Édition internationale

La Grèce et Israël en faveur d’un corridor économique reliant l’Inde à l’Europe

Mercredi 13 mars, une rencontre entre diplomates israéliens et grecs s’est déroulée sur ce thème, soulignant la pertinence d’un tel projet pour des territoires où les conflits se sont multipliés dernièrement.

Un porte-conteneurs sur une mer calmeUn porte-conteneurs sur une mer calme
Écrit par Eliot Chalier
Publié le 14 mai 2026

Le projet de renforcer les échanges économiques entre les différentes parties du continent eurasien ne date pas d’hier : dès la Révolution industrielle, les pays européens ont forcé leurs équivalents asiatiques à s’ouvrir au commerce extérieur, si besoin en utilisant la force. Si cette relation, déséquilibrée dès les départ, était vouée à l’échec, plusieurs tentatives ont été réalisées depuis en partant d’une base plus équitable.

Le projet évoqué ce mercredi en fait partie : baptisé IMEC, pour Corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe, il a été officialisé par un accord conclu lors du sommet de G20 de 2023, à New Delhi. Les liens sont de natures multiples, allant des chemins de fer aux routes maritimes, pipelines ou encore câbles à haut débit, le tout ayant pour objectif de faciliter le transit des marchandises mais aussi de l’électricité.

Une proposition qui découle du contexte géopolitique actuel

Le tracé accepté en 2023 partant des côtes indiennes par la mer pour arriver aux Émirats arabes unis, traversant ensuite l'Arabie saoudite, la Jordanie et Israël en transport ferroviaire, avant d'atteindre l'Europe en bateau. Dans l’esprit, son but semble ainsi tout à fait similaire à celui d’une autre initiative lancée quelques années plus tôt : les nouvelles routes de la soie chinoises. Depuis 2013, Beijing multiplie la construction d’infrastructures dans différents pays afin de faciliter l’exportation de ces produits, et de gagner en influence sur les nations traversées par lesdites routes.

Les différents conflits démarrés ces dernières années jouent aussi un rôle dans l’émergence de l’idée de l’IMEC : la guerre russo-ukrainienne a coupé l’Europe de ses approvisionnement en gaz et en électricité, et la rivalité croissante entre la Chine et l’Inde motive New Delhi à chercher de nouveaux partenaires économiques. Les pays du Golfe et Israël, quant à eux, seraient le nœud du projet puisqu’ils se situent au milieu du trajet envisagé.

Un appel gréco-israélien à la réalisation de l’IMEC

Peu d’avancées ont été réalisées depuis 2023, car la guerre entre Israël et Gaza déclenchée la même année rend impossible le passage par ces deux territoires. Cependant, lors du sommet sur la transition énergétique en Méditerranée orientale et au sud-est de l'Europe, organisé à Athènes, la vice-ministre grecque des Affaires étrangères Alexandra Papadopoulou et son homologue israélienne Sharren Haskel, ont réaffirmé les avantages potentiels de l’ IMEC.

« [Cet accord] est une véritable garantie à long de pour la stabilité dans la région », a déclaré Madame Papadopoulou. « L’IMEC est le projet qui permet vraiment l'intégration régionale … [Il] va changer toute la région, de l'Inde jusqu'à l'Europe. » « Je pense que ça va être énorme », a renchéri Madame Haskel. « Je veux dire, tout le monde recherche maintenant aussi des routes alternatives. Israël se considère comme un partenaire clé de l’IMEC. » Un moyen pour les deux pays d’afficher leur bonne entente sur une scène internationale de plus en plus incertaine.

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