Édition internationale

L’UNESCO relance pour le retour des marbres du Parthénon en Grèce

Le dossier des marbres du Parthénon revient au premier plan. Réuni à Paris cette semaine, le comité intergouvernemental de l’UNESCO chargé de la restitution des biens culturels a exhorté la Grèce et le Royaume-Uni à reprendre activement les discussions en vue d’une réunification des pièces conservées au British Museum avec celles exposées à Athènes.

ParthénonParthénon
Écrit par Rafaël Pera
Publié le 26 mai 2026

Des vestiges au coeur de la diplomatie 

Cette nouvelle prise de position constitue un soutien important pour Athènes, qui réclame depuis des décennies le retour définitif des œuvres prélevées au début du XIXe siècle par Lord Elgin alors que la Grèce se trouvait sous domination ottomane. Les autorités grecques ont défendu devant l’UNESCO une ligne inchangée : selon elles, aucun document ottoman valide ne prouve la légalité du transfert des sculptures vers Londres. Elles dénoncent également les dommages causés lors du démontage des frises et estiment que ces pièces forment un ensemble artistique indissociable du monument de l’Acropole.

Face à ces arguments, le Royaume-Uni a maintenu sa position traditionnelle. Londres considère que l’acquisition des marbres fut légale et rappelle que le cadre juridique britannique limite toute restitution permanente des collections nationales. Les autorités britanniques mettent également en avant la visibilité internationale offerte par le British Museum.

Mais le climat diplomatique semble évoluer en faveur de la Grèce. Plusieurs États membres du comité de l’UNESCO parmi lesquels l’Italie, le Brésil, l’Égypte ou encore la Chine ont soutenu la demande grecque. La Turquie est elle aussi intervenue en contestant l’existence du document ottoman invoqué pour justifier les transfert. Le débat dépasse désormais le seul cadre gréco-britannique. Depuis plusieurs années, la question des marbres du Parthénon s’inscrit dans un mouvement international plus large de réévaluation des collections acquises à l’époque coloniale. L’UNESCO considère d’ailleurs ce différend comme une affaire interétatique majeure touchant au patrimoine mondial.

 

Alors que les discussions entre Athènes et Londres restent dans l’impasse, l’appel renouvelé de l’UNESCO pourrait raviver les négociations autour de l’un des contentieux culturels les plus emblématiques au monde.

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