Cet événement s’intègre dans une coopération énergétique grandissante entre les États-Unis et la Grèce engagée depuis plusieurs mois.
La Grèce, porte d’entrée du gaz américain
À l’issue de à la conférence du Partenariat pour la Coopération Énergétique Transatlantique (P-TEC) d’Athènes en novembre 2025, le gouvernement grec a signé un mémorandum avec les entreprises américaines prévoyant d’augmenter les flux de GNL vers la Grèce pour les acheminer par un corridor vertical jusqu’à l’Ukraine. Ce corridor intègre une dimension géopolitique importante.
La réunion de ce 24 février a ranimé la nécessité de ce corridor en Europe. Papastavrou, le ministre de l’Environnement et de l’Énergie, a souligné son rôle clé de partenaire énergétique des États-Unis et de porte d’entrée du GNL américain sur le continent européen. Cette décision s’intègre aussi dans la stratégie européenne de s’éloigner des importations du gaz russe d’ici 2028 et de renforcer celles provenant de l’Amérique. À noter aussi qu’en 2024, 52% des importations de gaz naturel de la Grèce provenait de la Russie, selon l’agence Eurostat. La péninsule hellénique reste un débouché à conquérir, ce que compte bien faire les États-Unis.
Des liens qui se renforcent avec les États-Unis
La Grèce a signé le 16 février un accord avec un consortium dirigé par la compagnie américaine Chevron pour l’exploration d’hydrocarbures dans quatre zones maritimes au large du Péloponnèse et de l’île de Crète. L’accord vise à exploiter des réserves de gaz naturel et de renforcer la souveraineté énergétique de la Grèce et ses exportations d’énergies à ses partenaires européens. Parallèlement, la Grèce (Helleniq Energy et Energean) a signé en novembre dernier un accord sur des forages d’hydrocarbure proche de Carfou avec l’entreprise américaine ExxonMobil.
La Grèce s’est également alignée sur la position des États-Unis au sein de l’Organisation maritime internationale (OMI) sur les carburants propres dans le transport maritime. Elle s’est abstenue de voter, en octobre dernier, sur les règles encadrant l’utilisation de carburant moins polluants.
La réunion de ce 24 février symbolise donc la continuité des liens americano-grecs et vise entre autres à planifier la mise en œuvre de ce corridor vertical. Du côté de la Grèce, cela lui permettra dans un premier temps de diversifier ses approvisionnements énergétiques dans la lignée des directives européennes, mais aussi d’approfondir sa coopération avec les États-Unis, qui pourrait lui être bénéfique dans des domaines autres que l’énergie. Enfin, son rôle clé au sein de ces dispositions renforcera sa position stratégique au sein de l’UE.
Cette réunion sera complétée par la CERAWeek à Houston fin mars pour des négociations supplémentaires.
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