Pegasus : Volte-face du ministre thaïlandais sur l’utilisation de logiciels espions

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 25/07/2022 à 00:00 | Mis à jour le 25/07/2022 à 03:55
Photo : REUTERS/Athit Perawongmetha - Le ministre de l'économie et de la société numériques, Chaiwut Thanakamanusorn, a démenti vendredi l’utilisation par la Thaïlande de logiciels espions pour surveiller des Thaïlandais.
Chaiwut-Thanakamanusorn

Un ministre thaïlandais a tenté vendredi devant le Parlement de revenir sur des aveux selon lesquels les autorités utiliseraient des logiciels espions pour surveiller des personnes

Le ministre thaïlandais de l'Économie et de la Société numériques, Chaiwut Thanakamanusorn, s’est fendu vendredi d’une remarquable volte-face devant le Parlement,, revenant sur des propos émis quelques jours plus tôt selon lesquels les autorités utilisent bien des logiciels espions pour surveiller certains individus.

Interrogé mardi par des députés de l'opposition dénonçant l'utilisation du logiciel de surveillance israëlien Pegasus, le ministre avait avoué avoir connaissance de l'utilisation d'un logiciel du genre, sans pour autant nommer Pegasus, dans des affaires relevant de la sécurité nationale ou de trafic de drogue.

Mais au dernier jour du débat de censure, Chaiwut Thanakamanusorn a déclaré que ce qui avait été perçu comme des aveux sur les pratiques des autorités thaïlandaises, étaient en fait des observations générales sur ce qui se fait dans le monde et pas spécifiquement en Thaïlande.

"J'ai dit que j’avais connaissance du mode opérationnel en matière de sécurité et de répression des stupéfiants, mais je n'ai pas dit qu'il existait au sein du gouvernement thaïlandais", a déclaré le ministre devant le Parlement, vendredi.

Lundi, des ONG thaïlandaises et internationales ont diffusé un rapport d’enquête citant au moins 30 activistes politiques en Thaïlande dont les téléphones ont été piratés entre octobre 2020 et novembre 2021 à l'aide du logiciel espion de fabrication israélienne Pegasus.

L'enquête avait été déclenchée après que la firme d'Apple Inc. avait averti en novembre des milliers d'utilisateurs de ses iPhones qu'ils étaient la cible de "pirates informatiques liés à un Etat".

Un des partis de l'opposition, Move Forward, a affirmé que deux anciens de ses députés et l'un de ses députés en poste faisaient également partie des personnes dont les téléphones ont été piratés à l'aide de Pegasus.

Le Premier ministre thaïlandais Prayuth Chan-O-Cha, ancien chef de l'armée arrivé au pouvoir lors d'un coup d'État en 2014, a rejeté vendredi les accusations, affirmant qu'il n'était pas nécessaire de gaspiller ainsi le budget de l'État.

Un peu plus tôt dans la semaine, la police avait déjà nié avoir utilisé Pegasus, tout comme l’armée par l’intermédiaire du vice-ministre de la Défense, Chaichan Chanmongkol.

Les ONG de défense des droits humains accusent depuis de nombreuses années les gouvernements thaïlandais successifs d'invoquer la sécurité nationale dans sa définition la plus large pour pouvoir oppresser leurs principaux rivaux.

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