Mardi 28 septembre 2021
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Rencontre avec la réalisatrice Française Jen Raoult au Doc Edge Festival

Par Arthur Struyf | Publié le 05/07/2021 à 05:40 | Mis à jour le 27/08/2021 à 19:38
Photo : Jen Raoult
Jen Raoult, réalisatrice française du court métrage, Portrait of an Artist : Freeman White

Rencontre avec Jen Raoult, réalisatrice française du court métrage, Portrait of an Artist : Freeman White, sélectionné au Festival Doc Edge. Une œuvre magnifique qu’on ne regarde pas, on la contemple. L'approche de Jen, en matière de cinéma et de photographie, est caractérisée par le désir de créer une connexion profonde entre le sujet, et le public qui le découvre. Son travail nous invite à admirer le monde qui nous entoure, sous une nouvelle lumière

Comment ton projet Portrait of an Artist : Freeman White est-il né ?

L’idée de ce court métrage est née alors que Freeman travaillait sur sa série Sound of The Ocean. Je n’ai pas un intérêt particulier pour la peinture figurative, réaliste et contemporaine mais parfois il y a des œuvres qui ont une force inexplicable.

 

sound of the ocean
Portrait of an Artist : Freeman White

 

La faculté de voir et de retranscrire une vision du réel en est le thème central. Peux-tu nous parler de ton rapport à la peinture, à la photographie et au cinéma ? Comment ces pratiques s’entremêlent-elles dans ce court métrage ?

Je suis évidemment touchée par la précision de la technique, le travail de la lumière toujours, mais pour moi cela reste souvent une question quant à l’intérêt de représenter le réel tel qu’il est en peinture de nos jours. Le série de Freeman sur les vagues m’a pourtant captivé et j’ai eu envie de comprendre ses motivations, les raisons qui le poussent vers le réalisme. Ce qui est intéressant, c’est finalement d’observer que notre relation au réel nous est singulière, ou du moins l'appréciation que nous en avons. Dans le cas de Freeman, la vision du réel est comme un miracle et cela donne à sa peinture une tout autre dimension. Pour moi, il ne peint pas avec ses yeux mais bien tous ses sens. C’est cette sensualité et cette poésie qui m'intéressent dans le travail de l’image, que ce soit la peinture, la photographie ou le cinéma. Ma tentative avec ce film est d’emmener le spectateur dans l’univers de Freeman, son rapport sensuel au monde, ce choix de capturer à travers l'expérience vécue, peindre plein air, immerger dans les éléments du lieu.

Un projet documentaire est souvent basé sur la confiance entre la personne filmée et la personne qui filme. Peux-tu nous parler de ce lien de confiance ?

J’ai rencontré Freeman il y a 11 ans alors que j’arrivais en Nouvelle Zélande. Il avait un atelier dans le cœur de Wellington rempli de peintures, portraits et paysages. Mon ami Vincent Moon était venu me retrouver en Nouvelle Zélande pour un périple et nous avions filmé des artistes locaux sur la route. Freeman nous a gentiment ouvert son atelier pour filmer des "concerts à emporter", avec des artistes de Wellington. Nous avons tous passé un moment inoubliable. Quand j’ai revu Freeman il y a 2 ans, nous avons tout de suite reconnectés, et lorsque j’ai vu sa série "Sound of The Ocean" j’ai eu envie de faire ce film. Je pense que Freeman s’est senti immédiatement en confiance avec mon approche. 

 

Portrait of an Artist : Freeman White
Portrait of an Artist : Freeman White

 

L’univers sonore est absent en photographie comme en peinture, mais souvent essentiel au cinéma. Comment se passe la collaboration avec un compositeur ?

Je travaille presque toujours avec le même compositeur, Arli Liberman. Il a un incroyable talent à créer de l’espace et pour moi l’espace est un élément très important. Less is more! Et ce genre de composition est souvent bien plus complexe qu’on ne l’imagine car cela demande beaucoup de subtilité. Et puis j’aime beaucoup sa palette sonore, je la trouve unique, personne n’a ce son ici. J’aime être très impliquée dans la composition et le sound design aussi d’ailleurs, donc avoir une bonne collaboration avec le compositeur est essentiel pour moi, c'est une étape que je chérie particulièrement dans le « filmmaking ». 

Enfin ton expérience en Nouvelle Zélande a-t-elle influencé ta manière de capturer le monde ? Ou à l’inverse tes racines françaises ? 

Je dirais que mes influences viennent du cinéma, de la poésie et de la photographie européennes, russes et latines américaines.  Tarkovsky, Resnais, Bergman, Bunuel, Bresson, Varda, Reygadas… Salgado, Cristina Garcia Rodero, Antoine d’Agata… oui je dirais mes racines européennes car c' est la bas que j' ai baigné dans ces influences.  

Nous vous invitions à voir ce court métrage ainsi qu’une trentaine d’autres ici, dont Souvenir Souvenir du français Bastien Dubois. Et Si vous ne l’avez pas encore vu A Distant Thud In The Jungle est toujours disponible dans la catégorie long métrage.

Arthur Struyf

Arthur Struyf

Passionné de Cinéma, Arthur Struyf Franco-Belge souhaite suivre l’actualité du petit et du grand écran propre à la Nouvelle-Zélande.
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