 100 associations réparties dans plus de 60 pays.

Il a également exhorté le vice-président bahreïni de la FIFA, Cheikh Salman bin Ebrahim Al Khalifa, à "utiliser le pouvoir de son bureau" pour obtenir la libération d'Alaraibi, l’avertissant que le non-respect de cette décision constituerait "un manquement fondamental à son devoir".

Les autorités bahreïnies avaient condamné Alaraibi à 10 ans de prison pour avoir prétendument aidé des manifestants à incendier un commissariat de police lors de manifestations survenues dans l'État du Golfe persique en 2012.

Le footballeur, qui jouait à ce moment-là pour l'équipe junior du pays des matches de qualification pour les Jeux olympiques, a nié les accusations, soulignant qu'il participait à une rencontre au moment des faits qui lui sont reprochés.

Alaraibi a réussi à fuir Bahreïn en 2013 alors qu'il était en liberté sous caution. Mais il a été arrêté par les autorités thaïlandaises à son arrivée à Bangkok le 27 novembre alors qu’il venait en vacances avec son épouse.

'Position unique'

Le gouvernement australien, des groupes de défense des droits de l’homme et la FIFA ont tour à tour appelé à la libération d’Alaraibi, tandis qu’Interpol a été critiqué pour avoir initialement lancé le mandat d’arrestation, qui a été retiré par la suite.

Le WPA estime que Cheikh Salman, qui dirige la Confédération asiatique de football (AFC) et présente de nouveau sa candidature pour sa réélection à ce poste en avril, doit faire davantage pour assurer la liberté de Hakeem Alaraibi.

Hakeem s'était prononcé contre le numéro deux de la FIFA en 2016 lorsque Sheikh Salman s'était présenté sans succès à sa présidence.

"En tant que membre de la famille dirigeante bahreïnie, il est particulièrement bien placé pour démontrer qu'il mérite de hautes responsabilités dans le football", a déclaré Brendan Schwab.

"Cela fait presque deux mois - l'AFC n'a même pas publié de déclaration précisant ce que (la fédération) pense qu’il devrait se produire, selon lui.

"L'inactivité la ou les deux prochaines semaines rend sans équivoque à notre avis sa position intenable."

Brendan Schwab a indiqué que l’affaire approchait un point crucial au regard du droit thaïlandais qui prévoit que Bahreïn doit présenter une demande d'extradition formelle le 8 février au plus tard.

#SaveHakeem

La situation d’Hakeem Alaraibi suscite une mobilisation dans le monde entier - le hashtag #SaveHakeem devenant de plus en plus populaire - et des supporters de premier plan, notamment l’acteur australien de Hollywood Anthony LaPaglia.

L'ancien capitaine de l'équipe de football australienne, Craig Foster, a rendu visite à Alaraibi en prison mardi.

La ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne, a également évoqué l'affaire avec les autorités thaïlandaises, notamment lors d'une visite dans le pays plus tôt ce mois-ci.

La FIFA a réitéré un appel aux autorités thaïlandaises ces derniers jours en vue de la libération du joueur.

Mais le WPA, qui avait fait pression sur la FIFA pour élaborer une politique officielle en matière de droits de l’homme en 2017, veut que l’entité mondiale du football respecte son vœu de "s’efforcer de protéger" tous ces droits au niveau mondial.

Brendan Schwab a annoncé que le syndicat déposerait une plainte officielle auprès du comité d'éthique de la FIFA s'il n'agit pas avec plus de force.

"Ce dont nous avons besoin, c'est que les personnes occupant des postes de pouvoir au sein du mouvement sportif assument leurs responsabilités", a-t-il ajouté.
 

0 Commentaire (s) Réagir