La langue française et les mélodies du roi mises au diapason

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 02/05/2012 à 00:00 | Mis à jour le 15/09/2022 à 05:46
Photo : courtoisie Premika Sucharitkul - Premika Sucharitkul entourée par les chanteurs du CD "Gitasiravadha: A tout jamais" lors de la présentation de l'album à la presse le mois dernier
premika

Les paroles de 27 mélodies composées par le roi Bhumibol Adulyadej ont été traduites pour la première fois en français par Premika Sucharitkul, artiste thaïlandaise diplômée de la Sorbonne qui a effectué la plus grande partie de ses études en France. Cet hommage au souverain actuel, dont la réalisation aura duré quatre ans, a également pour but la promotion de l'apprentissage du français en Thaïlande

"La musique de Sa Majesté, c'est la voix du c?ur." La sortie en début d'année du double CD "Gitasiravadha: A tout jamais", comprenant 27 chansons composées par le roi Bhumibol Adulyadej (Rama IX), représente le rêve le plus cher et la plus grande fierté de l'artiste thaïlandaise Premika Sucharitkul. Chanteuse francophone et francophile mais aussi peintre, Premika a traduit et adapté pour la première fois, du thaïlandais vers le français, les paroles de cette sélection d'?uvres musicales qui ont ensuite été enregistrées en studio. Ces musiques, composées par Rama IX et modernisées par quelques arrangements, mélangent mélodies douces, "jazzy" ainsi que quelques marches militaires, et ont pour thème commun l'amour. "Ce projet a mis quatre ans en tout pour se réaliser, confie Premika. Car il a été difficile de trouver des chanteurs thaïlandais parlant très bien le français, et parce qu'il fallait l'accord de comités royaux pour permettre la sortie du CD". Si le projet avait obtenu une première autorisation rapide en 2009 validant la traduction - ce qui avait permis la publication d'un livre regroupant les paroles des chansons - l'accord pour utiliser les mélodies a été donné par le comité, deux ans plus tard, en avril 2011.

"Traduire une chanson ne signifie pas uniquement juxtaposer les mots"

Diplômée de l'Institut Supérieur d'Interprétariat et de Traduction (I.S.I.T.) et de l'Université de la Sorbonne, Premika Sucharitkul admet la spécificité d'une traduction de paroles de chansons. "Traduire une chanson ne signifie pas uniquement juxtaposer les mots, mais c'est faire passer un message complexe, véhiculant une multitude de sentiments subtils et profonds," explique-t-elle. Considérée comme l'une des meilleures ambassadrices de la langue française en Thaïlande, Premika souhaitait par l'intermédiaire de ce double CD, dont la réalisation à reçu le soutien des ministères thaïlandais de la Culture et des Affaires étrangères, rendre hommage au roi et à sa musique, mais aussi promouvoir l'apprentissage du français dans le royaume. "Je pense que ces chansons peuvent être utilisées par les étudiants thaïlandais et leurs professeurs comme un bon support de travail", ajoute-t-elle. La Fondation Gitasiravadha, dont Premika est vice-présidente, fait également remarquer que les bénéfices de la vente serviront à financer la Fondation Ananda Mahidol en faveur de l'éducation.

Un concert le 30 juin à Bangkok

Premika Sucharitkul, dont le père avait été ambassadeur de Thaïlande à Paris, s'est rendue dans la Ville lumière le 11 mars dernier pour présenter son travail au théâtre Claude Lévi-Strauss du musée du Quai Branly, dans le cadre des célébrations du 84e anniversaire de Rama IX. Pour toucher les Thaïlandais, la chanteuse souhaite désormais faire des concerts dans le royaume. Les chansons du CD, en vente chez Asia Books, King Power et sur le site de la Fondation Gitasiravadha, seront notamment jouées par l'équipe du projet lors du Riverside Jazz Festival le 30 juin à Bangkok.

Y.F. mercredi 2 mai 2012

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