Ces côtes, qui ont été inscrites au réseau Natura 2000, cherchent dorénavant à conserver leur spécificités naturelles, ce qui nécessite de complètement repenser le rapport entre elles et leurs utilisateurs.


Si la problématique ne date pas d’hier, les actions ont tardé à être mises en place : pendant longtemps, le gouvernement grec a craint que des restrictions ne réduisent les flux de voyageurs et par conséquent leur contribution à l’économie du pays. Mais aujourd’hui, il est impossible d’ignorer les effets des vacanciers sur les zones visitées.
L’an dernier, 38 millions sont venus en Grèce, étant particulièrement concentrés dans certaines zones, comme Santorin, Mykonos ou Athènes. Sur place, les infrastructures publiques, hôtelières et le marché immobilier atteignent leurs limites chaque année, et les habitants se plaignent de ne plus pouvoir profiter de leur propres paysages avant la fin de la haute saison. Aussi, en 2024, 198 plages grecques avaient été intégrées dans le réseau Natura 2000, conçus pour préserver les espaces aux paysages et à la biodiversité uniques. Ce nombre est ensuite passée à 236 l’ année dernière, puis 251 cette année.
Quels sont les endroits concernés ?
D’après la chaîne de télévision grecque « Star », les plages concernées incluent celle de Castro sur l’île de Lefkada, la lagune de Korission à Corfou, ou encore les deux zones côtières du parc national de Messolonghi. Sur plusieurs autres îles, les efforts de conservation s’étendent désormais à des sites comme Naxos, Karpathos, Tilos, Kimolos et Syros, ainsi qu’à des régions plus reculées des Cyclades et des archipels voisins. En Crète, les espaces protégés se sont considérablement agrandis ces dernières années, notamment dans la région de La Canée.
Certains de ces sites abritent des animaux menacés comme la tortue caouanne et le phoque moine de Méditerranée ; les mesures de protection sont essentielles à leur survie. Bien que souvent négligées, leur rôle est crucial lorsque certaines espèces sauvages dépendent de côtes préservées. Comme certaines espèces rares retournent sur des rivages spécifiques, limiter l'activité humaine peut avoir un impact considérable sur leurs chances de survie. Lorsque les aires de nidification restent intactes, l'équilibre écologique à long terme s'en trouve favorisé. Si ces zones sont confrontées à des limites, c'est notamment en raison de la fragilité des processus de rétablissement.
Qu’implique ce statut pour les touristes ?
Conformément à la réglementation, plusieurs activités vont être interdites sur les plages concernées. En premier lieu, la location de transats et de parasols est interdite, tout comme l’usage de haut-parleurs ou de musique amplifiée.Les évènements sportifs et rassemblement de plus de 10 personnes seront également bannis, ainsi que la circulation de véhicules sur le sable. Les plages ne pourront d’ailleurs plus être privatisées au travers des clôtures pour l’usage d’hôtels et de restaurants.
Le bord de mer est également touché par ces réglementations : les constructions permanentes ou temporaires, notamment les jetées en béton, digues et autres promenades susceptibles de modifier le littoral naturel, sont interdites. L’installation de bars et de commerces est restreinte, de même que celle d’hébergements touristiques. L’objectif de ces mesures n’est pas d’empêcher la venue des vacanciers selon le gouvernement grec, mais de rendre l’utilisation de ces espaces plus agréable et soutenable pour tous. Elles cherchent aussi à faire prendre conscience de la fragilité de ces littoraux, et d’encourager les individus à ne pas les endommager.




















