Mardi 13 novembre 2018
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

Depuis Bangkok le Premier ministre malaisien réprouve les droits LGBT

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 26/10/2018 à 00:00 | Mis à jour le 26/10/2018 à 09:55
Photo : Lillian SUWANRUMPHA / AFP
Malaisie droits LGBT

Le Premier minsitre malaisien Mahathir Mohamad a déclaré jeudi depuis Bangkok que son pays ne pouvait pas accepter les droits des LGBT tels que le mariage homosexuel, les considérant comme des valeurs "occidentales".

Ces propos directs interviennent dans un contexte d'intolérance croissante à l'égard de la communauté LGBT en Malaisie.

"En ce moment, nous n'acceptons pas les LGBT, mais s'ils (l'Occident) veulent les accepter, c'est leur affaire. Ne nous y forcez pas", a déclaré l'homme de 93 ans devant un public venu nombreux l’écouter à l’université  Chulalongkorn de Bangkok au deuxième jour de sa visite d'Etat en Thaïlande.

A l’opposé de la Malaisie, la Thaïlande apparait comme l’un des endroit les plus ”gay-friendly” d’Asie, voire du monde. Le pays s’appuie d’ailleurs sur cette image pour attirer un tourisme homosexuel et s’affiche comme un havre de paix pour les personnes stigmatisées chez elles pour leur orientation sexuelle ou leur genre.

Selon l’étude  “Gay Happiness Index” de 2015, la Thaïlande est le 1e pays d’Asie du Sud-Est où il fait bon vivre en tant qu’homosexuel et le 16e au niveau mondial.

Officiellement en Thaïlande, les mariages du même sexe ne sont pas reconnus. Mais des mariages symboliques sont tenus, souvent en présence de moines bouddhistes. 

En 2013, l’Autorité thaïlandaise du tourisme (TAT) lançait une campagne à New York pour les séduire: "Go Thai, be free", disait le slogan publicitaire.

"L'institution du mariage, l'institution de la famille a été négligée en Occident. Pourquoi devrions-nous suivre cela? Notre système de valeurs est aussi bon", a ajouté le Premier ministre Malaisien jeudi. "S'ils (l'Ouest) ont décidé un jour de se promener nus, devons-nous faire de même?"

La Malaisie applique un système juridique double qui donne aux tribunaux islamiques le droit de traiter les questions religieuses et familiales pour les citoyens musulmans, qui représentent plus de 60% de la population. Les lois islamiques sont également surveillées par différents États en Malaisie.

Mahathir est revenu au poste de Premier ministre cette année après une victoire surprise aux élections nationales de mai dans un contexte de frustration générale suscitée par la corruption en Malaisie. Mais les mesures populaires visant à éliminer les méfaits du gouvernement ont éclipsé certaines de ses déclarations controversées sur les droits des LGBT et le peuple juif, qu'il a qualifiés de "nez crochus".

Le ministre  malaisien des Affaires islamiques a déjà critiqué les homosexuels et, en septembre, Mahathir a déclaré que les unions de même sexe ne convenaient pas à la Malaisie, ce sur quoi il a de nouveau insisté dans ses remarques à Bangkok.

"Par exemple, en Occident aujourd’hui, des hommes épousent des hommes, des femmes épousent des femmes. La famille n'est pas composée de père, de mère et d'enfants, mais de deux hommes qui adoptent un enfant de quelqu'un", a-t-il déclaré jeudi au cours de la période de questions. "Ils s'appellent une famille."

En dépit de sa position, Mahathir a récemment dénoncé la bastonnade de deux femmes accusées d'avoir eu des relations sexuelles lesbiennes en Malaisie.

La punition a été exécutée devant plus de 100 spectateurs devant un tribunal islamique début septembre dans l'Etat conservateur du Nord, Terengganu.

Selon les militants, c’était la première fois que des femmes étaient battues pour relations homosexuelles en Malaisie, augmentant ainsi les craintes de la communauté LGBT du pays.

Lors de la première partie de sa visite en Thaïlande, Mahathir a rencontré le chef de la junte, Prayut Chan-O-Cha, et a promis l'aide de la Malaisie en tant que facilitateur des négociations entre l'État thaïlandais à majorité bouddhiste et les insurgés malais-musulmans qui vivent de la frontière commune et demandent une plus grande autonomie vis-à-vis de Bangkok.

La région est aux prises avec une insurrection sanglante mais sanglante depuis plus de dix ans, alors que les rebelles recherchent plus d'autonomie.

Nous vous recommandons

1 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

Thonburiboy ven 26/10/2018 - 06:47

Que M. Mahathir ait du mal à accepter que les LGBT aient des droits et que le mariage gay le rebute, cela peut se comprendre. C'est un vieux monsieur conservateur appartenant à une autre génération et puis il y a la forte présence de l'Islam dont l'hostilité à l'homosexualité est tenace (alors même que elle est très présente dans ses rangs comme partout ailleurs). Cela n'est pas une raison pour les désigner à la vindicte publique comme il l'a fait en faisant embastiller son rival Anouar pour “sodomie”. Quant à la Thaïlande, il est vrai que, si la tolérance dont les LGBT bénéficient la rende attrayante, il ne faut pas oublier que tolérance n'est pas acceptation et que l'hypocrisie est la règle. Il y a encore du chemin à faire pour que l'on reconnaisse partout dans le monde que l'homosexualité n'est pas un choix, qu'elle concerne entre 2 et 3% de TOUT groupe de population (faites le calcul à l'échelle mondiale) et qu'elle n'est pas contagieuse, n'en déplaise aux esprits simples.

Répondre