Lundi 20 septembre 2021

Comment choisir l’école de ses enfants en Thaïlande ?

Par Catherine Vanesse | Publié le 04/08/2021 à 01:38 | Mis à jour le 05/08/2021 à 10:30
Photo : ACACIA - Pour bien choisir l’école de son enfant en Thaïlande, un certain nombre de paramètres méritent d'être pris en compte
Des enfants en cercle dans la cour de l'Ecole bilingue Acacia a Bangkok

Que l’on vive en Thaïlande depuis plusieurs années ou que l’on prévoie de venir s’y installer en famille, la question du choix de l’école est déterminante pour le bien-être de l’enfant et son avenir.

 

Entre les écoles locales, internationales, bilingues ou francophones disponibles en Thaïlande, sélectionner l'établissement idéal pour son enfant en fonction des besoins et moyens de la famille n’est pas toujours une simple affaire. 

Pour faire le bon choix, un certain nombre de paramètres méritent d'être pris en compte tels que le profil des enfants et des parents, les projets sur le long terme, les langues parlées à la maison, la situation géographique ou encore les frais de scolarité.  

Lepetitjournal.com a échangé avec plusieurs directeurs d’écoles et des parents afin d’établir une liste (non exhaustive bien entendu) de questions qu’il peut être bon de se poser avant de faire un choix pour l’enseignement des enfants. 

 

Où vivez-vous en Thaïlande ?

La situation géographique est sans doute l’un des premiers critères à prendre en compte. La Thaïlande compte 38.629 écoles, dont 4.069 établissements privés et 128 écoles internationales. Pour autant, la répartition n’est pas forcément équilibrée, en particulier pour les écoles internationales et privées. 

Le choix de l’établissement sera plus large dans les grandes villes comme Bangkok, Phuket, Pattaya, Koh Samui, Hua Hin ou Chiang Mai. Les écoles internationales françaises sont implantées uniquement à Bangkok, Phuket, Koh Samui et Pattaya. 

Il est cependant important de veiller à ce que l’établissement choisi, qu’il soit français ou international, soit homologué par le Ministère de l’éducation thaïlandais et par l’organisme adéquat en fonction du cursus suivi (français, cambridge, etc) afin que la scolarité de l’enfant puisse être validée et que son diplôme de secondaire soit reconnu pour s’inscrire à l’université ou dans une école supérieure. Dans le cadre des écoles francophones, l’homologation par l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) assure cette reconnaissance. 

 

Quel est votre budget ?

Selon le type d’établissement choisi, les frais de scolarité varient beaucoup. Dans l’enseignement public thaïlandais, l’école est gratuite pour les enfants ayant la nationalité thaïlandaise, même s’il faut compter quelques frais pour les uniformes scolaires et une participation pour les repas à la cantine.

Dans les écoles privées bilingues ou internationales, les coûts oscillent entre 100.000 bahts (environ 2.500 euros) et 1 million de bahts (environ 25.000 euros) par an. Les coûts en maternelle sont souvent moindres et tendent à augmenter au fil de la scolarité. 

Par exemple, les frais d’inscription en maternelle à l’école internationale Windfield à Koh Samui démarrent à 154.000 bahts (4.000 euros) par an et vont jusqu’à 221.000 bahts (5.700 euros) pour la Seconde ou Year 11. 

Le directeur de l’école internationale Windfield de Koh Samui, Stéphane Salaün, justifie ces coûts : “Le prix de la scolarité est un élément important. Les bons enseignants ne travaillent pas gratuitement ni avec de bas salaires. La qualité de l’enseignement a bien évidemment un prix. Il faut donc se méfier des prix de scolarité trop bas - trop élevés aussi, peut-être”.

Jean-François Verdon, directeur et propriétaire de plusieurs compagnies dans la restauration, l’hôtellerie et l’immobilier à Bangkok (Hospitality Management Asia, The Kitchen Group, etc), est père de deux enfants, un garçon de 11 ans et une fille de 6 ans qu’il a inscrits à l’école internationale Pattana. “L’école coûte 1 million de bahts par an. Il est clair que c’est un investissement qui coûte cher, mais je pense que c’est un plus pour les enfants”, estime l’homme d’affaires de 49 ans.

