La Princesse Galyani, une amoureuse de la langue française

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 28/10/2008 à 02:00 | Mis à jour le 15/09/2022 à 05:56
Photo : LPJ Bangkok.com
Portrait-Princesse-Galyani-Vadhana

La Thaïlande s'apprête à célébrer en grande pompe les obsèques de la princesse Galyani, soeur du roi Bhumibol, décédée le 2 janvier dernier. La cérémonie de crémation royale aura lieu du 14 au 19 novembre à Sanam Luang. Retour sur une vie dans laquelle la langue française joua un grand rôle

"Avec son frère le roi, la princesse Galyani parlait en français la plupart du temps, davantage qu'en thaï", se souvient Khunying Wongchan Phinainitisatra. La vice-présidente de l'Association Thaïlandaise des Professeurs de Français (ATPF), fondée par Son Altesse Royale la Princesse Galyani Vadhana, a travaillé avec la sœur du roi Bhumibol Adulyadej pendant 37 ans. La princesse est décédée le 2 janvier dernier des suites d'un cancer abdominal, à l'âge de 84 ans. Ses funérailles auront lieu du 14 au 19 novembre sur l'esplanade de Sanam Luang, à Bangkok, où a été construit le crématorium royal.

La langue française fut un élément central dans la vie de la princesse, tout comme ses liens avec son frère. "Elle et le roi étaient très intimes. Ils étaient issus d'une petite famille, et à la fin, elle était la seule qui restait au roi", souligne Khunying Wongchan. L'an dernier, le souverain a rendu visite presque tous les jours à sa sœur à l'hôpital Siriraj.

Elevée au rang de Grand Officier de la Légion d'Honneur

Née en 1923 à Londres, la princesse Galyani Vadhana est la fille aînée du prince Mahidol, fils du roi Chulalongkorn, et de la princesse Srinagarindra, que l'on appellera plus tard la "princesse-mère". Ses deux jeunes frères, Ananda Mahidol et Bhumibol Adulyadej, seront tous les deux appelés à devenir rois de Thaïlande. Après la mort du prince Mahidol en 1929, la famille s'installe à Lausanne, où naîtra l'attachement de la princesse pour la langue française. La jeune femme poursuit ensuite en parallèle des études de chimie, de littérature, de psychologie et de sciences sociales à l'université de Lausanne, avec déjà un goût affirmé pour l'enseignement. "Elle a toujours voulu être professeur", raconte Khunying Wongchan. A son retour en Thaïlande, la princesse embrasse donc une carrière d'enseignante, d'abord à l'université de Chulalongkorn, puis à Thammasat, où elle prend la tête du département de français et de langues étrangères. En 1977, elle fonde l'Association Thaïlandaise des Professeurs de Français (ATPF), qui regroupe aujourd'hui 900 enseignants à travers tout le royaume. Quelques jours avant sa mort, en décembre 2007, elle sera élevée au rang de Grand Officier de la Légion d'Honneur pour "[son] rôle essentiel dans la diffusion et la promotion de la langue française en Thaïlande", selon les mots de l'Ambassadeur de France en Thaïlande, Laurent Bili.

Egalement présidente de fondations de musique classique, elle a aussi consacré beaucoup d'énergie à des projets de santé, d'éducation et de développement rural, en particulier dans le Nord du pays, où elle avait repris le flambeau des actions engagées par la princesse-mère. Mariée deux fois, elle laisse une fille et un petit-fils.
Emmanuelle MICHEL mardi 28 octobre 2008

Visiter le site des funérailles

Des visites guidées du crématorium royal sont organisées tous les dimanches, trois fois par jour, sur l'esplanade de Sanam Luang. Chaque groupe est limité à 50 personnes. Des experts, notamment du Département des Beaux-Arts, sont présents pour expliquer le détail des rituels et de la cérémonie. Inscriptions auprès du Ministère de la Culture (tel : 024 22 8851 7). Dimanche 2 novembre à partir de 7h du matin aura lieu une répétition générale de la cérémonie de crémation en présence du prince Vajiralongkorn.

0 Commentaire (s) Réagir
À lire sur votre édition locale
À lire sur votre édition internationale