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MARÉE NOIRE – Rayong et Koh Samet pansent toujours leurs plaies

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 01/10/2013 à 22:00 | Mis à jour le 30/01/2022 à 01:56
Beach_Sea_Breeze_Koh_Samet

Un peu plus de deux mois après la catastrophe environnementale, l'économie locale ressent encore les effets des quelque 50.000 litres de pétrole brut déversés accidentellement à 20 km au large de Rayong. La faune et la flore ont notamment payé un lourd tribut, et les touristes ont déserté l'endroit.

Les professionnels du tourisme de la province de Rayong font grise mine. Depuis le 27 juillet, et le relâchement en pleine mer d'au moins 50.000 litres de pétrole brut, suite à une fuite d'un oléoduc de la société pétrolifère PTTGC, leur activité tourne au ralenti. La marée noire a durement frappé une partie de l'île touristique de Koh Samet, notamment la plage de Ao Phrao. Deux mois plus tard, la catastrophe est encore dans toutes les mémoires, et surtout dans celle des touristes éventuels. Le Bangkok Post rapporte que la fréquentation est toujours très basse dans les endroits touristiques de la province.

Les pêcheurs du secteur se plaignent également d'une raréfaction des ressources halieutiques. Un pêcheur rappelle qu'avant la marée noire, il était capable de ramener entre 40 et 50 kg de poissons à chaque sortie en mer. Après, la quantité est tombée à 2 kg. Conséquence : nombre de pêcheurs ont abandonné leur activité pour travailler sur les chantiers de construction. L'impact pour l'économie locale est d'autant plus dramatique que la pêche constitue une de ses activités principales.

Les villageois, vivant sur les zones côtières de la province, se plaignent aussi de retrouver régulièrement des boulettes d'hydrocarbures. Ils râlent aussi devant le montant des compensations financières qu'ils jugent trop faible. PTTGC assure avoir versé 170 millions de bahts de dédommagement au total. 4.414 villageois auraient ainsi reçu 30.000 bahts chacun en compensation du préjudice subi.

Une association de défense de l'environnement (Green World Fundation) a mené, quant à elle, des études pour mesurer l'impact de la marée noire sur la faune de la plage de Ao Phrao. Ses résultats sont sans appel: le nombre de crustacés vivant dans le secteur a chuté drastiquement. Sans compter que la baignade n'y est toujours pas recommandée. Et il est déjà acquis que les récifs coralliens auront été fortement endommagés, non seulement par la marée noire, mais aussi pour les dispersants chimiques utilisés pour l'éradiquer.

PTTGC assure que les opérations de nettoyage sont terminées, et multiplie les opérations de promotion pour tenter de reconquérir les touristes. Une gageure tant les effets de la marée noire se font toujours sentir. Et tant aussi, l'image de la société pétrolière a été fortement dégradée depuis cet accident environnemental. Il a été reproché à PTTGC d'avoir mésestimé l'ampleur de la catastrophe et d'avoir réagi trop lentement.

LB mercredi 2 octobre 2013

 

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