Prenant la forme d’un monticule de pierre, le tombeau dit de Kasta fait l’objet d’un processus de conservation et de restauration partielle dans le but ultime d’accueillir des visiteurs.


Il n’est pas exagéré de dire que lorsqu’une telle découverte a été faite, sur un site à proximité de la cité antique d’Amphipolis, l’ensemble de la Grèce est restée bouche bée. Nous parlons ici en effet du plus grand tumulus funéraire de toute la Macédoine, éclipsant celui de Vergina où le père d’Alexandre le Grand, Philippe II, aurait été enterré.
La structure, chapeautée par un mur de 3 mètres de haut et 497 mètres de long, a fait l’objet d’une déclaration ce lundi de la part du ministère de la Culture grec, qui a confirmé l’avancement des travaux, comprenant outre le site proprement dit la création d’un musée et d’infrastructures dédiées à son histoire.
Un tombeau témoin des remous de l’Histoire
Les circonstances ayant mené à l’édification de ce monument restent floues. L’équipe chargée de l’excavation avance qu’il était destiné au général Héphaestion, meilleur ami ou amant d’Alexandre selon les sources historiques, mort en Perse en 324 avant notre ère. L’empereur lui-même mourra un an plus tard à Alexandrie, ville qu’il a fondé sur l’estuaire du Nil, régnant sur un territoire allant de la Grèce aux portes de l’Inde.
En tout les cas, le bâtiment daté du dernier quart du 4ème siècle avant J.C contient cinq corps qui n’ont pas encore été identifiés : une femme âgée d’environ 60 ans, 2 hommes de 35 et 40 ans, un nouveau-né et un adulte ayant été incinéré. Un certain nombre d’objets funéraires ont été placés à leurs côtés, mais beaucoup ont été volés par des pillards dans les périodes suivant l’Antiquité.
Une restauration à l’ampleur inédite
Les efforts engagés pour la rénovation du tombeau de Kasta se chiffrent à environ 15 millions d’euros, la majorité étant financée par des fonds européens. Son entrée monumentale s’est avéré être particulièrement dégradée : la paire de solides portes en marbre avait été forcée, et certaines parties des deux sphinx situés aussi d’elles s’étaient décrochées.
Le dôme au-dessus des deux sphinx avait aussi besoin de réparations, tout comme le mur extérieur. Pour ce faire, les artisans en charge du projet ont mélangé des morceaux de maçonnerie d’époque retrouvés dans la région avec de la pierre artificielle, afin de respecter au mieux les procédés utilisés lors de leur construction et le rendu visuel des matériaux.
Un édifice « unique en Grèce » à la « notoriété internationale »
La ministre de la Culture grecque, Lina Mendoni, a dévoilé lundi 11 mars plusieurs photos des mosaïques qui ornent le site, montrant des évènements mythiques tels l’enlèvement de Perséphone par Hadès sur un chariot, Hermès guidant l’attelage vers les Enfers. Elle a ensuite exprimé le souhait que « le monument, justement en raison de son caractère unique, soit – autant que possible – accessible aux visiteurs handicapés ».
Son cabinet a déclaré par le passé que lorsque la tombe s'ouvrira au public, elle ne pourra accueillir que huit personnes à la fois, pour une visite d'au moins 15 à 20 minutes. Cela a donc fait émergé le besoin d'un centre séparé sur le site où les gens peuvent attendre leur tour tout en apprenant sur le monument et en se protégeant des intempéries.




