Néanmoins, il est possible, en particulier pour les Français de bénéficier de bourses scolaires dans les écoles internationales françaises homologuées par l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). Pour l’année 2020-2021, 261 familles françaises ont ainsi pu bénéficier d’une bourse scolaire pour leurs enfants.

Certains établissements internationaux offrent également des bourses permettant une réduction des tarifs d’inscription.

 

Quelle(s) langue(s) parle votre enfant ?

La ou les langue(s) maternelle(s) ainsi que la langue dans laquelle ont été entamées les premières années de la scolarité des enfants constituent un élément déterminant dans le choix d’une école.

Un enfant binational ayant grandi dans un milieu où l’on parle couramment le français et le thaïlandais, voire l’anglais également, pourra plus facilement intégrer une école thaïlandaise ou anglophone ou bilingue anglais-thaïlandais.

La situation sera différente pour un francophone qui arrive dans le pays. Quentin Seynaeve, directeur de Seetanu Bungalow à Koh Phangan, est arrivé il y a 10 ans en Thaïlande avec son épouse belge et leurs deux enfants. A l’époque, leurs deux garçons étaient âgés de 12 et 13 ans. “Ils ont pris des cours de thaïlandais quand nous sommes arrivés avec l’idée qu’ils puissent intégrer une école locale, étant donné qu’il n’y avait pas d’école internationale à l’époque. Mais après six mois à l’école thaïlandaise nous avons réalisé que c’était beaucoup trop compliqué et nous avons décidé de faire l’école à distance via le CNED”, explique le Belge.

A côté de la langue parlée des enfants, se pose également la question de la langue des parents ou du parent qui fera le suivi de la scolarité des enfants. Mère d’une petite fille franco-thaïlandaise de six ans, Carol Isoux avait dans un premier temps mis cette dernière au collège de l’Assomption à Bangkok avant de changer pour La Petite École. “J’ai réalisé, surtout avec les cours en ligne, que ça commençait à être très compliqué pour moi de pouvoir suivre la scolarité en thaïlandais de ma fille s’il me fallait passer au moins une heure par jour pour comprendre/traduire les documents juste pour pouvoir l’aider à suivre les cours à distance”, explique la maman.

Angélique Labrune et Olivier Rymer, parents de deux enfants inscrits à Dara Academy à Chiang Mai, une école internationale avec un cursus bilingue anglais-thaïlandais, pallient à cette difficulté grâce à un tuteur thaïlandais qui vient chez eux pour aider les enfants à faire leurs devoirs.

 

Un projet de vie en Thaïlande à court, moyen ou long terme ?

Combien de temps prévoyez-vous de vivre en Thaïlande ? Êtes-vous ici pour une courte période ou est-ce un choix de vie avec une vision sur le long terme ? Se projeter dans le futur et envisager quel sera le pays de résidence dans les prochaines années peut aider à choisir un établissement.

Pour Yvan Schmidt, directeur du Lycée français international de Bangkok (LFIB), c’est même le premier critère à prendre en compte, en particulier pour les francophones en expatriation. “Quelle est la continuité des apprentissages pour l’enfant ? En choisissant un établissement du réseau de l’AEFE, vous avez la garantie de pouvoir dans toutes les situations (retour en France, mutation dans un autre pays) retrouver un établissement qui appliquera les mêmes programmes et préparera aux mêmes examens”. 

Cette continuité des apprentissages s'applique également pour les enfants qui suivent le cursus scolaire britannique, américain, allemand, ou encore chinois. 

Pour ceux dont les plans de vie sont en Thaïlande, il convient de se demander quel enseignement vous voulez transmettre et dans quelle langue vous souhaitez que votre enfant excelle.

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Catherine Vanesse

Installée en Thaïlande depuis 2013 après avoir travaillé pendant 8 ans pour RTL Belgique, Catherine a collaboré avec des médias francophones locaux avant de devenir co-rédactrice en chef pour Lepetitjournal.com Bangkok (et correspondante RTL Belgium)
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