Réunis en Turquie le 7 et 8 juillet dernier, les différents dirigeants ont souhaité ouvrir une nouvelle page dans leur coopération, fondée sur une plus grande répartition des rôles en son sein et une coopération militaire accrue.


La réunion annuelle de l'Alliance atlantique aura rarement été aussi attendue : les conflits concernant ses membres de près ou de loin se sont multipliés, et l’animosité croissante du Président Donald Trump envers le Vieux Continent laissait craindre le pire. Il est donc surprenant que ce soit dans un esprit d’unité que la déclaration d’Ankara a été adoptée, au terme de deux journées de discussion. Cependant, il ne s’agit pas comme lors d’autres itérations d’un texte édulcoré, mais bien d’un document comprenant plusieurs décisions d’importance.
Un sort incertain pour les F-35 et la Turquie
Pendant le sommet, l’hôte et Président turc Recep Tayyip Erdogan a discuté avec Donald Trump d’une potentielle vente d’avions américains de dernière génération, les F-35, à Ankara. Trump a déclaré aux journalistes qu'il n'avait pas encore pris de décision sur la vente des avions, mais qu'il était enclin à l'approuver, soulignant le soutien du président turc Recep Tayyip Erdogan aux États-Unis au fil des années.
Le chef d’État turc, qui a accueilli cette réunion de deux jours, l'a qualifiée de sommet historique qui a jeté les bases d'une alliance plus forte. Pourtant, des dissensions se sont fait entendre à l’annonce de ces négociations : la Grèce, soucieuse de l’équilibre régional en mer Égée, et Israël, qui ne veut pas voir un pays musulman voisin se réarmer, ont exprimé leurs réserves quant à cette possibilité. Le Président Erdogan a rétorqué que ces avis n’avaient "aucune importance" de son point de vue.
L'Ukraine produira des intercepteurs Patriot
Concernant l'Ukraine, Trump a annoncé que Kyiv recevrait le droit de produire des systèmes de défense antimissile Patriot américains sur son propre territoire. Il a déclaré au président ukrainien Volodymyr Zelensky que Washington apprendrait à l'Ukraine comment les fabriquer efficacement en vue d’alimenter son effort de guerre.
Zelensky a qualifié la réunion de productive et a déclaré qu'elle se concentrait sur le renforcement de la défense aérienne de son pays alors que les frappes russes s’intensifient. L’engagement de l’Alliance Atlantique a également été réaffirmé dans la déclaration d’Ankara, et soixante-dix milliards d’euros (environ 80 milliards de dollars) ont été promis pour 2026, répartis entre l’équipement militaire, la formation des soldats et l’assistance au pays. Le montant a été également été reconduit sans changements pour 2027.
Une gestion difficile des conflits au Moyen-Orient
La guerre en Iran, sujet sensible pour le gouvernement américain, n’a été que peu évoquée durant le sommet afin d’éviter des tensions contre-productives. Donald Trump a annoncé durant l’évènement que les membres de l’OTAN enverraient des dragueurs de mines dans le détroit d’Hormuz. Néanmoins, aucun allié n’ait confirmé le plan de manière indépendante. L’Iran a à plusieurs reprises averti les marines étrangères contre toute opération dans ce passage maritime, et pourrait donc traiter ces bateaux comme des intrus à éliminer.
Mark Rutte, Secrétaire général de l’OTAN, a salué le Président états-unien pour avoir incité les nations membres à accroître leur dépenses de défense, les alliés européens et le Canada ayant dépensé 215 milliards de dollars de plus en matériel militaire durant les deux dernières années. Donald Trump a également abordé la question de la Syrie lors de la réunion, rencontrant le président Ahmed al-Charaa à sa marge, tout comme Emmanuel Macron un peu plus tard. Il a ainsi déclaré vouloir retirer Damas de la liste des États soutenant le terrorisme, et a confirmé avoir levé les sanctions pesant sur le pays.
Une édition réussie selon Donald Trump
Le Président américain a remercié Erdogan pour l'organisation de l'événement, le qualifiant de très productif. Par ailleurs, la Lituanie a annoncé que l'OTAN avait rehaussé sa mission de police aérienne dans les pays baltes en une opération complète de défense aérienne, donnant aux pilotes une plus grande autorité pour contrer les menaces près des frontières russes.
Des tensions ont malgré tout persisté, même une fois la réunion terminée : Donald Trump a ainsi renouvelé son souhait de placer le Groenland sous contrôle américain, poussant les responsables danois à rappeler que le territoire n'est pas à vendre. Il a également menacé de rompre les liens commerciaux avec l'Espagne, affirmant qu’elle es un partenaire faible et peu fiable au sein de l'alliance (le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez est très critique de la politique étrangère de Washington). Enfin, le Royaume-Uni a également été épinglé pour le manque de clarté de sa position concernant l’Iran.


















