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La corruption, une culture solidement enracinée en Thaïlande

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 18/03/2013 à 00:00 | Mis à jour le 18/08/2019 à 16:37
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Un nouveau sondage montre une large acceptation de la population thaïlandaise aux pratiques corruptives. Tentative d'explications.

 Les enquêtes de l'institut Abac sur le phénomène de la corruption en Thaïlande se suivent et ressemblent. En septembre 2012, un sondage, effectué dans 17 provinces du royaume, montrait que 65,8% des Thaïlandais sont favorables à la corruption si celle-ci leur bénéficie en premier lieu. Une nouvelle enquête d'Abac, publiée le 18 mars dans le Nation sur ce sujet montre des statistiques encore plus favorables aux pratiques corruptives.

Le sondage a été, cette fois-ci, réalisé auprès d'un échantillon de 1.561 personnes à Bangkok. 87% ont reconnu approuver la corruption, et même avoir corrompu un fonctionnaire à leur profit. De fait, et ce n'est pas nouveau, la culture de la corruption est solidement enracinée à tous les échelons de la société thaïlandaise. Les médias locaux se font parfois l'écho de scandales touchant là un politique, une star du show business, ou bien encore un haut fonctionnaire. Mais même pris la main dans le sac, les sanctions apparaissent minimes au regard des sommes détournées.

Le journaliste Max Constant a publié sur le site asie-info.fr en septembre 2012 deux articles absolument édifiants(1) sur la question. Il rappelait entre autres, que la corruption avait des racines historiques dans le pays. Max Constant écrivait ainsi que "sous le régime féodal du Sakdina, avant la modernisation administrative imposée par Rama V (1868-1910), les officiels ne recevait pas de revenus fixes. Ils étaient donc censés se "payer sur la bête" en prélevant sur les habitants des ponctions en nature ou en espèces".

A l'époque de la Thaïlande contemporaine, ces pratiques corruptives servent, selon certains observateurs, à compenser la faiblesse des salaires, alors que le coût de la vie ne cesse d'augmenter. Au bas de l'échelle sociale, cette véritable économie parallèle permettrait donc d'atténuer certaines frustrations. Par contre, lorsque la corruption touche les hautes sphères, les dégâts peuvent être considérables. Les milliards de bahts détournés se font bien évidemment au détriment de l'intérêt public, et ne génère que gaspillage et paralysie.

En mai 2011, la Fédération des industries thaïlandaises (FTI) tirait ainsi le signal d'alarme dans le Nation. Elle indiquait que la corruption à laquelle devaient faire face ses adhérents était en pleine expansion. Il en résulte un ralentissement économique. La FTI appelait dans cet article à une prise de conscience de tous les échelons de la société pour que des pratiques de bonne gouvernance soient mises en place. Elle demandait notamment aux éducateurs de sensibiliser les jeunes générations au problème. Près de deux ans plus tard, on ne peut pas vraiment dire que cet appel a été réellement entendu.

(1) Chronique de Thaïlande : petit manuel de la corruption (I) et Chronique de Thaïlande : petit manuel de la corruption (II)  

LB mardi 19 mars 2013

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