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Que disent les critiques de Kapodistrias, le nouveau film de Yannis Smaragdis ?

Sorti le 25 décembre 2025 dans les salles grecques, le dernier film de Yannis Smaragdis retrace la vie de Ioannis Kapodistrias, figure fondatrice de l’Etat grec moderne. Cette épopée historique, consacrée au premier gouverneur de la Grèce indépendante après la libération de l’Empire ottoman, a suscité des réactions contrastées. Si la critique professionnelle s’est trouvée largement réservée, le public a répondu présent, avec 130 000 billets vendus dès les quatre premiers jours d’exploitation.

kapokapo
Écrit par Laurette Buchart
Publié le 12 janvier 2026

Le portrait d’un héros national

Le film dépeint Kapodistrias comme un diplomate visionnaire, un chrétien profondément engagé et un dirigeant animé par le sens du sacrifice.

Né à Corfou en 1776 dans une famille noble, il étudie la médecine en Italie avant de revenir exercer sur son île natale, offrant souvent ses services aux plus démunis. Sa carrière diplomatique commence en 1809 au sein de l’Empire russe, où il gravit rapidement les échelons, jusqu’à devenir ministre adjoint des Affaires étrangères.

Après la guerre d’indépendance grecque, Kapodistrias est élu gouverneur d’un pays dévasté. Arrivé en Grèce en 1828, il s’attelle à la reconstruction de l’Etat. Il organise l’armée, jette les bases d’un cadre juridique et crée des institutions destinées à stabiliser le pays.

Le film insiste sur son engagement total pour la liberté et la dignité humaine, au prix de son plus grand amour et de sa richesse personnelle, qu’il n’hésite pas à sacrifier pour son pays.

Cette intégrité lui sera fatale : il est assassiné le 27 septembre 1831 devant l’église de Saint-Spyridon, victime d’un complot mêlant rivalités locales, ingérences étrangères et trahisons internes. 

 

Une réception critique sévère

Achevé après huit années de production marquées par des difficultés financières, le film pâtit selon plusieurs médias de son budget limité.

« Il n’y avait pas de financement évident » a déploré le réalisateur.

Certains critiques dénoncent un amateurisme technique et un manque de profondeur historique.

Naftepomriki relève notamment des erreurs de continuité (des scènes séparées par des années présentant des costumes et second rôles identiques). L’approche « révisionniste » du film, qui transforme l’homme d’Etat en « figure christique » plutôt qu’en leader politique est aussi dénoncée.

Athinorama évoque un « portrait hagiographique qui semble scénarisé par Wikipédia », et un certain « manichéisme mélodramatique », dépourvu de nuances.

 

Un succès populaire incontestable

Face aux critiques, Yannis Smaragdis  répond sur SKAI TV :

« Ces personnes passent à côté de l’occasion de saisir la joie que reçoivent ceux qui entrent le cœur ouvert »

Et en effet, le public grec a largement plébiscité le film. Projections à guichets fermés, ovations et éloges sur la performance de l’acteur principal Antonis Myriagkos témoignent d’un fort engouement. Un soutien qui s’explique sans doute par le sentiment patriotique fort qui connecte le peuple.

« Les gens partent en larmes », commente le réalisateur. « Nous avons réalisé ce film en y mettant notre âme, c’est pourquoi il est aimé »

En dépit de ses limites cinématographiques, Kapodistrias s’impose ainsi comme un hommage sincère et fédérateur à l’une des figures les plus marquantes de l’histoire grecque, privilégiant l’émotion et le sentiment national à la rigueur analytique.

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