Édition internationale

Le Premier ministre grec annonce un plan de développement de 23 milliards d’euros

Entièrement financé par les ressources du pays, ce programme constituera le principal instrument de développement du pays, complétant le financement de l’Union européenne.

Vue du stade olympique d'Athènes depuis les gradins, à l'extrémité droite de celui-ci Vue du stade olympique d'Athènes depuis les gradins, à l'extrémité droite de celui-ci
Écrit par Eliot Chalier
Publié le 22 juillet 2026

 

« Si vous avez épuisé votre sujet, vous avez épuisé votre auditoire. » Voilà les mots qui ont inauguré le discours de présentation du Programme national de développement (PND), lors d’un évènement organisé par le ministère de l'Économie nationale et des Finances. Kyriakos Mitsotakis, à l’origine de cette citation d’Oscar Wilde dénoncant la langue de bois, a ensuite exposé les priorités politiques et de développement qui sous-tendent ce nouveau plan quinquennal.

M. Mitsotakis a souligné que le PND s'appuie sur une initiative lancée en 2021, visant à établir une stratégie stable et de long terme n’étant pas dictée par les cycles électoraux. Il a insisté sur l'ampleur des ressources disponibles dans le cadre de ce nouveau programme, précisant que le budget global s'élève à 23 milliards d'euros.

 

Possible grâce au présent, préparant le futur

Par la suite, le Premier ministre grec a souligné que cet ambitieux programme est le fruit de la politique économique menée depuis 2019. La Grèce, a-t-il déclaré, est parvenue à atteindre ses objectifs budgétaires, à dégager des excédents primaires et à réduire sa dette publique plus rapidement que tout autre pays de l'OCDE, tout en dégageant des ressources pour les politiques sociales et l'investissement.

Mitsotakis a décrit le PND comme un outil essentiel pour soutenir la croissance de la Grèce jusqu'à la fin de la décennie, soulignant l'importance cruciale des investissements publics et privés pour converger vers les standards européens. Il a insisté sur le fait que ce plan financera des projets essentiels à l'échelle nationale, garantissant que « chaque recoin de Grèce ainsi que l'ensemble de ses 1 008 codes postaux » pourra en voir les résultats.

 

Des objectifs précis

Le ministre des Finances, Kyriakos Pierrakakis, a ensuite pris la parole : présentant le Programme national de développement comme la preuve des progrès de l'économie grecque, il a rappelé que la Grèce connaît une croissance supérieure à la moyenne européenne, que les investissements ont progressé de 12.1 % au premier trimestre 2026, et que le chômage a reculé à près de 8 %.

Le plan en lui-même s'articule autour de 37 programmes : 20 sectoriels, 13 régionaux et programmes spéciaux. Le financement sera principalement dirigé vers les autorités régionales et locales, avec un accent sur les infrastructures, la protection civile, l'adaptation au changement climatique, la transformation numérique, l'innovation et la cohésion sociale. Revenant au micro, Kyriakos Mitsotakis a souligné que les années à venir seraient déterminantes pour la Grèce, se disant confiant dans l’avenir du pays s’il parvient à s’adapter à une Europe et un monde en pleine mutation.

 

Une nouvelle façon d’agir

Pour atteindre cet objectif selon le Premier ministre, une étroite coopération entre l'État et les régions sera nécessaire, fondée sur une planification conjointe et des priorités nationales clairement définies. « La coordination entre l'État et les régions doit se poursuivre afin que, ensemble, nous puissions mettre en œuvre une stratégie nationale quinquennale », a-t-il souligné.

Le Premier ministre grec a ainsi affirmé qu’Athènes avait mis fin à sa conception centralisée des politiques publiques. Grâce à ce modèle plus proche et à l’écoute des besoins locaux, a-t-il déclaré, le pays a mis en place un cadre de planification lui permettant de répondre à ses besoins stratégiques sur le long terme, au lieu d’y répondre isolément et de manière moins efficace.

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